
A force de lorgner sur
le blog de l’ami Bastien, un sacré coco qui vous cause comics et cinéma de genre, fallait bien que je zieute quelques
giallo. Car pour moi le cinéma italien fantastique c'était surtout Bruno Mattei et Lucio Fulci *rires nerveux*.
J’ai donc commencé par «
L’Oiseau au plumage de cristal ». Pourquoi ? Tout simplement parce que : ça remonte à quand la dernière fois que vous avez vu un si joli titre de film ?
Sam Dallas est un écrivain américain fauché qui s’est expatrié en Italie. La veille de son retour aux USA, il est le témoin d’une scène peu banale : dans une gallerie d’art, une jeune et jolie femme se fait agresser au couteau par un maniaque vêtu d’un imperméable noir au visage masqué. Il sauve bien malgré lui la demoiselle, mais l’agresseur parvient à s’enfuir.
Rapidement, Sam se retrouve embarqué dans une sombre enquête : en effet l’agresseur n’en était pas à son premier meurtre… J’avoue bien humblement ma méconnaissance quasi-totale du genre « giallo ». Pourtant j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre ce premier film de
Dario Argento. Car si le film date maintenant de 40 ans (bon sang, 40 ans !), il n’a pas pris une ride. Esthétiquement, Argento s’en sort haut la main et son film est visuellement très soigné avec des passages magnifiques.
Si l’on sent que le jeune réalisateur veut rendre hommage à
Hitchcock (deux passages évidents), son film n’ennuie jamais et les 110 minutes passent très rapidement.
Le film propose au spectateur un challenge, qui consiste à deviner l’identité du tueur. Bien sûr,
Argento fait tout pour semer de fausses pistes pendant les trois-quarts du film, histoire de bien nous faire mariner. Et si la conclusion est un brin rapide et lourdingue, cela n’entache pas le plaisir.
Les scènes d’agression sont très soignées, et
Argento soigne particulièrement les moments qui précèdent la violence (tout comme Leone avec ses instants qui précèdent les duels). Le fétichisme est très présent (tenues de cuir, victimes ligotées et/ou bâillonnées), le couteau étant un succédané du sexe masculin. «
L’oiseau au plumage de cristal » est un film éminemment sexuel et donc à ne pas mettre entre toutes les mains.
J’en ressors curieux de voir si les autres films du réalisateur sont de ce niveau. J’ai entendu dire que petit à petit Argento perd en qualité (« La Terza madre » serait un désastre), mais je pense que je vais essayer de me faire une opinion par moi-même.
«
Suspiria » et «
Les Frissons de l’Angoisse » sont dans ma besace !