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21 novembre 2007 3 21 /11 /novembre /2007 13:59
Cela fait quelques temps que je n’avais pas fait une petite chronique nanaresque comme vous l'aimez, je le sais bandes de petits coquins. Si, si, à force de lire des chroniques, vous l’ignorez encore mais se développe en vous un amour sans bornes pour le Z et le bis. Alors pour cultiver cette passion nanaresque, quoi de mieux qu’un petit voyage ensemble, une plongée dans un film de Jess Franco, un classique absolu qui a redéfini les limites du nanar. Comme le dit l’affiche, « un terrifiant voyage au cœur de l’enfer » (pour le public, c’est certain)…


Alors ouaip, vu comme ça, ca fleure bon le film tout pourri. Les mots « vierge » et « morts-vivants » nous laisse à croire que l’artiste… pardon l’opportuniste réalisateur va mixer allègrement deux sous-genres du 7ème art : le film coquin mais sans zizi ni fesses, donc érotique. Reste à savoir ce que l’on met réellement derrière… enfin je veux dire derrière le mot érotisme, mais je m’égare. Donc on pourrait penser que l’ami Jess va mélanger le film érotique avec le film de zombies. Et là je vous arrête tout de suite, ami(e)s des morts-vivants et de la polissonnerie, vous allez être dessus car le film ne tient aucune de ses promesses, comme nous le verrons. Au risque de vous gâcher la surprise, ici, pas beaucoup de coquineries et encore moins de zombies…

christinaxx7.jpg
Le film de Jess Franco est aussi sorti sous les autres titres de « Christina, princesse de l’érotisme » et (hop, on fait un mélange) « Christina chez les morts-vivants ». Jess Franco avouera plus tard dans une interview que s’il avait eu le choix, il aurait appelé son film « La nuit des étoiles filantes », et malgré un visionnage ô combien attentif, j’ignore encore les raisons de ce choix. Et puis avouez que le choix des producteurs est nettement plus drôle… Pour être complet, le film connaîtra plusieurs jaquettes que voici (attention, prenez note) : Virgin Among the Living Dead, , Le Labyrinthe, Comme Apocalypse, I Desidiri Erotici di Christina, Exorcismo per una Vergine, Eine Jungfrau bei den Lebeden Toten, Eine Jungfrau in den Krallen von Zombies, Los Suenos Eróticos de Christine, Una Virgen en Casa los Muertos Vivientes, Zombie 4, Among the Living Dead. Ouf.

En plus, ces titres ne dépareillent pas dans la filmographie d’un réalisateur coupable de « Vampyr Lesbos », « Les avaleuses », « Killer Barbys vs Dracula », « Oasis of the zombies », « Deux espionnes avec un petit slip à fleur » (non je ne blague malheureusement pas), «Je brûle de partout » (aussi appelé « Rapt de nymphettes »), « Les nonnes en folie », « La fille au sexe brillant », « Mais qui donc a violé Linda ? », « Exploits érotiques de Maciste dans l'Atlantide », « Les amazones de la luxure », « Les maîtresses du Dr Jekyll », ou « Necronomicon » (moins drôle, mais faut bien faire plaisir au lectorat rôliste cthulhien…). J’arrête là quoique je vous remettrais bien un petit « Trois filles nues dans l'île de Robinson ») puisque Jess Franco a plus de 200 films à son actif, tous plus ou moins autour du même thème : un décalquage vaguement érotique d’un genre à succès. Du grand cinéma vous l’aurez compris.


Premier plan et premier choc, puisque Jess Franco ouvre son film avec des images issues sans doute d’un film de vacances. L’ensemble est accompagné d’une musique épouvantable, franchement post-moderne, mais trop pour tout individu à peu près sain d’esprit. En comme l’image est dégueulasse, même sur la version DVD, c’est forcément un bonheur.


Mais, chut ! l’intrigue démarre sur les chapeaux de roue !
Christina Benton, qu’on suppose vierge d’après le titre (mais peut-on vraiment s’y fier, puisqu’elle serait aussi la « princesse de l’érotisme », hum ? Me voilà tout perdu dans ma tête), Christina donc arrive dans une auberge, pour passer la nuit. On apprend qu’elle veut se rendre dans le manoir familial, perdu dans une vallée du Honduras. Pour la petite minute pédagogique de cet article, apprenez chers amis que le Hondura se situe en Amérique Centrale, au sud du Mexique. Voilà. Ca n’aura aucun intérêt pour la suite, mais vous n’aurez pas lu ce billet pour rien. Mais pourquoi Christina veut-elle se rendre dans ce château de Montésératé tout paumé ? Et bien parce que son père, qu’elle n’a jamais connu, vient de décéder et qu’elle doit assister à la lecture du testament.

Renseignement pris auprès de l’aubergiste, il semblerait que cette vallée soit un haut lieu touristique où je ne m’y connais pas : « Il n’y a pas âme qui vive dans cette vallée ! Vous n’êtes pas sérieuse… Vous ne voulez pas aller là ?! Je vous aurais prévenu, hein. » Je travaillerai à l’Office de Tourisme du coin, j’en connais qui se ferait tirer les bretelles. On apprend au passage qu’un certain Basilio doit venir la chercher pour la conduire jusqu’à Montéséradé.

