Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
10 juillet 2011 7 10 /07 /juillet /2011 09:35

jaquette

« Elle ne saura jamais... pourquoi après un écart de parcours, qu'elle venait de franchir l'infranchissable, la barrière de l'invisible, le territoire des interdits celui d'où personne n'est jamais revenu... Sa dernière et plus longue nuit ne sera qu'une suite d'horrible terreur et d'atroces cauchemars.

La DIABLE a souvent des apparences bizarres, il peut être partout. Surtout là où on ne l'attends pas ! ... »

 

Il existe dans le domaine des nanars tout comme bien d'autres domaines, des classiques, des Everest cinématographiques, des passages obligés. Des moments clés où votre vision du cinéma ne sera plus tout à fait la même après visionnage. « Devil Story : Il était une fois le diable » fait parti haut la main de cette catégorie de films. Véritable maître étalon du film Z, fauché, probablement tourné sous l'influence de  psychotropes, ce film est une odyssée artistique vers des domaines métaphysiques inconnus du genre humain, un truc dont on ne se remet que difficilement...

 Devil Story (1)

Et nous devons cette pépite à Bernard Launois, dont Devil Story fut le dernier film (les gens qui ont fait « ouf » manque singulièrement de politesse, mais sont vachement perspicaces...). Mais attendez un instant que je regarde sa filmographie. Ouh, le vilain polisson, on découvre que l'homme est l'auteur de « Lâchez les chiennes » (1972), « Les dépravés du plaisir » (1974), « Les machines à sous » (1976) (non le titre n'est pas une erreur, il parle bien de prostituées...amies féministes : bonsoir !) et de « Partouzes franco-suédoises » (1978 !). A noter que dans l'interview que Bernard Launois m'a acordé il confirme que les titres ne sont pas de lui. L'homme continua sa carrière dans un autre genre, la comédie burlesque franchouillarde inspirée de la série des Gendarmes de St Tropez. On lui doit « Sacrés Gendarmes » (1979) avec Jacques Balutin, Robert Castel, Sim et Daniel Prévost tout de même. Essai qu'il poursuivra avec « Touche pas à mon bignou » en 1980 toujours avec Sim en goguette en Bretagne. Et c'est donc en voulant changer de style que Bernard Launois vit sa course aux Oscars s'interrompre net.

sacrés gendarmes

Magie d'internet, le site de l'INA a conservé un reportage de FR3 Normandie consacré au tournage du film. Et on y trouve Bernard Launois nous annonçant fièrement « Je pense qu'on peut faire mieux que les américains. C'est une histoire simple, qui fera peur à tout le monde. » Pas de chance l'histoire est incompréhensible et tout le monde se marre. Le lien pour consulter cette pépite : cliquez ici

 

Mais allons-y les amis, découvrons ce miracle du 7ème art...

 

La campagne, un champs, une toile de camping. 

La musique type Bontempi crache ses watts, et un mutant dégénéré surgit de la toile de tente couteau à la main. L'homme n'est visiblement pas bien : non seulement il porte un costume de nazi débraillé, mais il ne cesse de gémir tout en levant les poings au ciel dans une gestuel dramatique digne des Poetic Lovers et Boyz II Men réunis. On devine que la vie n'a pas du lui faire de cadeau à ce brave homme tant sur le plan physique que culturel et qu'il vient d'exprimer toute sa rancœur à l'aide de sa lame. Confirmation rapide puisque nous découvrons un cadavre sous la tente, une fois que notre homme s'est pris les pieds dans les cordelettes (on peut être maître équarisseur et maladroit...).

 

Et là chers amis, le responsable des effets nous donne une bien jolie leçon de simplicité. Comment simuler un jet de sang ? Glissez sous la chemise un tuyau relié à une poire. Remplissez la poire de jus de raisin. Hors champs actionnez la poire pour faire couler le « sang ». Tellement fier de son effet, le réalisateur nous l'inflige pendant au moins une bonne minute en plan fixe. Et nous verrons que la réalisation aime rendre hommage dès qu'elle le peut à ses techniciens... 

 

Pendant ce temps, notre dégénéré commet un autre forfait sur la compagne de la victime, partie chercher du bois (pour le feu ? En plein jour ?), chantante et gambadante. Une telle provocation qui ne peut laisser notre néonazi des temps modernes de marbre : il lui tranche la gorge à mains nues (gasp!) avant de la finir à coups de poing au sol (c'est hargneux, un néonazi dégénéré). L'occasion une nouvelle fois pour le réalisateur de nous caser un plan sur le jus de sang ou de raisin on ne sait plus, qui coule.

 

L'homme à la tête de cul est méthodique : il planque les corps dans un puit. En parallèle le réalisateur filme un cheval noir. Comme ça. Pour faire joli. Il aurait pu choisir un escargot noir, mais non, il prend le cheval. Etrange, mais nous verrons qu'il y a une logique à tout cela. Ou pas. Et le prégénique de finir sur le nazi prenant un fusil pour tenter de flinguer le canasson.

 

Le générique, véritable déclaration d'amour à la musique synthétique (le musicien s'appelle Gérard Delassus, ça ne s'invente pas), nous laisse entrevoir la fabrication artisanale et familiale du film. Car si c'est Bernard Launois qui se charge de la réalisation, il a invité sa petite famille : Chris B. Launois est 1ère assistante, Pascal Launois stagiaire et 2nd assistant, Philippe Launois photographe. 

Devil Story (3)

Mais vite, l'intrigue reprend et ne va pas nous attendre.

Une voiture s'arrête en rase campagne : panne d'essence. L'homme (joué par Bernard Launois) descend avec son jerricane. Et là, « c'est affreux !» , il se dirige vers le monstre pourtant planqué derrière un calvaire pour lui demander innocemment « Euh... vous ne connaîtriez pas une station service ? ». Le monstre déteste l'impolitesse et punie l'homme d'un coup de couteau. Il aime pas qu'on se foute de sa gueule, le monstre. Re-jiclettes de sang, je vous passe les détails. 

 

Pendant ce temps, la petite vieille qui accompagnait notre homme ne semble pas vraiment se préoccuper des évènements. Jusqu'à ce qu'enfin elle sorte de la voiture : hélas pour elle c'est pour se prendre un coup de fusil. Fin de la séquence.

Devil Story (5)

Devil Story (6)

Nous revoilà sur les routes : la malédiction de ce triangle des Bermudes normand continue... Une autre voiture s'arrête, le pneu arrière droit crevé. Voiture qui paraît bien louche puisque si la plaque d'immatriculation avant est française, celle de l'arrière est américaine. A son bord, un couple. Étrange, étrange... Dans les fourrés, un nouveau personnage très important guette : le Chaaaat Diabolique!

