Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
6 juillet 2008 7 06 /07 /juillet /2008 22:11

Les Brogans sont déposé devant leur nouvelle demeure les yeux bandés. « Nouvelle maison, nouvelle vie, nouveaux nous. » C’est ainsi que David présente à sa famille leur arrivée à Meadowtown. Une famille qui semble cacher un lourd passé (ils utilisent des noms d’emprunt), et sa relation avec Evelyn sa femme est dans une impasse. Leur fils Mark est autiste depuis un mystérieux incendie, et sa sœur jumelle Zoe, outre qu’elle entretiendrait une relation télépathique avec son frère, allume le bad guy de cette charmante bourgade.

Meadowtown est une ville à l’image de ses nouveaux arrivants. Ses habitants dissimulent sous un aspect banal des personnes un brin barrées. Gentilles mais un peu détraquées. Le gendarme du coin n’hésite pas à arracher des dents à des vauriens qui ne respectent pas l’interdiction de fumer dans les lieux publics. La charmante Brenda, voisine des Brogans, entame une relation ambiguë avec le garçon du couple, et vante à longueur de temps la beauté de sa fille qu’on ne voit jamais.

Plus étrange encore, il semble qu’on ne puisse quitter Meadowlands, comme si il y avait toujours une bonne raison pour ne pas sortir de la ville. Et il y a bien quelque chose qui se trame là-dessous, puisque David rend régulièrement visite à une jeune femme dans un hôtel à l’écart de la ville.

Meadowlands est une série britannique co-produit par la chaîne américaine Showtime qui porte aussi le nom de Cape Wrath. Visuellement, il y a bien un cachet particulier dans l’image qui démarque la série du tout venant. Meadowlands nous est présentée comme une ville colorée, plaisante, verdoyante, sulfureuse mais « où l’on se trouve en absolue sécurité », comme insiste le gendarme du coin, sourire en coin.

Dans le déroulement de l’histoire, on pense instantanément à Twin Peaks ou au Prisonnier, qui sont les références les plus évidentes. Sauf qu’ici, les auteurs ont la gentillesse de nous dévoiler un coin du mystère dès la fin du pilote. Oui, vous saurez rapidement pourquoi tout le monde semble barré, et du coup je m’interroge : les auteurs ont-il à ce point d’inspiration pour nous dévoiler tout de suite l’un des gimmicks du show ? Dans ce cas tant mieux. Cette révélation et le « Dans le prochain épisode » final sont suffisamment accrocheurs.

La vision du pilote est quoiqu’il en soit enthousiasmante et promet beaucoup.

Partager cet article
Repost0
15 janvier 2008 2 15 /01 /janvier /2008 22:24

undefined Regardons d'un peu plus près le générique de Veronica Mars.


La musique tout d'abord. Il s'agit d'une adaptation de « We used to be friends », un morceau des Dandy Warhols. Titre qui convient parfaitement à la série puisque toute la chanson repose sur la thématique de la rupture et de la nostalgie d'un passé révolu. Comme de par hasard, il s'agit précisément d'un des thèmes de Veronica Mars : à la fois les rapports entre Veronica et ses ami(e)s (et Lilly en premier lieu) mais aussi ses liens avec sa mère.

« A long time ago, we used to be friends

But I haven't thought of you lately at all

If ever again, a greeting I send to you,

Short and sweet to the soul I intend.

Come on now, honey,

Bring it on, bring it on, yeah.

Just remember me when

You're good to go,

Come on now, sugar,

Bring it on, bring it on, yeah.

Just remember me when. »

undefined
Le générique démarre par un plan sur l'héroïne toute souriante. Un plan directement tiré de la série, sûrement d'une des nombreuses discussions entre elle et son meilleur ami, probablement dans la cour de l'école de Neptune High. Tout porte à croire à priori que nous avons à faire à une banale série pour ados.