Troublée Christina va dormir. Troublée jusqu’à faire des cauchemars. Alors Christina se lève pour aller papoter dans la salle commune de l’auberge. L’occasion pour le public de découvrir que la forêt amazonienne était encore loin d’être complètement débroussaillée. Un vrai drame capillaire… Curieux cette façon de descendre avec ce genre de petite culotte, sans craindre le regard des autres, non ? Ralala, ce sacré Jess trouve là un moyen d’introduire un peu d’érotisme dès la 5ème minute. Malin.

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Dans la foulée, donc oui en pleine nuit, Basilio arrive.

Basilio est le majordome de la famille, un type un peu grassouillet, la moustache et un air général très typé « Beauf » de Cabu. Notez que Basilio est joué par Jess Franco himself. Se trouver en petite tenue n’a pas l’air de décontenancer plus que ça Christina (c’est son côté princesse de l’érotisme, c’est sûr). Et nous découvrons que Basilio est muet, tout juste arrive-t-il à placer quelques onomatopée forts convaincantes.


Et Basilio d’amener Christina au château, avec le cortège d’images style film de vacances. Mieux Jess Franco filme caméra à la main depuis la place arrière le paysage qui défile.

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Et, là, attention, l’artiste s’essait au monologue intérieur, avec l’envie évidente de mettre en place l’ambiance pesante de la vallée. On y va je vous tiens la main pour ne pas tomber : « Voilà une heure que nous roulons vers le fond de la vallée. Et j’ai l’impression de vivre un rêve (pause)… étraaaange. Le chant des oiseaux ne m’est plus (pause) … familier. Il me semble (pause)… que j’aperçois des oiseaux de proie. Des oiseaux de proie [ouais ben on a compris] (pause)… Mais voyons, c’est impossible ! Au fond d’une vallée ?! (ben oui, idiote, pff). Et ces fleurs… [ah, non hein, ca suffit maintenant]… ces plantes [d’après mon dico des synonymes tu peux aussi dire ces végétaux, mais vas-y continue]… qui respirent la vie. Et pourtant, quelles couleurs (pause)…bizarres ! Quels parfums (pause)… troublants ! (pause)…Inconnus ! Que sommes-nous donc ? [Mademoiselle, va falloir partir maintenant, on ferme !] Quel est cet univers ? [Vous voulez un coup de main, mademoiselle ?] Ouaté d’ombres et de sileeeeence. Triste. Comme un cimetière. Par un matin d’automne. » Ouf, on a failli s’ennuyer.

Christina arrive au château ce qui permet à Franco de nous offrir une belle image en contre-plongée, comme si les lieux allaient écraser Christina. A partir de cet instant le film prend une tournure pour le moins, comment dire ? décousue. Les scènes s’enchaînent dans le plus grand désordre, m’ayant souvent fait demandé si le monteur n’avait pas mit bout à bout les pellicules sans s’inquiéter de la cohérence de l’ensemble.

Globalement donc, pour ce que j’en ai compris, le film nous montre Christina qui rencontre plusieurs habitants du château. On pige qu’ils sont tous plus ou moins timbrés, et qu’ils sont reliés par une malédiction liée à un étang située à deux pas du manoir. Pire, ceux sont certainement des fantômes. Le père de Christina a dû être assassiné par eux, de leurs vivants. C’est du moins les hypothèses que je fonde après un visionnage dès plus minutieux. Car il faut bien dire que le montage n’aide en rien, comme je l’ai dit, mais qu’en plus le film a été charcuté plusieurs fois par l’éditeur : « Christina, princesse de l’érotisme » est le nom d’origine du film, mais lorsque « La Nuit des morts-vivants » de G. Romero reçu un certain succès quelques années plus tard, l’éditeur opportuniste décida de remonter le film en plus de le re-titrer « Une vierge chez les morts-vivants ». Comme il manque cruellement de zombies dans l’histoire, on fait appelle à Jean Rollin (oui, oui, le même qui a commit « Le lac des morts-vivants ») et on lui file une après-midi pour shooter 2-3 scènes avec des zombies qui sortent d’un étang. Il en résulte une jolie pagaille dans la cohérence de l’ensemble, vous imaginez bien.

Voyons donc ensembles, si vous êtes toujours là, quelques scènes troublantes et étranges, censées créer une atmosphère bien particulière. D’ailleurs tout le film baigne dans une torpeur et un ennui total.

Bon tout d’abord Christina passe son temps à se mettre nue. Curieux ça. Elle dort : hop elle est à poil et Jess Franco s’arrange pour qu’on puisse la voir confortablement sans trop se contorsionner. Christina va se baigner dans l’étang : hop, elle le fait toute nue. D’ailleurs elle croise à cette occasion un simple mateur, un type qui passait dans le coin sans aucun intérêt pour le film, mais qui nous donne l’occasion d’admirer la profondeur des dialogues.
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Lui : « Mademoiselle ! Vous savez que le nudisme ici c’est défendu !
Elle : C’est un jardin privé non ?
Lui : Oui mais on peut vous voir de là haut
Elle (sourire aux lèvres) : Je l’ignorai… merci.
Elle s’en va.
Lui : Attendez ! Est-ce que vous habitez par ici ?
Elle : Oui je suis au château
Lui : Le château n’est pas habité
Elle : Tu ne sais pas ce que tu dis : il y a toute ma famille
Elle s’en va à nouveau. Il reste comme un con.
Lui : Eh ! Attendez !
Il la rejoint.
Elle : Qu’est-ce que tu veux encore ?
Lui : Savoir qui vous êtes.
Elle : Et toi qu’est-ce que tu fais ici ?
Lui : Moi je suis né ici
Elle : Tu travailles ?
Lui : Pas en ce moment.
Elle : Ecoute : voilà ce que l’on va faire. Tu vas m’accompagner jusqu’au château. Comme ça tu seras bien obligé de te rendre à l’évidence. Tu veras, ma famille est étrange… mais sympathique. Alors tu m’accompagnes ?
Lui : Oui mais je n’entrerai pas.
Elle : mais pourtant le château est très beau.
Lui : Oui peut-être, mais je préfère ne pas entrer.
Elle : Tu ne vas tout de même pas me dire que tu as peur, hein ?
Arrivé au château, le jeune homme se fait botter le cul sur un vibrant « fous le camp petit salaud ».

