Roland Emerich et moi, une vraie histoire d'amour qui a commencé avec
Independance Day. Je n'aime pas le style d'histoire d'Emerich, ces intrigues convenues et stéréotypées à mort. Son cinéma qui consistent à ne jamais surprendre le spectateur et toujours lui proposer des séquences vues, revues et re-revues... Dans son précédent métrage,
Le Jour d'après, j'avais senti comme une légère (n'exagérons rien !) amélioration . Allait-il poursuivre sur sa lancée avec
10 000 ?
Le printemps du cinéma tombait à pic pour le vérifier à moindre coût !
A l'époque de la préhistoire (mais qui sait ? voir plus bas !), D'Leh, un jeune chasseur de mammouth, part vers le Sud et le désert, à la rescousse de sa promise, enlevée par une bande de mercenaires... N'allons pas chercher la moindre parcelle de réalisme dans 10 000, ça n'est pas l'objectif. Imaginez que votre petit frère écrive une histoire sans faire attention un seul instant à la réalisté historique, vous obtiendrez quelque chose de semblable au scénario d'Emerich. Le but ici est clairement de rechercher le spectaculaire, l'épique et faisons fi de toute vraisemblance. Heureusement. Parce que les acteurs principaux ont tous une dentition digne de
Santa Barbara et le côté homme de cro-magnon se retranscrit par quelques rastas et peaux de bêtes. Le meilleur est pour la fin, lorsque D'Leh débarque en Egypte Antique, pendant la construction des pyramides : les blocs de pierre sont traînées par des mammouths. Ben voyons...
Alors bon, on se dit que finalement on est pas venu là pour prendre une leçon d'histoire. Si ça bouge, si il y a de l'action on lui pardonnera bien ces quelques problèmes de vraisemblances, au Roland. On notera au passage qu'il aime bien la période égyptienne, le Roland. Dans
Stargate, on y avait aussi eu droit, avec autant de talent. Pas de chance pour les amateurs d'épisme et d'action, le film s'avère assez calme dans son ensemble. Oh, il y a bien quelques moments où ça bouge : une chasse au mammouth, une attaque de dodos géants (gasp !), et une rébellion d'esclaves égyptien.
Côté bestiaire, n'en demandez pas trop non plus. En plus des mammouths et des dodos géants, préparez-vous à voir un tigre à dents de sabre. Dans 2 scènes, 3 minutes mises bout à bout. Mais quelle scène ! Toute entière empreinte de la naïveté de Roland ! D'leh est bloqué dans un trou avec le tigre, lui-même coincé sous des éboulis. Heureusement D'Leh est un cro-magnon cool : il dit au tigre "Si je te libère, tu ne m'attaqueras pas. Rappelle-toi de moi !". Bien entendu, le tigre ne l'attaque pas. Passons. Scène suivante, D'Leh arrive dans un village africain, qui l'acceuille avec méfiance, toute lance dehors. Et là, vous ne me croirez pas, le tigre revient, pousse quelques rugissements pour dire "j'en ai une plus grosse que vous", renifle un D'Leh qui baragouine "rappelles-toi...". Et le tigre se barre. Sympa le tigre. Profitez bien de la scène c'est la dernière où vous verrez Tigrou. Et de là on apprend qu'une prophétie raconte la venue d'un homme qui saura dompter le tigre, et libérer la tribu du joug du méchant et bla bla bla... Allez je vous spoile même la fin : D'Leh retrouve sa copine, qu'on croit morte et puis qui finalement revient à la vie. Et ils rentrent chez eux.
Si tout ça vous paraît bien, allez-y courrez voir
10 000, vous passerez un excellent moment. Moi, euh, bon.