Devil Story (7)

Devil Story (8)

On sent qu'il surveille, il observe le couple. Il possède un pouvoir surnaturel : attirer les jeunes femmes vers les falaises normandes : d'étranges éclairs jaunes ajoutés visiblement en post-production guident la jeune femme... Alors forcément un Chaaaaat Diabolique, ça miaule diaboliquement. Sauf que celui-ci a toujours le même miaulement. Toujours le même, comme s'il était enregistré et repassé en boucle, si si.  Et ce qui devait arriver, arrive, puisque le chat saute sur la jeune femme qu'on appellera Josette lui griffant les mains en passant, avant de disparaître. 

Crise de hurlements avant de tomber dans les bras de son chéri :

Lui : « Voyons ma chérie pourquoi cries-tu ?

Josette : Mes mains... regarde mes mains...

Lui : Calme-toi ma chérie, calme-toi... Viens, la voiture est réparée (en moins de 1 min il change un pneu, doit être garagiste, le gars...)

Josette : Ca m'est égal je reste ici !! (fais pas ta gamine, quoi) Je veux pas zaller plus loin ! Je veux rentrer à la maison ! (commence à faire chier la nana quand même) Je rentrerais à pied (ben voyons, avec les mains lacérées) ! Laisse-moi TRANQUILLE !!!! (doit avoir ses ragnagnas, je vois rien d'autre) Je veux mourir ! (ben à la réflexion, y'a un monstre nazi qui pourrait s'en charger apparemment...) Qu'est qu'on est venus faire ici ? Pourquoi on est perdu ? (moi je sais, c'est le chat !)

Lui (super conciliant) : Allez viens je t'en prie. Nous ne sommes pas perdus (c'est vrai, la route est à moins d'une minute à pied). Il y a un village à quelques kilomètres d'ici : nous sommes presque arrivés.

Josette (limite berserk) : ARRIVES ? MAIS on arrive toujours avec toi, mais ON ARRIVE NULLE PART !!! Et mes mains tu les as vu mes mains ? (non mais tu vas voir la mienne dans 1 min) Qu'est-ce que tu veux y faire !!!? (t'inquiètes, dans la bobine suivante, le scénariste aura oublié, alors...)

Lui (mielleux qu'il ferait presque exprès) : Elles sont très bien ma chérie. C'est pour ça que je t'ai épousé »

Le tout sous le regard étrange du Chaaaat Diabolique et son air chafouin...

Devil Story (9)

Le village a beau être à quelques kilomètres, dixit le mari, la nuit est bien tombée entre-temps et l'orage tonne. Les voilà qui arrivent au Palais Bénédictine de Fécamp, très beau monument soit dit entre nous, mais qui sert ici d'auberge. L'ambiance est lugubre, un autre pneu a crevé, le bâtiment est plongé dans l'obscurité, filmé en contre-plongé et histoire d'enfoncer le clou, voilà ty pas la Toccata en Ré mineur de Bach ! (http://www.youtube.com/watch?v=w-QLSPmzMZo ) Coup de chance, il y a des chambres disponibles dans cette auberge tenue par 2 petits vieux :Louise et un vieux dont on ne connaîtra jamais le prénom. Curieusement apparaît un nouvel animal étrange : le Chevaaaal Diabolique qui vient hénir devant l'auberge. Comme pour le chat, il n'a qu'un seul hénissement, toujours le même... Etrange...

 

Pendant ce temps, dans une ambiance délétère, autours d'un pastis, et avec des dialogues super mal joués, les deux vieux commencent sans qu'on leur ai demandé quoique ce soit d'ailleurs, à raconter les légendes locales. Il y a l'incendie de la ferme des 3 chênes sous une pluie diluvienne, la disparition de 3 pêcheurs sur une mer d'huile, et le tout toujours à la même époque, lors de l'équinoxe. Mieux : il y a 100 ou 200 ans (donc en 1886 ou en 1786), un bateau ayant fait escale en Egypte s'est échoué sur la côte, à cause de 5 frères naufrageurs, et on a jamais pu retrouver le navire. Enfin, les descendants des 5 frères ont signé un pacte avec le Diable et il y a une vieille sorcière qui reste cloitrée chez elle avec son fils infirme... ! S'en est passé des trucs dans la région tout de même, hein ! 

Devil Story (11)

Pas étonnant donc que Josette ait du mal à dormir, surtout que le Chevaaaal Diabolique continue à rôder devant l'auberge... Le vieux décide d'aller chasser le Chevaaaal et Josette l'ayant vu partir décide de le suivre à distance, habillée d'une nuisette blanche et d'un ciré jaune. Et comme il se passe toujours un truc dans ce film, QUELQUE CHOSE sort du sol. Où ? Près d'un bateau échoué sur une falaise ! Le bateau contenait en réalité... une momie !

 Devil Story (12)

Josette, à bord de la voiture (elle n'avait pas un pneu en vrac la bagnole ?), part sur la piste du tueur et de la sorcière du côté du cimetière, et fini par se prendre un méga pain de la part du dégénéré...

 

Ailleurs, nous retrouvons le brave autochtone à la lutte avec le destrier noir. Dommage pour nous que toute logique semble annihilée par la réalisation. Car comment expliquer que l'homme soit filmé en pleine nuit noire et en forêt, alors que l'animal est filmé à l'aurore en bord de mer. Curieux, étrange, ce nouvel illogisme nous plonge dans une stupéfaction angoissante, renforcée par un silence musical surprenant (rappelons que l'une des règles essentielles de Devil Story est : dès que ca bouge un peu, on martèle de le synthé).

 

Pendant ce temps, notre tueur traine la jeune femme. On sent bien une tension sexuelle (le ciré jaune, sûrement...). Et là, stupeur : la soricère découvre que Josette ressemble 'achement à sa propre fille. Et dans une logique toute campagnarde, elle annonce avec un accent au couteau : « J'vois pas pourquoi celle-ci vivrait et pas ma fille... » et de dire à son fils dégénéré « Enterre-la! » (rugissement du Bontempiiiiii !). Le brave fils met Josette dans une tombe, mais cette dernière tente d'empêcher le fou de la refermer.

 

Le Chevaaaal Diabolique arrive, toujours avec le même hénissement. Et l'animal est vachard : il met plusieurs coup de sabots au dégénéré, tel un Bruce Lee chevalin. C'est … assez curieux, mais je ne vois pas comment exprimer cela autrement : il semblerait que ce soit un cheval kung-fu ! S'ensuit 30 secondes de plans au ralenti du gars agonisant semble-t-il, se vidant de son sang par la bouche sur fond de rugissements ignobles. Et en fait non, il se relève pour prendre un nouveau coup de la part du cheval, qui lui décalotte ainsi une partie du crâne et de l'oeil (quand je vous disais qu'il était vachard !). Re-30 secondes de ce que vous savez (non parce que bon s'agit de faire durer le plaisir tout de même, hein, tant qu'à tourner autant faire plaisir au public...).