Christina rentre dans sa chambre et découvre des chauves-souris mortes sur son lit. Ah, ca vous foutrait les boules ça hein ? des chauves-souris mortes. Ben à elle, oui. Elle court chercher quelqu’un et tombe sur deux femmes. L’une est en train de lécher du ketchup étalé sur un sein de l’autre. Bizarre, mais Christina ne se formalise aucunement de savoir d’où vient le ketchup, dans une vallée si isolée.
Un peu plus tard, Basilio arrive tendant devant lui une peluche de souris. Idem. Figurez-vous que jamais ô grand jamais Christina ne se pose LA question essentielle : où trouvent-ils toutes ces fournitures dans une vallée perdue ?

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Les scènes soit-disantes « sensuelles » s’enchaînent, et l’on assiste médusé au spectacle de la tante (une blonde vulgaire) se roulant par terre en robe de soirée sur un fond de mélodie jouée au piano. Surréaliste.

Mais le spectateur halluciné n’a pas encore tout vu, arrive ensuite LA scène du film. Christina se réveille et découvre un gros godmiché noir sur le sol. A genou, la jeune fille tend la main vers le god pour le jeter violemment à travers la pièce. Et là, une tante aveugle, assise dans un coin de la pièce que nous n’avions pas vu (et Christina non plus sans aucun soucis de cohérence spatiale), s e x-clame (oui, je suis fatigué): « Mais qu’est-ce que tu viens de faire ? Malheureuse que tu es ! Sache qu’il ne fallait pas détruire le grand phallus ! Le malheur est sur nous. Pour tous, l’heure est venue. » Et Christina de résumer la pensée du public : « Je n’y comprends rien ». Nous non plus, Christina, nous non plus…
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Puis, la lecture du testament du père se déroule enfin. Mais on restera déçu puisqu’on apprend en fait que Christina est l’héritière du château, et qu’elle décide de rester là. Même pas peur la petite. Pendant la lecture du testament par l’avocat, Basilio dort et ronfle. Personne ne semble remarquer ce détail. Etrange.


Puis le fantôme du père de Christina apparaît dans le salon, avant de partir vers l’endroit où repose son cadavre. C’est l’occasion pour Jess Franco de nous servir un des rares bons plans du film : une poursuite tout en lenteur entre un pendu et une Christina terrorisée. Rapidement, nos amis les fantômes du château font Christina prisonnière pour la faire participer de force à une incantation. Incantation du pauvre d’ailleurs comme vous pouvez le constater ci-dessous, mais une cérémonie bien rigolote avec un fond musical vaguement disco. Les femmes du château finissent par poignarder Christina devant les yeux des autres membres de la famille, père inclu.


Reste le twist final pitoyable, censé peut-être apporter un brin de cohérence à ce capharnaüm. Christina se réveille en sueur à l’auberge : tout ceci n’était qu’un rêve. Ah bah ca va, je suis soulagé. Quoique… En effet, elle reste catatonique. Plan final : toute la famille s’avance dans l’étang pour y disparaître sur une voix off poétique « Nous retournerons pour toujours sur les rives du Styx, errants dans les marais sans jamais atteindre l’autre rive. Que le Destin s’accomplisse ».

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Voilà, voilà. Il ne me reste plus qu’à clore par cette magnifique phrase issue du film, qui résonne comme une philosophie ou uine poésie étrange : « Le temps passe aussi vite la nuit que le jour ».

Merci de m’avoir suivi et rendez-vous au prochain nanar ! Ce qui avec mes petits achats du week-end passé va venir assez vite ! (Ah oui, The Barbarians en DVD, tout de même...)
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14 juin 2007 4 14 /06 /juin /2007 16:47

lacdesmorts-vivants01.jpgAprès Emanuelle et les derniers cannibales, je me suis rendu compte que ça faisait pas mal de temps que je voulais vous parler d'une star française internationale par trop méconnue dans notre hexagone, d'un faiseur de film Z français, d'un homme qui parvient à conquérir l'Amérique cinéphile plus grâce à son courage et sa détermination que par son talent (véridique, il est apprécie aux States).
Certains d'entre-vous le connaissent déjà car ils ont déjà pu goûter au délice, que dis-je, au bonheur de voir un de ces films si marquant (car on s'en rappelle en général) : je veux bien entendu parler de notre compatriote réalisateur de nanar monumentaux, le pape frenchy du Z... Jean Rollin.