Puis l'image se déchire pour découper l'écran en 2 parties. On va retrouver cette structure tout au long du générique : une (classique) portion nous montre des images de la série, l'autre un dessin.undefinedBien entendu, tout cela a un sens. La déchirure de la feuille de papier, rapidement identifiable à une feuille de cours ramène forcément au lieu principal de l'action : l'école. La déchirure concentre tout le drame de la série. Et le dessin va créer un fil conducteur dans le générique. Qu'avons nous en premier lieu ? Un couple dans son intimité observé de loin par une fenêtre. Ce dessin fait bien entendu référence à la double vie de Veronica (détective) et fixe l'attention du spectateur sur une thématique voyeuriste (oui nous saurons tout sur les secrets de la communauté de Neptune High, même les pires).
undefinedLa séquence suivante est consacrée à son meilleur ami : Wallace. Chose amusante, il connaît une trajectoire ascendante au cours de cette première saison : du statut de petit nouveau souffre-douleur il devient joueur primordial de l'équipe de basket-ball. Et le premier plan du générique nous le montre s'élevant dans les airs. Le dessin du cahier de notes nous montre cette fois-ci les contours d'un cadavre, tels qu'on en voit dans moultes série policière. Veronica Mars nous parle visiblement d'un meurtre.

Mais en reliant ce dessin au précédent (le couple observé) commence alors à se dessiner une intrigue : quel lien peut-il y avoir entre ce couple et ce meurtre ? Bien sûr, on apprendra rapidement dans la série qu'il y a un couple qui s'est vu en secret, et sur lequel portent de sérieux soupçons.
undefinedSéquence suivante, on découvre Duncan Kane, l'ex-petit ami de Veronica. Le dessin nous montre une caméra de surveillance, créant un écho évident sur le thème du voyeurisme du premier dessin. Et surtout cela nous offre la suite de notre petite histoire illustrée : il y a un meurtre, un couple est suspect, et une caméra a enregistré quelque chose.

S'ensuit alors dans le générique une accélération du rythme musical (qui était jusque là assez doux) : on fait une pause dans le feuilletage de ces dessins, et l'on découvre des plans de nuit, où Veronica est en planque dans des coins pas très nets (pipe-show, etc.). Le danger apparaît.
undefinedLogan, l'ex-petit ami de la victime (Lilly) apparaît ensuite. Ceci explique les notes un brin fleur bleu du cahier, qui nous apporte une précision sur la victime dont on a aperçu les contours du cadavre : il s'agit de Lilly Kane.
undefinedCette séquence à venir est la plus curieuse puisque ce personnage est très secondaire dans la première saison : il s'agit d'une prof' de Neptune High, sans lien avec la méta-intrigue. Toujours est-il que la plaque d'immatriculation suggère une poursuite, une enquête, bref que la mort de Lilly va déclencher des investigations.
undefinedLa séquence suivante est amusante car le personnage utilisé est celui d'Elly, le bad boy de service, la petite frappe et ami de Veronica. Le dessin nous indique clairement qu'un coupable va être appréhendé, mais vu le personnage utilisé, il s'agira peut-être d'une erreur.
undefinedHeureusement, le plan suivant nous indique clairement que justice va être faite, d'autant plus qu'on nous montre le père de Veronica, au demeurant fort sympathique. Le sourire semble indiquer que tout finira pour le mieux ? Pas si sûr si l'on regarde le dernier plan déconfit de Veronica...
undefinedPlan final : le titre, tout simplement. Crayonné. Regardez bien : on dirait une vieille astuce classique qui consiste à gratter au crayon un bloc note pour lire ce qu'il y avait d'écrit sur la feuille du dessus. Et cette astuce nous révèle le titre de la série. C'est de Veronica Mars que viendra la (ré)solution.

 

Mine de rien, en 30 secondes, les auteurs ont su condenser les thématiques principales et l'intrigue de la série, tout en présentant les personnages. Mieux encore, le ton général de la série est amorcé : acidulé (couleurs criardes), rythme, ambiance faculté matinée de polar. Pour une « banale » série américaine, c'est déjà pas si mal...

Partager cet article
Repost0
26 décembre 2007 3 26 /12 /décembre /2007 15:31

undefinedJoel Silver a produit tout au long de sa carrière quantité de films à succès, dont notamment les sagas de l'Arme Fatale, de Die Hard ou de Matrix (parmi les plus connues). C'est dire si l'homme a le nez fin. Et le voilà sur petit écran avec Veronica Mars, série au concept pour le moins casse-gueule.

Car comment renouveller (un peu) le principe des séries tv policières ? En le croisant avec un autre genre de série : la série pour ado. Donc Veronica Mars nous montre les aventures d'une étudiante américaine qui mène des enquêtes durant son temps libre. Et en toile de fond, elle recherche sa mère, disparu depuis quelques années. Présentée ainsi, Veronica Mars, ça n'a pas l'air bien terrible. Et pourtant...