 

Et alors qu'on y croyait plus, un dernier coup propulse l'homme contre un mur de pierre qui s'écroule sous son poids et sur la vieille sorcière. D'une pierre deux coups, comme dit l'adage. Josette et son ciré se disent alors que ça serait pas mal de se barrer maintenant (pas con). Mais, pour notre plus grande surprise, la vieille accroche la botte de Josette. Et à ce moment, Josette choppe la grille du caveau et la balance sur la vieille pour la transpercer ! Le fer forgé n'est plus ce qu'il était les amis, il a perdu en poids ...

Devil Story (14)

Mais que devient la momie dans cette histoire ? Et bien la voici qui vient ouvrir une tombe et en extraire une jeune femme en robe blanche. Josette se planque, mais elle fait un peu de bruit : la voilà repérée, obligée de fuir (à 4 pattes, nous gratifiant d'un chouette plan culotte sous le ciré, très rare au cinéma, si si). Mais on n'embobine pas aussi facilement une momie, et Josette doit lutter pour éviter de se faire attraper. Elle finit ainsi par chuter, je vous le donne en mille, Emile : sur le corps du fiston dégénéré (ah bah comme par hasard), qui pour le coup se relève. Et le cheval, vous interrogez-vous fiévreusement ? 

 

Il est retourné dans la prairie esquiver les coups de fusil de notre brave autochtone, à la seule différence prêt que maintenant il fait jour. Mais rien n'y fait, aucun tir ne l'atteint. Comme quoi, l'alcool fait bien des ravages en campagne, on ne le dira jamais assez. 

 

Mais laissons-là notre canasson espiègle, et retrouvons Josette gambadant dans les champs au petit matin, poursuivi par le dégénéré nazi. Logiquement, le clavier Bontempi se remet en marche pour le plus grand plaisir de nos oreilles maintenant par trop habituées. Josette finit par trouver sa voiture, abandonnée sur le bas côté de la route  avec les clés sur contact. Probablement un coup du Triangle des Bermudes. A moins que le Chevaaaaal sache aussi se servir d'un cric ?

Josette essaie alors d'écraser son assaillant, et finie par le planter contre un arbre. Re-agonie rugissante de 30 sec, il va s'en dire... Et Josette pendant ce temps ? Ah c'est qu'elle est loin d'être conne, elle a matté des films d'horreur, la Josette : la voilà aspergeant d'essence le pauvre dégénéré avant de l'immoler (« Meurs ! Pourriture communiste ! » ou plutôt nazie...).

 

Josette fuit en bagnole, mais finie par tomber en panne (j'vous l'avais bien dit, le Triangle des Bermude normand...) devant ... le Chaaaat Diabolique ! 

 

Curieusement, Bernard Launois invente là un procédé cinématographique inédit : le flashback incohérent (à moins que ce ne soit un coup du Chaaat) : on retrouve le corps du dégénéré non-brûlé au pied d'un arbre et Josette le ré-asperge d'essence sans lui mettre le feu pour autant. Puis elle tente de redémarrer la voiture, et qu'entendons-nous provenant des bois ? Des coups de feu ! Qui surgit d'un petit sentier ? La momie et sa copine... Si vous ne comprenez plus rien, ne consultez pas. Je crois que personne ne comprend plus quoique ce soit à partir de là. Josette fuit les momies, et se dirige vers les coups de feu pour tomber sur, bien sûr, l'autochtone au fusil. 

 

Elle : « Vous aviez raison, Monsieur, j'ai rencontre une vieille !

Lui : Je sais ! Mais ça ne m'intéresse pas. C'est l'animal qui est toute la clé du mystère !

Elle : La momie, Monsieur, elle vient vers nous ! Je vous en prie, faites quelque chose... »

Et lui de poursuivre ses tirs sur le cheval, qui s'amuse comme un fou à tourner autour.

 

Enfin, il finit par l'avoir : il aura mis le temps. Manquait donc la Momie et sa cop', qui finissent par arriver et tout le monde finit par se retrouver devant l'épave du navire de la Momie, échouée sur les rochers. « Je l'savais ! J'avais toujours dis que le bateau était là ! » lance l'autochtone. Bon en même temps, rien ne l'empêchait de le signaler à la gendarmerie du coin depuis un paquet de temps, mais bref, passons. L'homme de s'énerver « Ses trésors sont à moi ! Ses richesses ! Je suis le Maiiiître ! Le Maiiiiiiiître ! ». Et Josette de prévenir le malheureux : « La Momie, Monsieur, elle vient vers nous ! »

 

Comment décrire le combat qui s'en suit ? Certes, la Momie bouge beaucoup moins vite que le cheval, mais elle en a rien à foutre des balles, elle. Du coup, elle fout une branlée au vieux en l'égorgeant à main nue (fort, ça !) puis en lui marchant sur le bidon (ce qui visuellement parlant, fait ressortir du gars la viande achetée par l'équipe des effets spéciaux au Prisunic du coin).

Devil Story (15)

Josette pragmatique récupère le fusil et les munitions. Et là croyez-le ou pas, mais de vieux barils de poudre tombés du bateau traîne dans le coin : Josette vise et BOUM !!

 

Josette se réveille. Tout ceci n'était qu'un cauchemar. Mais le chaaaaaat est sous le lit... Et le ciré dans la salle de bain ! Josette part se promener seule, son mari étant allé au village changer le pneu. Elle finit par revenir la où se trouvait le bateau mais il ne reste plus qu'une plaque à son nom : « Le Condor ». Et le chaaaaaaaaaaat du Diable attaque Josette, qui tombe par terre, et est ensevelie dans le sol.

 

Dernières scènes : un nouveau couple arrive à l'auberge, le vieux est toujours là, et la sorcière et son fils dégénéré repassent devant l'auberge. Lapin compris...

Partager cet article
Repost0
2 mars 2009 1 02 /03 /mars /2009 21:41
Bon, on va faire ça vite et bien, parce qu'on est entre gens de goût.

Alors le Transporteur III c'est la grosse daube de ce début 2009, tout bêtement. Je me rappelle encore avoir entendu il y a quelques mois : "Le Transporteur III c'est mieux que Quantum of Solace !". Ben on a pas du voir les mêmes films ! Car si Quantum... n'est pas le meilleur des Bond, le Transporteur III s'avère un nanar royal !

On retrouve Frank Martin qui s'est bien fait eu ! Car le voilà obligé de transporter une jeune fille en Europe de l'Est à cause de mafieux méchants qui veulent que son papa ministre signe des papiers pour leur permettre de déverser leurs déchêts toxiques dans n'importe quel port.

Et c'est parti pour des poursuites (enfin, UNE poursuite), des combats à mains nues (enfin, UN combat à main nue), et des bagnoles qui font vrouuuum (enfin, UNE voiture qui fait vrouuuum). Car Luc Besson qui produit le film nous la joue à l'économe sur le Transporteur III. Tout le budget a du partir dans la bagnole.