Pour tout vous avouer, j'avais déjà regardé un de ses films il y a quelques semaines, La Rose de Fer, mais comment dire... c'était à ce point mauvais que je n'y voyais pas grand chose de marrant à en dire sinon que c'était d'un ennui pas possible. Donc, pour vos délicates rétines, j'ai préféré passer la main et attendre une autre occasion, un film où le Jean Rollin s'exposait dans sa grandeur. C'est chose faite aujourd'hui puisque je m'en vais vous conter le plaisir cinéphilique qu'est le visionnage de ...Le Lac des Morts-Vivants (Zombie Lake)


Avant d'aller plus loin, petit retour sur Monsieur Rollin, histoire de vous présenter ce réalisateur hors norme. Jean Rollin c'est la victoire de la pugnacité et du courage sur le bizness system. Amoureux du fantastique et plus précisément des vampires, Jean Rollin aura tourné pas mal de films fauchés et totalement Z depuis les années 60, avec quelques détours vers le  porno soft comme Douces Pénétrations (j'en vois déjà dire 'Borderline, Stefff...', promis c'est fini pour aujourd'hui...). 
Jean Rollin c'est le système D à l'état pur : des tournages rapides, souvent avec des acteurs médiocres, des effets réduits à leur plus simples expressions (et souvent visibles), et surtout, surtout, un ton, un style, une patte : une espèce de torpeur lancinante, à la frontière de l'ennui, mêlée à une douce poésie certainement toute personnelle et malheureusement bien souvent hermétique.

Alors forcément quand le roi du Z français s'attaque à l'un de mes genres favoris (le film de zombies) je ne peux que faire partager le plaisir. Zou, c'est parti pour la rigolade...

Générique. Un cigne blanc sur un lac (poésiiiie... on ne rit pas svp).
Une jeune fille arrive sur la rive. Je ne sais pas pour vous, mais il ne me viendrait jamais à l'idée de me baigner à poil dans un lac. Pourtant, ni une ni deux, la donzelle se retrouve donc nue, et se dirige vers le lac. Elle doit avoir un grain, la dame, car en passant devant ce magnifique panneau lourd de signification :

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... non seulement elle l'ignore mais le détruit joyeusement mettant ainsi en danger les futurs nageurs ! In-con-sci-en-te ! Un si joli panneau... On verra que tout ceci aura une facheuse conséquence avec une équipe de basketteuses-volleyeuses, on ne saura jamais, mais attendez un peu...

Bon mine de rien, rapidement le manque de moyen se fait déjà sentir. De l'extérieur, le lac semble verdâtre et une fois la camera sous l'eau, tout devient bleuté ! Quel étrange mystère ! Et en plus, alors qu'il fait jour sur les plans extérieurs, d'un coup une fois la camera dans l'eau on a l'impression qu'il fait nuit...

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Bon tout simplement, le pauvre Jean Rollin doit filmer ses séquences aquatiques dans la piscine locale, tentant vaille que vaille de dissimuler les bords (si si regardez donc ci-dessus, on aperçoit même la reflexion des néons de la piscine en haut à droite).

La recette pour créer un zombie façon Rollin est très simple : coller 2-3 bouts de PQ sur le visage de l'acteur. Mélanger de la peinture à l'eau verte avec un brin de marron ou de bleu, histoire de varier les plaisirs. Peinturlurez uniquement, j'insiste, le visage et les mains de l'acteur, laissez à tout prix les avants-bras et le cou en couleur normale. Servez frais.
Attention, si vous trempez l'acteur dans l'eau, la peinture se barre, c'est fait exprès...

Personne dans le village voisin ne semble réellement s'inquiéter de la disparition de la donzelle, jusqu'à ce qu'une deuxième femme se fasse sauvagement trucidé aux abords du village. A ce moment là, arrive une journaliste venue enquêter sur le lac, qu'on appelle, comme de par hasard, le Lac maudit ou le lac des Maudits ; d'ailleurs à un moment le maire parle même de Lac maudit des maudits, et je ne saurais suggérer l'appelation Michelin de Maudit Lac Maudit des Maudits Maudits...

Forcément, Jean Rollin parfois a des problèmes de pellicules et donc les couleurs déconnent un peu, j'en veux pour preuve :
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... mais on ne va pas se fâcher pour si peu, non ?

Pire, alors que le Maire invite la Journaliste a s'assoir, la grossière erreur classique : le miroir. Si si, regardez bien dans le rond rouge ci-dessous, on aperçoit l'équipe de tournage. Magnifique !
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Bref hormis cela voilà l'occasion pour nous et la journaliste d'apprendre l'étonnante histoire de ce lac. On découvre au passage que nous sommes 10 ans après la Libération, chose étrange puisque nous avons aperçu patte d'ef et coupes au bol typiques des années 70, mais nous n'en sommes plus réellement à un anachronisme prêt.

Flash-back. Jean Rollin pioche deux-trois plans où l'on aperçoit quelques chars (très certainement filmés dans un meeting local, bref passons). Donc, il y a 10 ans, lors de la libération, les habitants du village ont trucidé les quelques soldats allemands restés dans le coin et se sont débarrassés des corps au fond du lac. A mais oui mais voilà, ce lac est corrompu depuis l'inquisition où des satanistes faisaient des messes noires et des sacrifices !
On apprend aussi qu'un soldat allemant, qu'on appelera Blondinet rapport à sa coiffure, est tombé amoureux d'une Française. Juste avant que le couple ne disparaisse (lui dans la tuerie, elle, d'ennui très certainement), est née Helena, fruit de l'union franco-allemande.