Les auteurs ont décidé de traiter le côté « ado » de la série de manière sérieuse, sans prendre son public pour des abrutis. Le challenge est d'autant plus réussi que jamais les auteurs n'abandonnent les stéréotypes du genre. On retrouve ainsi le typique lycée américain, avec ses pom-pom girls, son journal, ses étudiants souffre-douleurs et d'autres plus riches.

Car deux populations fréquentent le lycée de Neptune : les étudiants lambda et les fils pourris gâtés de la bourgeoisie. Et mine de rien la série de glisser doucement vers la critique sociale. La jeunesse américaine nous est montrée comme terriblement enclavée, avec des couches de la société qui ne se croisent jamais, et qui pire s'opposent au moindre prétexte (l'épisode de l'élection du représentant des étudiants). Veronica n'est soutenue que par des personnages noirs ou typés : ça n'est pas la couleur de peau qui opposent les jeunes américains, mais bien le niveau social, et l'argent.

Et alors qu'on pouvait craindre un contraste trop manichéen (en gros : les riches, ils sont méchants et les pauvres, ils sont gentils), les scénaristes introduisent doucement des éléments qui créent une profondeur à la série. Certes, les « riches » branleurs du lycée ont plein d'argent, mais leurs relations familiales sont un désastre : à voir, la scène terrible où l'un d'eux est fouetté à coup de ceinture par son père star du cinéma.

Veronica Mars nous montre des jeunes qui se croisent, côtoient le même lieu (l'école) mais ne cohabitent jamais vraiment. Le dur constat d'une jeunesse américaine fermée, en somme.

Le choix de la voix off (les américains détestent généralement le principe) tout comme le gros travail sur les couleurs (tantôt acidulées, parfois verdâtres) ne cessent de nous rappeler que les auteurs ont choisi de livrer un travail de qualité. Alors certes, Veronica Mars ne nous raconte rien de vraiment nouveau, mais elle le fait de façon sérieuse.


EDIT du 11/01/08 : un autre article, plus destiné aux rôlistes, que j'ai trouvé sur le site Hugin & Mugin (fortement conseillé).

Partager cet article
Repost0
22 décembre 2007 6 22 /12 /décembre /2007 11:06

undefinedLa troisième saison de 24 propose deux grandes parties très contrastées. La première est à mon sens médiocre car les auteurs mettent à mal le concept de la série (temps chronométré devenu ridicule) et ramènent de vieux personnages désuets (Nina Myers, CHerry Palmer, la fille Bauer plus inutile que jamais).

Heureusement la dernière moitié est réussie pour des raisons très précises.

Les auteurs arrivent enfin à se débarrasser de personnages maintenant devenu peu crédibles (même si on est content de les revoir, mais là c'est de la nostalgie) : Cherry Palmer et Ryan Chopel passent l'arme à gauche. Enfin, il était temps ! Débarrassée de ces personnages encombrants, la série va peut-être dorénavant entamer le tournant dont elle a besoin ? Sinon on risque fort de s'ennuyer ferme à l'avenir...

Les relations entre les hommes forts de la saison apportent un plus indéniable à la seconde partie de la saison. Le Président Palmer, Chase, Tony, et Sanders, tous les quatre, représentent un Jack Bauer à un moment donné de sa vie.

Chase, au passage le petit ami de Kim Bauer, c'est le Jack des débuts, qu'on aurait pu connaître il y a une dizaine d'année, bien avant la première saison. Un homme droit et habité par l'envie de servir son pays, et tiraillé entre son boulot et sa vie privée, ce qui ne lui réussi guère finalement : Chase décide de se ranger avant de se faire tranche le bras par Jack (on notera que les futurs repas de famille promettent d'être amusants : dites beau-papa, pourriez-vous trancher un peu de ce rôti, je n'y arrive pas depuis que vous m'avez amputé à coup de hache... ).

Tony, c'est le Jack que l'on a connu dans la première saison, prêt à tout pour sauver les USA et le monde, mais surtout pour sauver sa famille. Tony nous rappelle alors le Bauer d'avant, lorsque l'épouse de Jack était en vie, au cours de la première saison.