Du coup, les acteurs tirent la gueule, normal.
Jason Statham tente par quelques moues de nous montrer que son personnage évolue ("Les règles ont changé", comme le dit l'affiche, tu comprends !!). Natalya Rudakova qui joue la jeune russe est tout bonne insupportable avec ses deux expressions faciales. Et Robert Knepper se croit toujours dans Prison Break.

Bon, les acteurs sont nazes, on va pas en faire un plat, me direz-vous. Mais même l'intrigue ne tient pas debout : pourquoi des mafieux s'ennuient à embaucher de force un "transporteur" pour traverser l'Europe, alors qu'ils pourraient finalement le faire eux-même le taf, non ? Luc Besson et Robert Kamen devaient bien trouver une accroche, et remarquez qu'ils s'y sont mis à deux pour la trouver. Wow, ça laisse songeur...

Olivier Megaton en fait des méga-tonnes. Oui elle est facile, et elle n'est même pas de moi, je l'ai lu sur le net. Bref. C'est du clip à longueur de temps, avec des plans qui ne durent pas plus de 2 secondes, histoire de cacher la misère des combats. Mention spéciale au combat à main nue où Statham se déssape pour frapper ses adversaires. Ridicule. Idem lorsque notre beau héros poursuit une voiture avec... un vélo. Trop fort !

Le pire reste l'ensemble grossier, facile et putassier. Rudakova ne cesse de tirer une tronche de vilaine petite fille tout en sortant des menus de restaurant. La relation avec Frank est ridicule, et les dialogues tout en harmonie. Les incohérences pleuvent : une voiture plongée dans un lac en ressort en parfait état de marche, Frank prend le temps de passer un coup de fil alors qu'il est sur le point de se noyer... Pire, même le réalisateur n'y croit. Il passe son temps à ridiculiser son personnage avec des pauses idiotes (le début et la fin, limite bob Ricard).

Fuyez cette sombre daube.



Partager cet article
Repost0
6 novembre 2008 4 06 /11 /novembre /2008 14:59
C'est dernier temps je me fais une petite réserve de nanars. J'écume les Easy Cash, les Max Plus, les Bazaar Land, dans l'espoir de trouver quelques friandises ringardes mais si drôles. Et souvent la pêche s'avère fructueuse, même si il faut en passer du temps. Car mine de rien, la dernière fois, j'ai bien passé 1 h à chercher, traquer, guetter le moindre dvd nanaresque.

Allez hop, histoire de faire un petit teaser des prochaines chroniques à venir (n'en doutons pas!) sur Tortue Géniale le blog.


Les Guerriers du Bronx 2


Rebirth of Mothra I & II


Nabonga

Partager cet article
Repost0
1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 15:40

Il est de ces expériences cinématographiques bis dont on ne se remet pas et Mondo Cannibale en fait parti.

Nous devons ce magnifique exemple de cinéma somnifère à notre bien aimé Jesus « Jess » Franco, dont je vous ai déjà parlé avec « Une vierge chez les morts-vivants ». Alors allons-y gaiement, amusons-nous avec un film de cannibales pas comme les autres, car produit par EuroCiné, un gage de qualité (et cocorico, c’est une production franco-espano-allemande, il fallait bien 3 sources de financement pour acheter la charcuterie chez Mimile le boucher du coin).

 

Comme souvent avec Jess Franco, le film a été victime de retitrages sauvages et abusifs. Si Mondo Cannibale surfe allègrement et opportunément sur la vague des films de cannibales type Cannibale Holocaust, Franco aime à bouffer à tous les rateliers. Aussi, il s’est senti d’intégrer un soupçon d’érotisme, ça ne fait jamais de mal, après tout, et les titres s’en porte que mieux. Donc Mondo Cannibale s’appelle selon les jaquettes : Sexo Canibal (on gagne en sexe ce qu’on perd en « n »), White Cannibal Queen, parfois sobrement Cannibals, Une fille pour les cannibales, au Québec il s’intitule L’Emprise des cannibales, et enfin parfois l’appelle Barbarian Queen (sans raison puisqu’il n’y a aucun barbare dans ce film). Une belle brochette de titres, qui mettent en condition et donne une furieuse envie de dévorer à pleines dents ce monument du cinéma Zoporifique.

 

Générique : un plan fixe d’une jungle avec un fond musical ridicule que même François Feldman ferait mieux.

Et puis nous sommes à bord d’un bateau qui suit une côté sauvage mais c’est difficile à dire puisqu’un coup c’est une rivière, un autre un fleuve, et parfois un confluent. Le professeur Taylor, que j’appellerai Bob (ça sera plus commode) est un scientifique explorateur qui est accompagné de son épouse et sa petite fille. Et puis il y a aussi Gérard et sa casquette particulièrement attentif : il sent que quelque chose va se passer et il sait qu’il y a des cannibales dans le coin.


Gérard à la casquette en mode surveillance

Bob Taylor : "Je vais descendre te chercher un café" (avant que tu te fasses bouffer...)

Bob et sa conjointe papotent (« je vais descendre te chercher du café ») quand des cannibales envahissent le navire, dévorent la femme de Bob. Shocking ! Une scène effroyable non pas par sa violence, mais par sa lenteur. Imaginez donc une succession de gros plans couleurs sépia filmés au ralenti, dans lesquels on aperçoit vaguement la bouche de la victime, parfois les dents d’un cannibale, et si on a un peu de chance et qu’on visionne le film un vendredi 13, on verra un peu de bidoche. Rien d’effrayant, sauf que c’est long puisque Franco étire l’action sur 5 bonnes minutes montre en main. On en vient à bénir le type qui a inventé la touche « avance rapide » !

Le premier cannibal d'origine européenne agissant dans une contrée sauvage...

C’est pas le tout, mais l’action avance et il faut en profiter car ça ne sera pas toujours le cas dans ce film ! Nos chers cannibales ramènent Bob et sa fille dans leur camp. Pour fêter ça, il découpe le bras de Bob, un geste qui ne sera pas sans conséquence dans la logistique du film comme on le verra par la suite puisque du coup notre héros se retrouve manchot 15 minutes après le générique. Bon sang 15 minutes, encore 1 h 15 de métrage ! Ca va être long.

Ca va couper, chérie...

La visite du camp est pour nous l’occasion de découvrir que Franco a réellement créé un univers cannibale transcendant de réalisme. Non seulement tous les figurants sont de type caucasien : imaginez vos voisins de palier habillés en pagnes et maquillés par votre petite nièce, vous aurez une idée du truc. Franco rajoute 2-3 crânes factices, limite s’il n’a pas oublié l’étiquette du prix, et shoote le tout dans un parc, à en juger par la régularité des arbres. On est loin de la jungle vierge, de l’Amazonie farouche qui aurait pu dissimuler la tribu aux yeux de notre civilisation. Mieux : Franco, en anthropologue du dimanche, invente une langue pour ses cannibales et, afin qu’on comprenne quand même un minimum, glisse 4-5 mots français dans le bouzin. Résultat : un joli « atahuglabu-ho-ho-rigali-polu-manger-étrangers-blancs-yaba-chicani etc.» qui nous permet de comprendre que ces cannibales sont des fins gourmets malgré leur aspect assez rustre.