Retour au présent. Vous vous rappelez du panneau que la donzelle avait détruit ? Oui, ben voyez elle aurait pas du.
Car voilà qu'arrive au bord du lac maudit² une équipe féminine de basket ball dans une jolie camionnette. Pas de bol, jamais nous ne verrons de ballon de basket mais bien un beau ballon de volley. Voyez ci-dessous. M'enfin on est plus a ça près arrivé là...
lacdesmorts-vivants08.jpg

Inconscientes du danger qui les guette, les filles se déshabillent, et prennent un bain dans le lac.
Et là, on a droit à l'un des plus beau faux raccord de l'histoire du ciné. Attention, ca va aller très vite : première image, elles barbottent sur la rive, regardez bien, elles ont pied, n'est-ce pas ?
Seconde image, hop, les zombies attaquent par en-dessous, et elle n'ont plus du tout pied. Ouais ! 

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Je récapitule. Un lac maudit² l'est triplement : non seulement tout personne qui s'y baigne le fait à poil, les dimensions sont a géométrie variable et enfin lorsqu'on y plonge une camera, on se croirait dans une piscine. Le Lac magique qu'il aurait du s'appeler ce film...

Autre problème pour nos amis morts-vivants, les casques des acteurs leur tombent régulièrement sur le nez, et du coup, ils tentent vaille que vaille de remettre discrètement le casque sur le sommet de leur crâne.
Mieux, dans les séquences aquatiques de piscine on constate l'oeil rieur que les zombies remontent régulièrement à la surface, pour que les acteurs respirent, forcément.
En un mot : la cata.

Ajoutez à cela des acteurs totalement absents, la palme revenant à la petite Helena, âgée maintenant d'une dizaine d'année qui récite son texte comme à l'école. Pathétique...

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Bref, pour qui, pour quoi ? les zombies sortent de l'eau au bout d'une heure de métrage, histoire d'aller tout casser en ville. Si si, ils cassent facilement trois verres dans le bar de la place de l'eglise.

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Au final, bataille rangée en entre tous les villageois (au nombre de 4) et les 5 zombies. Malin, le Maire et la journaliste décide d'utiliser du napalm pour éradiquer la menace verte. Et là, on se dit "aïe, comment Rollin va nous faire du napalm ? Est-ce que ca être le Apocalypse Now zombiesque de Jean Rollin ?
Le Maire envoit Helena attirer Blondinet et sa horde dans le moulin (où elle a été conçu d'ailleurs) et alors qu'elle dupe son père avec un seau de sang frais couleur soupe à la tomate, voilà les villageois qui crament le bâtiment. Effet foireux de napalm, comme on pouvait s'y attendre, puisque Rollin brûle 2-3 mannequins de magasin...

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Les zombies sont morts, Helena pleure son vert de père sur ses belles paroles "ne nous oublie pas. Je ne t'oublierai pas...". Fin.

Je laisse la conclusion au maire du village qui nous sort à un moment :
"Les choses mineures n'existent que si le temps leur donne cette dimension". Une phrase qui récapitule la carrière de ce grand monsieur qu'est Jean Rollin, en quelque sorte.

SUPER Bonus !
Si vous suivez le lien ci-dessous, vous pourrez regardez la bande-annonce américaine du film (env. 2'00, un poil sombre). Vous tenderez particulièrement l'oreille à la musique, une cacophonie innomable qui dure tout le temps que les zombies sont à l'écran.

Mesdames, Messieurs, merci de m'avoir suivi.

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11 juin 2007 1 11 /06 /juin /2007 16:37

lamutante2.jpgBon rappelons vite fait le principe de La Mutante : Natasha Henstridge interpète Syl, une bestiole à l'apparence d'une superbe blonde mais qui en réalité est une effroyable bestiole meurtrière. Forcément le fait d'être une magnifique femme attire tous les hommes qui tombent fatalement entre les griffes du monstre... A la fin de la Mutante, la Mutante était vaincue. Mais que voulez-vous, le film ayant fait un peu de tunes, des producteurs zélés ont pensé à faire une suite...

Une expédition spatiale pose enfin le pied sur Mars ! Les astronautes embarquent malheureusement avec eux une bestiole bien méchante qui va les contaminer (non, nos amis astronautes n'ont jamais l'Alien de Ridley Scott, non...). Il s'agit bien du monstre du premier film, bien décidé à envahir notre planète. L'un des astronautes débarque sur Terre,  infecté par le monstre et prêt à semer sa petite graine partout sur notre planète (comprenez : faire l'amour avec un grand nombre de femmes pour les contaminer à leur tour)...
Pendant ce temps sur Terre, d'autres scientifiques étudient un clone de Natasha appelé Eve. FOrcément l'arrivée sur Terre d'un de ses congénères va réveiller la Mutante qui sommeille en elle et elle finira par s'échapper. Forcément, l'armée bien démunie, appelle à la rescousse l'un des héros du premier film (joué par Michael Madsen). 

La Mutante 2 est un nanar de luxe, un vrai. Il y a de la tune, pas toujours bien utilisée d'ailleurs, mais c'est de la série B riche. Comme le coeur n'y est plus vraiment, le réalisateur mixe tant bien que mal les deux principaux éléments du premier film mais appuyant bien dessus : le gore et le sexe.