Enfin Sanders, le méchant terroriste de la saison, nous montre ce que pourrait devenir Jack. Un homme désabusé, prêt à tout pour prouver que le gouvernement se sert d'hommes loyaux et droits et qu'il finit par les briser. Sanders dit à un moment : « ils (sous-entendu les dirigeants) vous lâcheront aussi un jour... ». Justement, « ils » laissent déjà à priori tomber Tony à la fin de la saison...

Depuis longtemps, le président Palmer est le personnage qui représente le jumeau bon et pur, la bonne conscience de Jack ou du moins son espoir en un monde composé d'hommes meilleurs. La raison pour laquelle Bauer continue à vivre, en somme. Le président Palmer est l'énorme perdant de cette saison : il perd à première vue son poste et son pouvoir ; et à bien y regarder, son intégrité et son âme. Obligé de mentir, de manigancer, de tuer, de faire des compromis et de devenir le genre d'homme qu'il méprise le plus, Palmer, et indirectement l'âme de Bauer, finissent anéantis.

Ces quatre facettes de Jack Bauer retracent intelligemment le parcours de Jack Bauer, le personnage central de la série, et laisse à croire qu'on verrait un jour un Jack free-lance, abandonnée par le gouvernement.

Le dernier plan de la saison sonne le glas d'une descente aux enfers entamée en tout début de saison par l'addiction à la drogue. Jack Bauer craque, en pleurs, isolé des autres, un moment terrible, peut-être le plus touchant des 3 premières saisons. Comme pour nous dire que l'homme finit physiquement et surtout moralement brisé par un système qui encourage la manipulation, la paranoïa et le mensonge. Un système cynique qui, pour protéger les citoyens américains, détruirait les hommes loyaux et honnêtes. Amer constat.

Partager cet article
Repost0
9 décembre 2007 7 09 /12 /décembre /2007 19:33
24hsaison3.jpgAttention, cet article vous gachera probablement une partie des surprises de la saison 3 de 24 h chrono.

Episodes 7 à 14.

Ca y est. Enfin.
Bam ! Nina Meyers s'est pris la balle qui lui pendait au nez depuis la première saison. On attendait depuis longtemps sa mort, que Jack soit enfin vengé de celle qui a détruit sa famille. Cet évènement évacue un personnage qui devenait bien encombrant, après une première réapparition manquée en milieu de deuxième saison ; manquée parce que les scénaristes auraient pu et du la supprimer à ce moment-là et pas une saison plus tard. Heureusement, cette fois-ci ils n'ont pas manqué l'occasion.

Nina Meyers n'est pas le seul dinosaure que les auteurs devraient éliminer. Cherry Palmer détient maintenant la palme (hum...) du personnage le plus encombrant, à croire qu'elle n'en finira jamais de revenir pour comploter dans son coin dès qu'on lui en donne l'occasion. Tout comme Meyers, et même si au fond on est heureux de la revoir (on l'aime bien voir comploter dans son coin, la Cherry), voilà le genre de personnage qui plombe la série, parce qu'on y croit plus du tout, parce que sa présence devient absolument illogique, sans aucun sens, la suspension d'incrédulité est immédiatement anéantie dès qu'elle apparaît puisqu'elle n'intervient que pour nous faire plaisir, pas par nécessité. Au moins, Meyers est morte, c'est toujours ça de gagné.

Reste le cas de Kim Bauer, la fille du héros, dont visiblement les scénaristes ne savent pas quoi faire dans cette saison. Pourtant, dans la saison 2, elle débordait de storyline échevelées : prise dans un piège à fauve en pleine forêt, coincée par un survivaliste obsédé, on y allait de bon coeur dans l'improbable, ça nous faisait rire. Maintenant, coincée au QG anti-terroriste, les auteurs ne lui flanquent plus que des intrigues limites : frissonner pour son père et son copain, et garder le coufin de Chloé, enfin de son copain (bouh, l'intrigue mystèrieuse toute pourrie).  Pourtant lorsque Meyers est ramenée au QG, on pense que la brave Kim va bien nous faire une bêtise, voir mieux, trucider celle qui a assassiné sa mère. Même pas : c'est Jack qui l'achève. Où comment avouer dans le staff qu'on ne sait plus vraiment quoi faire de Kim Bauer...