Le cousin Gilbert tout fier de son crâne acheté à Prisunic

Je vous le donne en mille : Bob réussit malgré tout à s’échapper car il maîtrise très bien les nœuds avec ses orteils. Non parce qu’avec une seule main, c’est d’un coup plus dur, faut bien dire. Et Bob de filer, abandonnant sa fille à la tribu qui l’a déjà considère déjà comme la « ata-oto-goulo-boulu-triflui-Déesse-Blanche-yazer-filgac » et j’en passe.

Bob retourne donc à la civilisation (jolis films urbains de la collec’ de vacance de Franco) et son témoignage dérange semble-t-il puisque personne ne veut le croire. Pourtant un bras en moins on aurait pu penser que, mais non. Et là démarre le festival des effets spéciaux, puisque notre héros Bob va devoir faire tout le film, je dis bien TOUT le film avec un bras en moins,et nous infliger des effets tous aussi pourris les un que les autres.

On commence à l’hôpital avec un effet misérable mais efficace. Et ouais, le bras sous la couverture, ça marche toujours c’est un grand classique. Mais l’illusion ne durera malheureusement pas puisque Franco va demander à l’acteur de se trimballer un pauvre boudin pendant toutes les scènes du film. Pas de chance ça se voit et c’est ridicule.

Et hop le bras sous la couverture, un effet spécial saisissant de réalisme (tout est dans le choix de la couverture) !

Oui j'ai un boudin à la place du bras, et alors !

- Mais dites, Bob, vous ne vous fouteriez pas de ma gueule concernant ce bras amputé ?

Salaud de scénariste ! Tu pouvais pas me faire amputer 3 minutes avant la fin, bordel !

Mais revenons à l’intrigue. Un flou artistique embrume le scénario : nous sommes quelques années après que la fille de Bob ait disparu. Mais Bob lui n’a pas vieilli. Sa fille, Lena, est restée dans la tribu et est devenue la femme du chef, et accessoirement la Déesse Blanche. Ne le cachons pas, Lena c’est l’élément sexy qui va permettre à Franco de refourguer son film un peu partout. Pourtant pas de quoi s’emballer : si l’actrice est fort mignonne, autant dire que jamais Franco n’arrive à rendre Lena sensuelle ou érotique. La faute à un éclairage trop sombre qui ravage toute les pellicules. C’est bien simple, par moment on ne voit même pas ce qu’il se passe. Pire : lors d’une scène érotique, l’actrice à l’air de s’ennuyer sévère.

La vie sexuelle des cannibales : je suis contre simuler l'orgasme et je le prouve !

 Un des rares plans téton correctement éclairé

 

Bob veut monter une expédition pour retrouver sa fille, mais personne ne veut le croire hormis une infirmière. Reste la bizarre directrice de l’hôpital qui invite Bob à raconter son périple dans le parc, non pardon la jungle décidément je ne m’y ferais pas. S’en suit une scène hallucinante : Bob débarque devant la directrice et Charles son amant comme un cheveux sur la soupe, pendant que les deux hôtes picolent du champagne s’échangeant des clins d’œil coquins. Ils doivent partager pas mal de perversions ces deux-là puisque la directrice ne cesse de se frotter à une poutre pendant tout le dialogue avant de renvoyer Bob dès qu’il mentionne les cannibales («Allons, faites-vous soigner ! »)

La poutrophilie de sa compagne laisse Charles visiblement de marbre.

Bob, déçu, s’accroche tout de même à son idée et part avec l’infirmière sympa chercher un guide dans un bar pas loin de la jungle des cannibales ; enfin du moins on le suppose, puisque Franco nous case un stock-image de bateau, puis un autre d’avion, puis, attention attention c’est le festival de stock-images, une succession de plan d’oiseaux tropicaux. A croire que Franco en avait en réserve : il aurait du savoir pourtant que quand c’est trop, c’est tropicaux.


Les conseils de pépé Franco : en vacances, prenez toujours votre caméra avec vous !


Au premier plan, le film de vacance de Franco.
En fond, la terrible jungle vierge qui cache les cannibales...

Sauf que le guide refuse de se faire bouffer tout cru par les cannibales. Bob s’énerve et le dialoguiste se lâche : « d’accord j’ai compris. Personne ici n’a des couilles ! Allons personne ne veut m’aider ici ?!!! ». Un Charles salvateur surgit :


et s' explique : "Je sais qu’au fond mon sens de l’humour est difficile à comprendre… mais au fond je ne suis pas un mauvais bougre. L’histoire que vous nous avez raconté m’a beaucoup ému et c’est pourquoi nous avons décidé de vous aider : on a réunit absolument tout ce qu’il vous faut pour entreprendre votre expédition."


Sauf que ce que Charles n’a pas dit c’est que l’expédition ressemble à un camp vacance puisque tous les membres du groupe passent leur temps à s’amuser sous l’œil exaspéré de Bob. Le pire reste quand un groupe de donzelles dansent lassivement à bord du bateau sans qu’on comprenne réellement pourquoi sinon que ça permet de faire un plan sensuel… si l’éclaireur faisait convenablement son boulot, parce que pour apercevoir un peu de chair, il faut vraiment vraiment scruter l’écran attentivement et espérer que l’un des demoiselles passent devant une fenêtre. N’empêche qu’il est vraiment étonnant de constater que le réalisateur n’apporte même pas d’attention à ce genre de « détail » technique, pourtant essentiel…

Ces dames chassent le cannibale. Si si ...

S’ensuit 30 trop longues minutes de marche dans la jungle. Au détour du parc qui constitue l’unique décor de ce périple (encore une fois), l’expédition trouve une main en plastique. Les membres du groupe comprennent rapidement que finalement c’est pas si marrant comme balade lorsqu’ils tombent sur un hameau dévasté par nos cannibales. Forcément le groupe de scinde, se perd, revient sur ses pas, se re-perd, ne retrouvent pas les voitures, et ça dure, ça dure, ça dure…

La forêt vierge selon Jess Franco

Jusqu’à ce qu’enfin, ô miracle du cinéma, ils trouvent le campement des cannibales et la Déesse Blanche non sans deux-trois scènes de bouffes barbaque sur fond sépia, je vous laisse reprendre le descriptif de tout à l’heure puisque c’est pareil. Pas de chance pour Bob, Lena ne le reconnaît pas tant elle est imprégnée de la culture tribale. Bob décide donc de se barrer en enlevant la belle, tout en laissant le groupe se débrouiller.