Du coup, dans La Mutante 2, on fornique à tout va durant la première partie. D'ailleurs Michael Madsen s'exclame un moment : "ils pourraient tous nous tuer rien qu'en baisant" (super classieux, le dialogue). Et puis ca charcute tout autant, car les scènes de sexe sont systématiquement suivies d'une scène gore. Les jeunes femmes subissent en effet une espèce de grossesse accélérée, avec explosion bien craspec de ventre à la clé. Sauf que le tout étant assez mal filmé et prévisible, les scènes en deviennent un brin risibles...

Dans la seconde partie, Eve finit par mettre la main sur son compagnon ET, alors que Michael Madsen,qui surjoue honteusement, poursuit le duo infernal. Les dialoguistes se sont arrachés sur le script pour nous sortir un joli "il est où ton putain de rayon corn-flakes ?!" alors que Michael poursuit les ET (planqués au rayon petit déjeuner vous l'aurez compris). 

Au final, Eve se fait abuser par le monstre. Et puis c'est la fin, tout le monde meurt. Et la toute dernière image nous laisse présager que non, finalement, il y aura peut-être un trois.
Rectifions : il y a un "La Mutante 3".

Que dire devant ce "La Mutante 2" sinon que c'est un nanar extraordinaire, sanglant et sexy, sans aucune logique (voir la scène de viol totalement illogique, quand la victime s'échappe sous les yeux des policiers sans qu'ils ne la voit). Mais surtout on sent que le tout est totalement involontaire ! 

Il ne me reste plus qu'à trouver le troisième film qui s'annonce fabuleux.

 

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5 février 2007 1 05 /02 /février /2007 11:35

Ca demarrait plutôt bien cette chronique de nanars, puisque j'avais choisi de vous parler non pas d'un, mais bien de deux films de requins !" Wow !", s'écrit le forumer tout ému de tant d'attention nanaresque. Et bien figurez-vous que cela ne va pas être possible.


Non, je ne me suis pas dégonflé devant la pauvreté de la chose. Ce qui m'est déjà arrivé avec Living-Dead from hell (traduit en un formidable Virus Cannibal de bon alois), remarquerons les plus attentionnés d'entre-vous, oui vous les plus maniaques de ma rubrique (!). Vous pouvez me jeter des pierres numériques, si si, je vous en prie. Mais vous verrez un beau matin vous trouverez une chronique de Virus Cannibale, j'en fais le serment ici même.
Mais je m'égare.


Non je ne pourrais donc pas vous parler des mes 2 DVD, respectivement Squale et Shark Attack. Squale, le premier que je glissais dans mon lecteur de salon, déjà tout fébrile quand à la qualité cinématographique de ce qu'il allait me diffuser, est un film italien des années 80 réalisé par XXXXXXX XXXX. La jaquette, déjà, était, un appel du pied pour un amateur de nanar comme moi. Ben oui, franchement, sous-titrer son film par un terrible :
"Un été comme les autres...
Un enfer pas...
comme les autres"
avouez c'est de la provocation pure et simple !

Me voilà donc devant ma tv, tenant Squale dans une main et Shark Attack dans l'autre, à guetter les premières images du premier. Surprise ! J'aperçois le générique de Shark Attack. Bon sang, me serais-je gourré de boîtier dans la fébrilité toute relative que j'éprouvais (c'est beau on dirait du Baudelaire !).
Et bien non ! Le DVD de Shark Attack était toujours dans son boîtier. Je sors le DVD de Squale et je confirme il y a bien marqué Squale en gros sur le disque metallique !? Aargh, j'ai compris rapidement la situation : j'ai été victime d'un jaquettage sauvage. En gros, on m'a vendu Squale alors que sur le DVD c'est un autre film, Shark Attack en l'occurence. Oui la vie d'amateur de nanar est parfois troublée par ce genre de pratique peu scrupuleuse des éditeurs. Voilà donc la raison pour laquelle je ne vous parlerai que de Shark Attack.

Dommage j'aurai bien regardé Squale. D'ailleurs, j'ai appris par la suite que Squale n'est en aucun cas le vrai titre du film et qu'il s'agit de "La Mort au Large", "L'Ultimo Squalo" dans sa version italienne. D'ailleurs, hop!, vous trouverez ci-dessous une preuve du rejacketing sauvage dont j'ai été victime.

Ci-dessus : la couverture de mon DVD

Ci-dessus : la vraie affiche du film Squale

Ci-dessus : la couverture du film italien

Passée cette déception, il fallait bien que je me remette à la tâche. C'était donc parti pour : Shark Attack !

 


 

http://shark-movies.over-blog.com/article-4173903.html

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10 janvier 2007 3 10 /01 /janvier /2007 20:43

Ca manquait de nanar ces derniers temps. Aussi, assyez-vous confortablement, je vous embarque pour le pays des cannibales avec un film qui fleure bon le cinéma Z...

Bon attention, aujourd'hui sacré client que voilà, puisque ce Emanuelle e gli ultimi cannibali (oui il est temps de se mettre à l'italien les amis), donc je disais, sacré client puisque ce formidable film est réalisé par Joe d'Amato, l'un des plus grands représentants de films de série Z au monde. Son principe artistique est des plus simple (et finalement assez honnête) : grapiller de la thune tant que c'est possible ! Capable de tout même du pire pour amasser le moindre pécule, D'Amato ne s'est jamais pretendu artiste ! Oui, bon ok, il a bien plusieurs fois piqué des morceaux de films de cul qu'il n'avait pas tourné pour les incorporer dans les siens. D'accord, on passera... Il ira même pour Anthropophageous jusqu'à essayer de faire croire qu'on y voit un véritable foetus se faire dévorer en direct live devant sa camera crasseuse... Mouais, c'est pas bien ça Mr D'Amato, de faire croire ce genre de chose... Bref Joe D'Amato, pape du nanar bis à tel point qu'on le surnommera "Le Méchant Ed Wood". Fin de la parenthèse et revenant donc à nos moutons...