Trois casseroles que les auteurs gèrent pour le moment assez mal, donc. Surtout que les situations un peu grossières ne manquent pas dans cette troisième saison, surtout à cause d'une compression de l'action pour respecter le fameux décompte temporel. Autant cela fonctionnait encore pas trop mal avant, autant là c'est manqué. Difficile de croire qu'en 12 heures, Chase peut essayer de stopper une émeute en prison, se faire torturer au Mexique, pour revenir tout frais au QG gérer un problème de nourrice... Que Tony peut se prendre une balle, se faire opérer entre la vie et la mort, pour revenir gérer une crise terroriste internationale. Le chrono tourne, les actions s'enchaînent, mais on n'y croit pas. J'aurais presque envie parfois que les auteurs cassent le concept de la série, pour rendre le tout plus crédible.
Partager cet article
Repost0
30 novembre 2007 5 30 /11 /novembre /2007 21:47
24hsaison3.jpg24 heures chrono, top, c'est reparti.
Après visionnage des sept premiers épisodes, il faut admettre que cette saison a un peu de mal de à démarrer. Cette histoire de terrible virus transporté par une petite frappe sent rapidement le leurre pour gonfler artificiellement une intrigue à venir. Bien entendu ça ne loupe pas, car à la fin de l'épisode 7 on a déjà perdu de vue cette histoire de virus.

La série nous parle de mensonges, de leurres, justement. Mais comment réussir à se renouveller quand pendant 2 ans on a pas arrêter de balader le spectateur, de le duper ? Tout le monde ment dans 24 : les personnages entre-eux, les employés aux employeurs, le père Jack à sa fille (et inversement). Dans une mise en abîme astucieuse, les auteurs s'amusent à tromper les spectateurs. Mais à force ils se sont habitués. Et donc du coup cette première partie avance à la fois timidement et sans vraiment chercher à remettre en question les bases de la série.
Remise en question qui m'apparaît de plus en plus nécessaire au fil des épisodes, tant la succession de tromperies en tout genre devient asphyxiante. Et  le petit twist du final de l'épisode 7 s'en retrouve amoindri. 24 heure chrono, enfermé dans les stéréotypes qu'il a créé ?

Reste une gestion de la distance foutrement bien maîtrisée ( - trop - souvent soutenue par les split-screen), qualité d'autant plus pratique pour une série tv : le prétexte de la technologie (portable, ordinateur, satellite, etc.) permet de déployer les personnages tout en maintenant les communications. Bien entendu la technologie elle-même ici utilisée comme moyen de mensonge (des personnages, du spectateur, toujours) paraît d'autant plus effrayante. Voir à ce sujet cette petite vidéo rigolotte réalisée par des acharnés partant de l'idée "et si 24 h chrono s'était déroulé en 1994 ?". Hilarant.




Partager cet article
Repost0
2 novembre 2007 5 02 /11 /novembre /2007 18:54
Stupeur dans la bourgade de Twin Peaks : Laura Palmer, une jeune femme appréciée de tout le monde, est retrouvée morte au bord du lac. L'agent Cooper du FBI est dépêché sur les lieux pour mener l'enquête. Et Cooper, malgré sa perspicacité, aura du boulot pour démêler les relations entre tous les personnages du coin...

Lorsque Mike Frost et David Lynch lancent Twin Peaks dans les années 90, ils ignorent le raz-de-marée qu'ils vont déclencher. En effet, la série n'est ni plus ni moins qu'un phénomène de société aux Etats-Unis, qui suivent avec ferveur les investigations de l'agent Cooper. A tel point que la série connaîtra une seconde saison de 18 épisodes (contre 7 pour cette première, 8 avec le pilote d'1h30), qu'une tonne de produits dérivées sortiront pour répondre à la demande... Il y aura bien eu un avant et un après Twin Peaks à la télé US, et je ne serais pas loin de penser que ce fût la première série tv moderne... Dommage qu'à l'époque la Cinq ait foiré la diffusion de la série (épisode dans le désordre, horaires pas possibles...). Heureusement le DVD de la saison 1 vient de sortir.