Ben oui, mais bon se trimballer sa fille réticente avec un bras en moins et un boudin en plus, c’est pas simple. Et Bob se rattraper par la tribu ce qui nous amène à la scène finale : le chef de la tribu veut affronter Bob dans un combat à mort pour décider qui gardera Lena. Voilà donc le final : une bagarre dans la flotte entre un chef de tribu et un Bob amputé. Heureusement Bob maîtrise le coup de boule et vient assez facilement à bout du chef, qu’il épargne le laissant repartir avec sa tribu. The End. Ouf, fin du massacre.

Combat à mort pour le coeur de Lena : l'indigène est désavantagé car il n'a pas de boudin à la place du bras, lui...

Mondo Cannibale c’est finalement l’anti-thèse d’un film : pas de scénario, pas de comédiens, pas de réalisateur, pas d’équipe, pas de décors, pas de budget. Et pourtant au final, on a un film. Mais quel film ! Un « truc » impossible à regarder sans la fonction « avance rapide » de votre lecteur ; une « chose » impossible à supporter sans un bon ami à côté de vous pour rire. Un conseil : ne vous y risquez pas seul.

 Merci de votre attention, et à une prochaine fois pour un nouveau nanar.

Partager cet article
Repost0
21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 15:59
Pour la première fois dans la série, le cinquième volet est la suite directe du précédent, à la fois dans l'intrigue mais aussi et malheureusement niveau qualité... Mais avant tout, mea culpa, honte à moi qui critiquait l'orthographe du titre à la fin de la précédente chronique. Je pensais qu'on écrivait "rave mortelle" et pas "rave mortel" comme spécifié sur la jaquette. Or, j'ai découvert depuis qu'au Québec, le mot rave est masculin (pour s'en assurer, faites un tour ici).

Le méchant oncle de Julian s'est évadé avec une cuve de trioxyne, bien décidé à la revendre à des mafieux de la pire espèce. Julian de son côté, découvre d'autres cuves dans la maison de ses parents. Intrigué, il confit l'analyse à son pote black scientifique, et rescapé du quatrième film, mais bien débile puisqu'il a l'idée de concentrer la trioxyne sous la forme de pillules, soit disant hallucinogènes. De l'extasy par chère en somme ! Le pote de Julian répand sa dope sur tout le campus, ignorant qu'à forte dose, ses pillules transformeront les étudiants en zombis. Et vous savez quoi ? Une super méga teuf est bientôt organisée à l'occasion d'Halloween. Et revoilà la bande à Julian repartie à la chasse aux bouffeurs de cervaaaaaux...

Le réalisateur, Ellory Elkayem, semble n'en avoir absolument rien à foutre et tout part en vrille au bout d'une heure. Comme si l'équipe du tournage s'amusait à balancer idée sur idée, sans prendre le temps de réfléchir à la cohésion du tout. Aussi on a droit à un peu tout et n'importe quoi : des rats zombis, des men in black costumés en vikings pour la soirée d'Halloween, un gouvernement prêt à balancer des missiles pour détruire les zombis au milieu d'un rave géante, un zombi (un de ceux qui fait de l'auto-stop, etc. Un foirage général et complet, joyeux certes, mais qui montre à quel point le réalisateur se fout pas mal du respect de la licence.

Les 2 seules idées du métrage reste donc cet amalgame drogués=zombis et l'apparition des morts-vivants dans une rave. Pour la première, Elkayem a la politesse de ne pas asséner sa morale à coup de marteau lourdingue (se droguer c'est pas bien !) ; c'est toujours ça de pris.
Quand aux zombis agissant dans la rave (pardon, LE rave), comme tout le concept du film repose là-dessus, on ne peut qu'être déçu. C'est pas le pied escompté, surtout qu'il y avait moyen de faire beaucoup mieux à mon avis : l'histoire aurait pu créer une vraie tension dramatique. En l'état, c'est plutôt la grande gaudriole bien lourde.

Gâchi intégral, nanar moderne, Rave to the Grave risque donc fort de signer l'arrêt de la licence. Mais bon les morts-vivants, on le sait bien, finissent toujours par revenir. Pour constater l'empleur des dégâts, n'hésitez pas à taper le titre dans Youtube, vous verrez par vous même...

Partager cet article
Repost0
19 avril 2008 6 19 /04 /avril /2008 11:37

Brian Yuzna a placé la barre assez haut dans le Retour des Morts-vivants 3. Non seulement le réalisateur réalisait alors le meilleur opus de la saga, mais en plus développait des thèmes originaux et personnels. C’est à Ellory Elkayem (Eclosion, Arac Attack) qu’incombe la délicate tâche de faire aussi bien que son prédécesseur…

Hybratech est une grosse corporation aux projets très variés (chimie, nourriture, jeux vidéo) ; dont la récupération des cuves de trioxyne dispersées sur le territoire américain. Mais ce travail n’est pas aussi altruiste qu’on pourrait le croire : Hybratech travaille en secret à la conception de zombies robotisés en tant qu’armes de guerre !
Alors qu’un de leurs potes (seulement inconscient) risque d’être utilisé comme cobaye, Julian et sa bande décident d’aller le libérer du centre de recherche. Et c’est parti pour de nouvelles aventures…


Si Elkayem reprend le thème du zombi arme de guerre du troisième épisode, il fait table rase du passé. Fini donc l’humour des deux premiers volets, oubliée la zombie sexy et sentimentale, terminé les messages écologiques. Elkayem ne produit qu’un simple spectacle calibré pour adolescents : ici on ne réfléchit pas un seul moment, non on préfère se délecter du spectacle d’ados tirants dans les crânes des morts-vivants (le même type d’effet spécial est repris une dizaine de fois). Pire, le film met 50 minutes à introduire l’histoire, et sur 1 h 20 (on frôle le court-métrage), ça fait très très long : le sommeil menace de gagner.

Le Retour des Morts-vivants 4 ressemble plus à un jeu vidéo qu’autre chose. Les héros avancent dans les couloirs du centre, tirent sur des zombis, n’ont plus de balles, combattent à mains nues, retrouvent des armes dans une réserve, retirent sur les zombis, recourent dans les couloirs, n’ont plus de balles… jusqu’au boss de fin de film : les parents soi-disant décédés de Julian transformés en machines de combat, sulfateuse ou scies circulaires en guise mimines (merci Nemesis de Resident Evil !). Bref ça ne va pas chercher bien loin.