Emanuelle e gli ultimi cannibali est un croisement de genres totalement opportuniste : quelques années avant Cannibal Holocaust (1972), le film par d'un principe complètement barré : mélanger film érotique (Emmanuelle) avec le film de cannibales. Drôle d'idée, j'en convient mais foutrement plus bandante qu'un hypothétique Emmanuelle et les 3 mousquetaires par exemple (quoique !). Au passage, on notera qu'il s'agit ici de Black Emanuelle et pas de la Emmanuelle qu'on connait tous assise langoureusement sur sa chaise en osier et incarnée par Silvia Kristel. Ouaip, les italiens n'avaient pas mis longtemps avant de récupérer pas officieusement du tout la licence en virant un "m" dans le prénom du personnage. Un peu comme si moi j'écrivais un "Mikey" pour récupérer la tune de Disney en somme.

Bon bref, tout ca pour dire qu'Emanuelle e gli ultimi cannibali c'est du nichon et de la barbaque.

On découvre donc Emanuelle dans un asile partie enquêter sur une nana (on l'appelera Gisèle) revenue "du pays des cannibales" (?). Après quelques polissonneries très fugaces, les infirmières étant très portées sur la chose et les patientes ne portant jamais de culottes (interdit dans le règlement sans doute), hop ! ... D'Amato nous cale un petite scène gore avec une infirmière qui se fait dévorer le sein par Gisèle. Choc ! 
 .

Finalement, Emanuelle comprend que Gisèle est une survivante d'un monde cannibale (croyez-moi elles ont eu l'occasion de discuter de très très prêt), et réussit à convaincre son patron de monter une expédition vers le "pays des cannibales" (?) (sans plus de précisions).

Elle rencontre donc un spécialiste des cannibales (!), un docteur qu'on appellera Gérard pour faire plus mieux. Donc Gérard déballe à Emanuelle, non pas ce que vous pensez, mais sa science. Et ca donne un truc du style:
Gérard : "Et j'ai plein de documents chez moi... que je pourrais vous montrer..."
Emanuelle : "Allons-y professeur..."
Et là, FRUSTRATIONS. Moi je dis spoliage du spectateur ! Là où je m'attendais à une scène de sexe un brin osé avant de découvrir l'enfer vert : fondu au noir ! Plan suivant : Emmanuelle refait son maquillage toute nue devant son miroir ! Aarrgh ! Frustration !

J'aurais bien confirmation que le monteur est aveugle car dans la scène suivante, Emanuelle prend un taxi pour rentrer chez elle, et hop ! sans prévenir : scène érotique ! Celle-là même qu'on attendait quelques minutes avant. Si, si, avec Gérard tout nu et tout et tout...
On passera sur les détails sauf un : la musique ! En effet d'Amato nous casera toujours la même musique dans TOUTES, j'ai bien dit, TOUTES les scènes de sexe, jusqu'à la fin. Hop ! Dès que les premières notes lancinantes de Make Love on the Wing (cliquez pour avoir un extrait ! ) résonnent, on sait que ca va swinger ! Au bout de 20 min, le procédé devient assez lassant (voir grave énervant) j'en convient, mais d'Amato doit aimer parce qu'il nous refourguera la même came dans Zombi Holocaust quelques années plus tard...

Tenez au passage, j'ai oublié de vous signaler une chose : d'Amato n'a pas eu les autorisations de filmer en ville. Résultat, le moindre plan dans la rue se termine immanquablement par des passants se retournant sur Emanuelle...

Bon justement Emanuelle retrouve son copain (non, Emanuelle n'est pas fidèle, non...), et lui fait l'amour. Le monsieur garde son pantalon pendant l'action j'ai pas tout compris, mais c'est pas grave puisque nous voilà aussitôt en Amazonie, prêt à partir pour l'expédition vers le "pays des cannibales" (? cherchez pas on saura jamais où c'est).

Les voilà donc dans la jungle. Et avec des experts, attention, ouvrez bien les yeux : 
 
Ben tiens ! Cinq péquins pour prendre une tribu en tenaille, moi je dis bravo la stratégie... Cinq ? Oui, cinq, le casting manquait de personnel, féminin notamment, et un guide noir et une blonde et une nonne (qui elle se fera bouffer très rapidement, sans intérêt, aucun). Et puis suivre le bruit des tam-tam, franchement...

Bref tout ce beau monde avance guidé donc par le son des tam-tam (on apprend aussi que tam-tam est un mot invariable au passage, profitez c'est cadeau).
Ce qu'il y a de marrant c'est que le film est en italien (sous-titré fr je vous rassure) mais qu'il a du être tourné en anglais, puisque au beau milieu d'une discussion Gérard se met à parler... anglais ! Le doubleur avait du s'endormir pour le coup...

Notre monteur aveugle continue son massacre en casant des scènes érotiques n'importe comment : hop ! une attaque indigène, hop la nonne bouffée! Et Emanuelle et la blonde decident de se baigner dans un lac. Bien sûr...