Mais qu'est-ce qui fait que Twin Peaks fonctionne ? Le mystère. Et ça tombe bien, la bourgade en est remplie ! Chaque habitant dissimule des secrets plus ou moins avouables, et Cooper doit patiemment découvrir chaque personnalité, chaque part sombre. Chaque membre du casting pourrait être un suspect idéal. Qui est le tueur : un psychiâtre à moitié déjanté aux lunettes multicolores ? Un homme d'affaire aux dents longues ? Une femme mariée qui rêve de créer des rideaux silencieux ? La femme qui parle à une bûche ? Twin Peaks regorge de cinglés, de gens bizarres, et c'est un plaisir de glisser doucement dans cet univers parfaitement décalé. Même Cooper semble parfois pas très net lorsqu'il décide de mener l'enquête en lancant des cailloux sur des bouteilles vides (?) ! Mention spéciale à Kyle McLachlan, acteur pétri de talent, qui interprête au plus juste cet agent étrange, drôle et cynique.

Cette ambiance unique à la télévision, les auteurs la cultivent complètement, créant au gré des épisodes mystères sur mystères, interrogeant le spectateur, le forçant à suivre des fausses-pistes, aboutissants à des situations idiotes, grotesques ou absurdes. Il titille l'imagination à travers des rêves loufoques. Aura-t-on un jour le nom du tueur ? Qui sait ? Pas dans cette saison en tout cas. Mais quel plaisir de se bercer doucement dans cet atmosphère trouble, comme si Twin Peaks était dans un univers parallèle au nôtre, où tout devient possible.

Inestimable. Dans tous les sens du terme...
Partager cet article
Repost0
6 septembre 2007 4 06 /09 /septembre /2007 09:26
californication.jpgDepuis The X-Files, on avait plus vu David Duchovny, que le rôle de Fox Mulder a rendu célèbre. Et ceux ne sont pas ses quelques apparitions au cinéma qui contrediront cette impression que l'acteur avait un peu disparu de nos écrans (l'hillarant mais léger Apparitions en tant qu'acteur, Le prince de Greenwich Village de l'autre côté de la caméra, et puis c'est à peu près tout). Et le voici qui revient en tête d'affiche d'une série tv : Californication dont M6 a semblerait-t-il acqui les droits. Après visionnage du pilot et du premier épisode, impressions...

Hank Moody est un écrivain célèbre qui a plusieurs gros problèmes. Hank n'arrive plus à trouver l'inspiration depuis que sa femme l'a quitté. Ajoutons à cela qu'Hank se shoote et qu'il ne résiste pas à la moindre partie de jambe en l'air. Enfin, Hank est un casse-couille doublé d'un cynique. Alors forcément lorsqu'un journal lui propose de tenir un blog pour donner son point de vue sur sa vie à Los Angeles, il n'est pas forcément joyeux, mais il faut bien payer les factures...

Attention, les enfants, vous pouvez monter dans vos chambres, cette série n'est pas pour vous puisqu'on y cause le plus souvent de cul . Et puis pas forcément de la manière la plus polie qui soit ! La première scène est d'ailleurs bien à l'image de la série entière : Hank arrive à une église en voiture de sport, éteint sa clope dans un bénitier, croise une superbe nonne qui lui propose de lui faire une fellation. Proposition qu'il s'empresse d'accepter... pour se réveiller (tout ceci n'était qu'un rêve) entre les bras d'une belle jeune femme mariée rencontrée la veille au soir : hank fantasmait tout simplement sur elle déguisée en nonne !

Mais l'intérêt de Californication ne réside pas vraiment à mon avis dans la débauche de son personnage principal mais bien dans le ton de la série, insufflé par Hank. Un peu comme dans Dr House, où au final on s'en fout un peu des patients, c'est House qui nous intéresse, lui et son sale caractère. Idem dans Californication, où le cynisme de Hank soutient toute la série.

Bien sûr, il fallait un acteur costaud pour tenir le rôle. Et David Duchovny est parfait. Déjà dans X-Files on sentait l'acteur capable de jouer la comédie, puisqu'il avait amené pas mal d'humour dans son rôle sérieux de Fox Mulder. Du coup, dans Californication, on a vraiment le sentiment qu'il est comme un poisson dans l'eau, et qu'il y prend un vrai plaisir. Et certains passages sont très très drôles et très décalés soit dans les dialogues (Hank : "Ce n'est rien comme défaut, mademoiselle, vous auriez pu être scientologue..." Elle: "Mais je suis scientologue" Lui (fausement gêné) : " ah mince, bon faites comme si j'avais dit nazi, alors") ou dans les situations (faire l'amour complètement shooté avec la même scientologue).