Si encore les personnages étaient attachants. Notre « Scoobydoo gang » est composé d’un jeune homme rebel (motard, attention !), d’une latino sérieuse, d’une bimbo (qui fait dont de son corps pour aider l'équipe à pénétrer le centre), d’un black intello, d’un garçon manqué, et d’un enfant technicien (il construit un lance-flamme dans le dos de son oncle). Bien sûr, lorsque ces gamins tombent sur des fusils mitrailleurs, tout le monde ou presque sait s’en servir et se délecte à mitrailler tout zombi qui bouge : à croire que la National Rifle Association a financé le film…

Et pourtant on tenait là la possibilité d’un joli mélodrame avec cette histoire de parents zombis transformés en cyber-soldats : la confrontation avec leurs enfants pouvait donner lieu à des scènes intéressantes. Mais non, le réalisateur applique bêtement le cahier des charges du film de zombis. Et encore pas très bien, puisque les morts-vivants sont soit idiots soit très intelligents et capables de paroles. Comme ce copain de Julian revenu d’entre les morts pour se venger car il pense qu’il se tape sa copine. Et hop une scène de combat à main nue, bla bla en prime, alors que bon c’est bien connu les zombis c’est le cerveau qu’ils veulent…

Bref, Le Retour des Morts-vivants 4 : Necropole est un foirage complet, qui vu le final (l'oncle se barre avec une cuve de trioxyne) appela une suite : Le Retour des Morts-vivants 5, sous-titré « rave mortel ». J’aurais écrit « mortelle » pour ma part, mais je reprends la jaquette texto. Perso la v.o. me fait aussi beaucoup rire : « Rave to the Grave ». Chronique à lire bientôt ici même bien entendu (et ça c’est du teaser !) .

Partager cet article
Repost0
17 avril 2008 4 17 /04 /avril /2008 09:35

Lorsqu’il réalise le Retour des Morts-Vivants 3, Brian Yuzna annonce la couleur : « J’en ai plus qu’assez des comédies horrifiques ! » (in Mad Movies n°87). Fini donc la gaudriole, Yuzna revient vers le film de zombis horrible, saignant. Mieux encore, le réalisateur va révolutionner une saga pour le moins « pépère »…

Curt et Julie sont un couple d’ados et promettent de ne jamais se quitter. Alors après que Julie décède dans un accident de moto, Curt décide d’exposer sa fiancée à la trioxyne, une fumée toxique capable de ramener les cadavres à la vie. Facile : son père est le chef de la section militaire chargée d’un projet visant à créer une arme fatale : des zombis dans des exo-squelettes. Julie revient sous la forme d’une zombie à peu près consciente, mais à la faim dévorante : cerveeeeaaaauuuu…

Yuzna apporte deux idées intéressantes au film.

Les zombis font presque pitié, transformés en chair à canon pour le compte de l’armée. Certes, Romero avait déjà utilisé l’idée dans le Jour des Morts-vivants et son célèbre Bubu. Mais on ne peut que s’indigner : dans le Retour des Morts-Vivants 3, les militaires sont bien moins humains que certains humains… La pitié va s’accentuer grâce à un personnage précis, une idée cette fois-ci originale et inédite dans un film de zombi.

Questions sentiments, Yuzna en développe un rayon à travers le couple inhabituel Curt/Julie. Car c’est bien cette idée de romance au pays des zombis qui fait la force du film. Julie, mort-vivante tiraillée entre les sentiments et les sensations disparus et la chair nourricière, est fascinante. L’amour et la mort (Dellamore, Dellamorte histoire de faire une référence) sont des thèmes universels, Yuzna les fusionne dans son film ! Julie, interprétée par une épatante Mindy Clarke, devient adepte du piercing, de la scarification, s’enfonce du verre sous la peau avant de faire l’amour avec son Curt. On connaissait Yuzna cinéaste de la chair pervertie (cette thématique traverse son oeuvre, de Society, Reanimator à From Beyond), et avec ce thème il trouve un moyen de poursuivre les idées de La Fiancée de Réanimator (déjà, l’amour, la mort).

Alors certes, le film connaît un passage à vide vers la moitié du métrage, comme si le réalisateur devait temporiser pour éviter de vendanger ses idées. Le dernier quart d’heure n’échappe pas non plus au grand-guignol (travers déjà présent dans La Fiancée de Réanimator), mais l’ensemble emporte l’adhésion haut la main. Non seulement Yuzna ne prend pas les amateurs pour des idiots, mais introduit des thèmes intéressants tout en conservant le côté un poil « comics » et sexy du premier épisode. Etonnant que d’autres ne se soient pas engouffrés dans la brèche ainsi ouverte, le Retour des Morts-vivants 4 tirant vers le bas une saga qui connaissait avec ce troisième volet le meilleur.

Partager cet article
Repost0
17 avril 2008 4 17 /04 /avril /2008 06:57

Trois après le premier volet initié en 1984 par Dan O’Bannon, une suite au Retour des Morts-vivants est engagée. Dès les premières images, le principe de ce remake est évident : du comique, toujours du comique !

Décidément l’armée américaine doit être principalement constituée de crétins si l’on en croit les films d’horreur. Non parce que perdre une cuve contenant des morts-vivants au cours d’un transport, je veux bien, mais ne pas s’en rendre compte arrivé à destination c’est très fort.
C’est donc un groupe de jeunes adolescents qui vont mettre la main sur la fameuse cuve. Bien sûr ils vont prendre un malin plaisir à l’ouvrir. Bien sûr le zombi ainsi libéré va faire des ravages et la trioxine, la fumée toxique qui réanime les cadavres va se répandre… dans un cimetière ! C’est reparti pour un tour…

Le Retour des Morts-vivants 2 n’est pas tout à fait la suite du premier. Pour mémoire, à la fin du précédent, l’armée américaine règle définitivement le problème des zombis (et des héros) avec une bombe nucléaire. Donc pas de traces des loubards, ni des employés de l’entrepôt pharmaceutique. Pourtant nous retrouvons bien les deux acteurs principaux (Thom Mathews et James Karen pour info), mais dans des rôles nouveaux : de misérables pilleurs de tombes. En plus d’une fin identique pour James Karen et d’un zombi cuvée 84 identique, une ligne de dialogue fait une discrète allusion au premier épisode (« Je pensais qu’on en avais terminé avec les cadavres »). Bref, le Retour des Morts-vivants 2 remet le compteur à zéro sans véritablement tenir compte du précédent.

Le trait d’union est à chercher du côté de la gaudriole, et là on est servi. Le gros problème est que le réalisateur privilégie bien trop l’humour à l’horreur. L’équipe de héros est constituée d’un jeune réparateur du câble, d’une lycéenne et de son petit frère, le plus malin du lot car c’est lui qui impulse les décisions du groupe et sauve tout le monde au final. Du coup, on y croit plus vraiment à cette invasion de zombis (déjà que… bon bref), surtout qu’on sent que côté horreur la production ménage le spectateur. Peu de sang (le plus souvent jaune), des zombis mis dans des situations comiques, voire ridicules quand une main fait un doigt aux héros ou dans la scène finale, parodie évidente du clip « Thriller » de Mickaël Jackson. L’amateur de films bien saignants peut se sentir trahi et il a totalement raison : jamais le genre ne semble pris au sérieux.

