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Cinéma, bouquins, jeux de rôle et comics principalement mais pas que.

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Reservoir Dogs

Reservoir Dogs est le premier film de Quantin Tarantino, et peut-être le meilleur ? Voyons voir.

Début des années 90. Un jeune scénariste tente de percer dans le milieu du cinéma, avec un script excellent et novateur dans ses cartons. Il cherche un financement pour tourner, et se résignerait presque à le filmer pour une bouchée de pain. Heureusement, sa rencontre avec l'acteur Harvey Keitel va permettre au projet de se monter plus facilement : l'acteur a le vent en poupe et soutient le film. Viennent se rajouter une brochette de "gueules" et de jeunes acteurs qui perceront par la suite (Steve Buscemi, Tim Roth).
A noter que j’ai longtemps cherché pourquoi ce titre : Reservoir Dogs. Il semblerait que Tarantino souhaitait rendre hommage à deux autres métrages : « Straw Dogs » du grand Peckinpah (« les Chiens de Paille », en vf) et « Au revoir des enfants » de Louis Malle (Tarantino pensait que « au revoir » se prononçait « Reservoir »).

La grande force de Reservoir Dogs, c’est indéniablement son script quasi-interactif dans le sens où il incite continuellement le spectateur à réfléchir. Le montage est très particulier : les scènes ne se suivent pas dans l’ordre chronologique. Le film démarre par un pré-générique nous montrant un groupe de criminels déblatérant sur la discographie de Madonna et sur l’utilité des pourboires. Ils balancent des vannes, ont l’air cool, mais qu’on ne s’y trompe pas : ils préparent un sale coup, le braquage d’une bijouterie. Fin du préambule, musique, générique : pendant ce temps, le groupe marche dans la rue prêt à se mettre au boulot. Et BAM ! Tarantino réveille son public : un habitacle de bagnole couvert de sang, un des truands a pris une balle perdue, il faut fuir et rejoindre le lieu de rendez-vous convenu. Il va mourir si un médecin ne le soigne pas vite…
C’est l’une des forces de Tarantino : utiliser les effusions de sang pour réveiller le public et ne plus le lâcher.

Pendant toute la première partie, le spectateur va donc se trouver dans la même situation que les criminels. Qui est a balancé le groupe aux flics ? Et chacun de se forger une théorie en suivant les dialogues. Encore une fois, Tarantino fait appel à l’intelligence de son public. Inutile de nous montrer le casse (et le manque de moyen l’en empêche), Tarantino laisse les personnages le décrire à coup de dialogues incisifs et roublards. Et au public d’imaginer la scène absente. Une leçon d’efficacité.
Lorsqu’il dévoile la taupe, Tarantino embraye sur la seconde partie du film, à savoir « Comment le traître a-t-il trompé son monde et va-t-il s’en tirer ? ». Et Tarantino de nous sortir une scène exceptionnelle : la fameuse scène de la blague. Pour s’infiltrer, le supérieur du flic lui conseille d’avoir une bonne anecdote à raconter aux autres vrais malfrats. Pour se donner un peu de crédit. Et le flic d’apprendre la blague, la répéter, pour la sortir devant les criminels.

Tarantino filme ce passage d’une manière époustouflante et il constitue à mon avis le meilleur du film (bien plus que la célébrissime scène de torture de M. Blonde). Car Tarantino nous montre l’intégralité de la blague racontée par l’infiltré, mais en glissant d’une étape à l’autre : d’abord la lecture du script, puis, sans aucune coupure, sa mémorisation, puis, toujours sans coupure, la répétition et la représentation devant le public que constitue les autres criminels. Enfin, summum de la scène Tarantino nous montre l’acteur dans son rôle puisque l’on voit une retranscription de la blague à l’écran. Mine de rien, le réalisateur vient de nous refaire en moins de 2 minutes les différentes étapes que suit une histoire pour arriver devant son public : script, apprentissage, répétition, représentation, et constitution d’une image dans l’esprit du public.
Tarantino veut nous parler de la notion d’histoire, de narration dans Reservoir Dogs : comment les gens se racontent-ils des histoires ? Et Tarantino use le thème jusqu’à déconstruire son intrigue.

Reservoir Dogs est un film qui parle de narration tout en jouant avec elle. Tarantino est en état de grâce, et son film devient fabuleux.

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B
Je crois que ce film d'Honk -kong se nomme City of fire.
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B
Tarantino a utilisé cette histoire car pour un premier film, l'unicité de lieu demeure un passage obligé lorsque le budget est réduit. Certaines premières marquantes sont passées par là : Maléfices , Cube, Saw... Tarantino a cependant copié l'intrigue sur un film de Honk Kong, ce qui est visible par rapport au dénouement. Ceci dit, sa patte s'exprime dans les dialogues, la caractérisation et une violence brute ainsi que des acteurs contents de s'impliquer dans des dialogues intéressants. A la limite, le film ressemble à une pièce de théâtre par certains aspects.
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