Alors bon, passé l'humour décalé et cru, j'attends de voir où va nous amener la série. J'espère aussi que les auteurs ne vont pas se sentir obligé de nous mettre des scènes dénudées à chaque fois (en 2 épisodes de 30 min, j'en compte déjà au moins 6, c'est largement au-dessus de la moyenne). On a un peu l'impression que les belles femmes lui tombent toutes dans les bras systématiquement.

Californication : pas extraordinaire, mais très drôle si l'on accroche à cet humour particulier. J'attends maintenant de voir la suite.



Partager cet article
Repost0
9 août 2007 4 09 /08 /août /2007 13:28
24hsaison2.jpgHop,  enfin, j'ai fini de regarder la seconde saison de  24 h chrono. Et attention, si vous ne l'avez pas vu, ne lisez rien de cette chronique, car je spoile à mort.

Et je ne suis pas déçu, loin de là ! J'en attendais beaucoup, et au final, j'y ai trouvé ce que je cherchais : plus de rythme, plus d'action, plus d'ambiguite, plus de maîtrise de la part des scénaristes et réalisateurs. On sent que dans cette seconde saison ils ont trouvé leurs marques, qu'ils se lâchent.

Du coup, la première saison passe presque pour un show intimiste. Je rigole, je rigole. N'empêche que le coup de la bombe nucléaire qui explose, ben j'avoue, je ne m'y attendais pas. Mieux encore, cet évènement sert à relancer l'intrigue sur tout à fait autre chose à un moment où la saison commencait tout juste à se ramollir. Et comme ma cousine vient tout juste de démarrer la saison 2, ca me fait sourire de l'entendre parler de cette satanée bombe, quand on sait qu'à la fin de la saison tout ceci n'a plus réellement d'importance et que l'intrigue est partie sur tout autre chose !

La mort de George Mason est aussi bienvenue. Non pas parce que je n'aimais pas l'acteur, au contraire je le trouvais sympathique, mais parce que je ne croyais pas que les auteurs allaient se permettre de le supprimer de l'histoire et nous auraient sorti une bonne vieille bêtise pour le sauver. Et bien non, on crève dans 24 h chrono de façon logique. L'idée de nous montrer le CTU lâcher petit à petit Bauer est aussi passionnante, surtout qu'on suit de façon omnisciente les évènements, comprenant les incidences de telles et telles décisions...

Autre satisfaction : le casting ! l'acteur qui joue David Palmer le fait très bien. On partage rapidement son point de vue, calme et réfléchi (tout à l'opposée de la boule de nerf qu'est Bauer jouée par un Sutherland nickel comme d'habitude). D'autres personnages continuent à accrocher notre sympathie (Tony Almeda) alors qu'on rêve de frapper d'autres : Cherry Palmer (die, bitch !) et Copel en tête. Faudrait que Bauer nous débarasse d'eux à un moment où un autre, une balle perdue étant si vite arrivée. Et je vous parlerai de Kim Bauer plus bas.

D'ailleurs en parlant de violence, la série atteint un point critique : dans cette saison 2, on ne cesse de se torturer à tour de bras, de façon sanglante et méchante, qu'on soit bon ou vilain. Voir Bauer torturer un terroriste, puis la soeur Warner, ca fait tout drôle. Bon, remarquez il y aura droit lui aussi vers la fin de la saison (d'ailleurs on notera que Bauer s'en remet rapidement de sa séance de torture, mais que voulez-vous le monde à besoin de lui).

Au rayon des "dommage, ca aurait pu être mieux", je regrette que Nina Meyers ne serve que durant la toute première partie avant de disparaître. Je pressens qu'on a pas fini d'en entendre parler, et que Bauer va bien la retrouver à un moment ou un autre. Los Angeles aurait pu être un brin plus montrée à feu et à sang : là hormis quelques séquences de journaux tv et une scène avec des américains bien cons qui manquent indirectement de déclencher une guerre mondiale en frappant un étranger, ca reste léger. J'aurais voulu vraiment le grand truc, l'émeute nationale avec le brave Bauer au milieu ramant contre une marée humaine...