Bon ca donnera la plus jolie scène du film, côté erotisme. Mieux, d'Amato dans un élan artistique nous renvoit même humoristiquement notre image à travers un singe venu mater les demoiselles. Le singe arrive, prend des clopes, fume (si si regardez ci-dessous) et se barre lorsqu'elles ont fini. Chapeau bas, mr D'Amato ! 
  

Bon faut pas déconner non plus rapidement la gaudriole reprend ses droits. On a forcément droit à des stock-images pas raccord du tout, du genre

"OH UN CROCODILE !"

suivi de ce type d'image :

OK, j'ai un peu exagéré avec le Mr en jaune, mais l'idée est là, vous m'aurez compris.

Bon c'est pas tout ca, mais arrive les 20 dernières minutes où tout s'emballent (et pas TOUS s'emballent, nuance, parce que justement non). Rapidement les cannibales chopent tout le monde, et mangent l'équipe sauf Emanuelle, Gérard et la Blonde.

Et alors que la Bonde allait se faire bouffer, Emanuelle planquée plus loin à une idée de génie : elle se souvient d'un tatouage de Gisèle et avec de la boue se peint le même sur le pubis. Puis elle sort de l'eau au moment où le premier cannibale allait planter ses dents dans la Blonde et là... stupeur ! tous les cannibales la prennent pour une déesse. Hop ! ouf ! Manu sauve tout le monde et ils se barrent en esquivant quelques lances (oui les cannibales sont cons que 2 min. montre en main, après ils redeviennent lucides, mais trop tard).

Et là, Manu nous sort son petit speech de fin, la larme à l'oeil (et nous pliés en deux) :
"Je n’aurai cru avoir le courage de tirer sur un homme. On dit que les journalistes pour écrire un bon article sont prêts à tout, donc je devrais être entièrement satisfaite puisque j’ai le matériel pour faire un reportage exceptionnel. (Hum!)
Pourtant, ce n’est pas le cas. Manolo Philippe et Salvador, obligés de nous suivre dans cet enfer, comme des esclaves, peut-être à cause de leur pauvreté ou de la couleur de leur peau, et sœur Angela avec sa vocation. Peggy et Donald avec leur mesquinerie… "
Et Gérard de conclure : "Ce n’est pas ta faute, c’est le prix de la civilisation ."

Tout cela préfigurant la thématique de Cannibal Holocaust qui viendra quelques années plus tard.

Bon appétit.

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17 novembre 2006 5 17 /11 /novembre /2006 18:04
"L'Homme a voulu les exterminer, ils prennent leur revanche..."
D'emblée là, on a la trouille. Qui a-t-on bien pu vouloir exterminer ?
Mais des Lapins, pardi !

Le film nous montre donc une équipe de scientifiques (rarement des gars bien, ceux-là dans les nanars), chargée de bosser sur les hormones de lapins pour limiter leur prolifération.
Bon forcément la petite fille d'un des des scientifiques ne supportent pas qu'on utilise ces adorables petits rongeurs comme cobaye, et décide d'en voler un, histoire de sauver celui qui lui plait le plus.
Et là, c'est le drame !
Il ne faut pas moins de 2 min de métrage à la petite fille pour perdre le lapin, qui se barre dans son terrier. Sauf que bien entendu, le lapin en question fait parti des cobayes "ratés" : il va muter jusqu'à devenir géant, lui et ses collègues lapins.

Et voilà donc la petite bourgade menacée par des rongeurs géants, prêt à apporter désolation, terreur, et frénésie sexuelle (y'a un truc en trop là) ... et à DETRUIRE LE MONDE !!!

Les Bugs Bunny de l'Apocalypse est un formidable nanar des années 70 réalisé par William F. Claxton et qui compte quand même la présence de Janet Leigh, célèbre pour s'être fait trucider dans sa douche dans Psychose d'Hitchcock et pour être la mère de Jamie Lee Curtis !

Et donc les lapinous, comment y sont, pépé Stefff ?
Ratés. Mais drôles. Pour sûr.


Il s'agit ni plus ni moins de lapins filmés en gros plan dans des décors miniatures, et ca se voit, donc y croit pas un seul instant.
Parfois, on leur balance une peluche de lapin enflammée (quand des humains tentent de riposter), mais décidément les lapins sont de bien mauvais acteurs, puisqu'ils se barrent dans tous les sens, au lieu de faire une charge mortelle vers la caméra.

Donc du coup, on voit rarement des lapins géants et des humains sur l'écran. Et quand ca arrive ca donne ca :


Autrement dit le raccord le plus foireux de l'histoire du cinéma ! Puisque le ciel de la partie gauche n'est pas de la même couleur que celui de la partie de droite. Mais ca ne dérange personne...

Allez pour la route, je vous montre un humain agressé par un lapin. Attention, une scène d'une violence inouie, écartez les enfants du moniteur...



A la fin, les écolos en seront pour leurs frais, puisque tout le monde sort le fusil et plombe ses saloperies de lapins. On va pas se faire bouffer par des rongeurs !


Il existe en DVD, et c'est tant mieux finalement, chez Warner Bros. Sinon, si vous avez Ciné FX, n'hésitez pas, il passe en ce moment.
Que du bonheur.

Je vous laisse, je vais finir de manger mes carottes.

Cet article a été préalablement publié sur le forum Festnoz ! lien direct
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