Enfin, terminons par le gros point noir de la saison, la parasite qui m'énerve de plus en plus : je veux parler de Kim Bauer. Notre attrape-emmerdes fait encore des siennes dans cette saison 2, à un point tel que c'en est trop. Moi je veux bien qu'elle soit naïve, idiote et malchanceuse, mais là quand même : elle enlève une gamine violentée par son père (parce qu'elle est super quiche); puis elle fuit la menace nucléaire; avant de se faire gauler par la police ; la voilà devenu ennemi d'état numéro 1 ; elle fuit dans un bois, tombe dans un piège ; manque de se faire manger par un jaguar ( si si !) ; est sauvée par un survivaliste taré et parano  qui lui fait croire que la bombe nucléaire a sautée ; pour revenir flinguer le père violent du début à coup de flingue ; et ultime idiotie soupçonner la gentille soeur Warner... Bon. Comment le dire poliement. Messieurs les scénaristes de 24, si vous pouviez arrêter d'écrire des intrigues pour la fille Bauer, ca serait parfait, vous toucheriez au sublime de l'intrigue de show tv. Là ca fait tâche, on a l'impression que les histoires de Kim sont écrites avec les pieds, pendant vos pauses déjeuners. Non sans rire...

Allez, hormis ca c'est du tout bon, je cours chercher la saison 3... parce que Patricia m'a dit de regarder l'épisode 18. Si si... donc j'attends de voir.
Partager cet article
Repost0
26 juillet 2007 4 26 /07 /juillet /2007 21:53
battlestargalacticasaison2.jpgRetour à bord du Galactica, après une saison une qui avait su m'enthousiasmer petit à petit  pour finir sur un final flamboyant. C'est dire si j'attendais au tournant la deuxième saison...

Petit résumé pour ceux qui ne connaissent pas encore le principe de la série : dans notre futur, la race humaine est exterminée par des robots vindicatifs : les Cylons, capables de prendre apparence humaine.  Quelques dizaines de milliers de survivants embarquent à bord d'une flotte de fortune bien destinés à trouver un hyptothétique refuge, la Terre. Nous suivons le quotidien du BattleStar Galactica, un vieux vaisseau militaire,  escortant la flotte humaine.

Si l'on excepte tout le décorum hi-tech (vaisseaux spatiaux, robots hyper-sophistiqués, etc.) Battlestar Galactica n'est presque pas une série de SF. Non, les tirs lasers n'intéressent pas les auteurs. Non, les combats spatiaux n'intéressent vraiment pas les scénaristes. Non. Les scénaristes s'attachent à nous montrer les rapports entre la politique et l'armée, mais par dessus tout nous parle de l'Humanité à travers sa lutte vers un exil utopique.

La grande force de BG, c'est son intrigue. On sent le truc très peaufiné, l'histoire avance sûrement mais doucement, chaque élément se mettant parfaitement en place au fur et à mesure : que veulent réellement les Cylons ? Comment les Humains pourront-ils atteindre la Terre ?

Plus que la qualité d'écriture, ce qui m'a vraiment plus dans cette saison c'est le côté "le destin écrase les personnages". En développant l'aspect prophétique de la présidente de la flotte, les scénaristes ont créé une ambiance mystique et un côté prédestiné aux personnages qui les écrasent doucement mais sûrement. Starbuck devra faire un choix douloureux pour faire progresser l'Humanité vers la Terre. Peu à peu, cette force phénoménale enveloppe la série, la transporte, lui donne un côté quasi-mythologique impressionnant. Ca n'est alors pas une banale série de SF où des humains détruisent des robots à coups de laser, mais une jolie leçon scénaristique.

La saison 2 développe maintenant tranquillement sa foultitude de personnages, tous attachants. Il n'y a plus besoin de les présenter, nous les connaissons. Alors les scénaristes s'amusent à les développer. On en sait maintenant plus sur chacun d'entre-eux et ils suivent une voie toujours intéressante.

Les 13 premiers épisodes de cette saison sont rien moins qu'admirables. Puis la série reprend un peu son souffle, à travers une poignée d'épisodes indépendants (avec une partie du casting absent), pour mieux repartir entre les épisodes 18 à 20, vers un final passionnant !

La série Battlestar Galactica est comme le bon vin, elle se bonifie avec le temps. Et comme les auteurs ont annoncé l'arrêt de la série à la fin de la quatrième saison (je trouve louable d'arrêter lorsqu'on pense n'avoir plus rien à raconter), la certitude de voir cette saga se terminer m'encourage à aller jusqu'au bout. Essayez BG, même si vous n'aimez pas la SF, vous pourriez être surpris !

Partager cet article
Repost0