Dommage que la production n’ait retenu du premier film que le comique : la morale écologique n’est qu’un rabachage du premier volet sans aucun changement. Quant à la touche sexy, elle semble totalement abandonnée, et c’est bien dommage crie le petit cochon qui sommeille en moi. A ce stade, il semblait que la licence (car il faut bien l’appeler ainsi) était au point mort (pas fait exprès, désolé). C’était sans compter Brian Yuzna et un troisième opus terriblement original…

Pour finir, parlons affiches de ciné. Dans sa version originale, l’affiche du film inspirera 2 ans plus tard celle de « Vampire, vous avez dit vampire ? » (voir ci-dessous).
Quand à la France, l’éditeur avait du confondre avec un Police Academy et lâche ses plus gros comiques sur l’affaire, jugez plutôt : « Mourir revenir, Le retour des Morts-vivants 2. Cette fois, ils trépassent les bornes… » Ouarf, ouarf, qu’est-ce qu’on se marre…


 

Partager cet article
Repost0
14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 19:07

 

La gestation du Retour des Morts-vivants fut pour le moins compliquée.

En 1984, Tobe Hopper est pressenti pour réaliser le film, mais se désistant au dernier moment, la production appelle à la rescousse Dan O’Bannon, le scénariste d’Alien, derrière la caméra pour shooter son premier long métrage, un film de zombies.

John Russo, le co-scénariste de La Nuit des Morts-vivants/Night of the Living Dead, en a écrit le script. Mais voilà que Georges Romero himself, craignant qu’on fasse de l’argent sur le dos de son film, pose problème à la production. Il faudra un jugement pour établir le titre définitif : Le Retour des Morts-vivants/The Return of the Living-dead. Notez le trait d’union qui fait toute la différence (en version originale seulement qui plus est) …

Bref Dan O’Bannon se retrouve au milieu d’un sacré chantier, d’autant plus qu’il souhaite faire un vrai film d’horreur alors que les producteurs voudraient un film plus grand public. Et O’Bannon de découvrir après 6 semaines de montage que la production a « corrigé » son film pour une version appuyant sur les effets comiques. Curieusement, au final, le film fonctionne plutôt bien, à condition de le prendre pour ce qu’il est : une agréable série B comico-horrifique. Et l’on va voir que derrière cette façade grand-guignolesque, on retrouve quelques éléments forts intéressants…

 

Nouveau job pour Freddy : travailler dans un entrepôt de produits médicaux de Louisville. Son vieux collègue lui propose de visiter les lieux, et surtout l’attraction principale : une cuve contenant un mort-vivant capturé par l’armée. Maladroits et idiots, les deux hommes libèrent le zombie. Seul solution pour s’en sortir : brûler le mort-vivant à la morgue de l’autre côté de la rue.
Sauf que le produit toxique libéré par la cheminée suite à la crémation du monstre se répand dans le cimetière voisin grâce à la pluie battante d’un orage.
Dans la rue, le reste de la bande à Freddy, un groupe de voyous, s’ennuie et va faire un tour dans le cimetière en question. Gros ennuis en perspective…


Le Retour des Morts-vivants est donc un film qui ne se prend jamais réellement au sérieux. Dès le générique on nous signale que les évènements relatés sont tirées d’une histoire vraie « et que les noms n’ont pas été modifié ». Hum.

Dan O’Bannon, probablement excédé par les démêlés juridiques contre Romero, lui rend la pareil : les personnages de son film connaissent La Nuit des Morts-vivants de Romero. Et l’on nous apprend que le script du film serait inspiré de faits réels : dans un hôpital, suite à une fuite de produits toxiques, des morts se seraient relevés. L’armée serait intervenue et aurait enfermée les monstres dans des cuves hermétiques qu’elle aurait disséminées à travers le pays. Et une de ces fameuses cuves se retrouvent à Louisville suite à une erreur de livraison ! Ou comment profiter indirectement de la notoriété du film de Romero… Autre clin d’œil appuyé, tous les personnages savent (puisqu’ils ont vu La Nuit des Morts-vivants) qu’il faut tirer dans la tête des zombis. Sauf que O’Bannon s’amuse à tourner en ridicule cet archétype : et non, même avec une pioche au milieu du front, les zombis poursuivent leur chemin (« Le film aurait menti !? ») !

Ce qui est plaisant, dans Le Retour des morts-vivants, c’est que tous les protagonistes sont idiots ou presque. Ca rend le film moins sinistre et beaucoup plus drôle.


D’un côté nous avons la bande de jeunes, pour la plupart des punks, des voyous, des filles délurées : ils ne pensent qu’à boire, à fumer, à glander, ils n’ont pas de travail. De l’autre nous avons des adultes totalement inconscients et qui surtout n’assument absolument pas leurs erreurs, ce qui déclenche l’apparition d’abord limitée puis massive des zombis. On remarquera que les zombis de leur côté sont tout à fait malins, parlent presque normalement et comprennent rapidement les stratégies des héros. Ils se feraient presque passer sans problème pour des humains (voir la scène où un zombi flic tend une embuscade à d’ex-collègues). On notera au passage que les morts-vivants courrent aussi vite que des humains et bien avant le remake de L'Aube des Morts-vivants réalisé par Snyder !
Des adultes idiots, des ados inconscients et des zombis malins avec pour seuls horizons un entrepôt, une morgue et un cimétière (dont le portail est peinturluré d’un « No Futur » prémonitoire). Une pluie qui disperse un produit toxique dans un cimetière et qui va libérer une armée de morts sur terre… La seule solution au problème : La bombe nucléaire !

Le message écologique est limpide si on sait le « décrypter » (pas fait exprès celle-là !) : les adultes polluent la Terre sans réfléchir, se fichent des conséquences, et cherchent plus à dissimuler la situation qu’à la solutionner. Les jeunes aveuglés par leur inconscience ignorent les agissements de leurs aînés et en paieront le prix dans le sang…

Pour revenir à un sujet plus léger : mention spéciale à l’actrice qui incarne Trash la punkette : Linnea Quigley ! Les spectateurs de l’époque se rappellent encore de son strip-tease improvisé dans le cimetière. Elle passera les ¾ de son rôle en tenue d’Eve, exhibant de bien jolies formes !
Comme les ambiances macabres semblent l’exciter son fantasme serait de se faire dévorer par un groupe de vieils hommes. L’occasion lui en sera donné, bien sûr, avant de devenir une reine des morts-vivants affriolante (et nue !).

Quelques années plus tard, sortira Le Retour des Morts-vivants 2 qui lancera toute une série jusqu’au 5, sous-titré Rave to the Grave : tout un programme !

Partager cet article
Repost0
6 janvier 2008 7 06 /01 /janvier /2008 15:53

undefinedQuel est le point commun entre toutes les réalisations d'Uwe Boll ? Etre des adaptations de jeux vidéo à succès. On lui doit Alone in the Dark et The House of Dead. Ayant eu l'occasion de voir cette dernière, j'avais pu constater l'étendu du désastre.


BloodRayne se déroule en Europe de l'Est, au XVIIème siècle. Un ignoble vampire sème la terreur sur la région à la recherche de sa fille (Rayne), l'une des rares chasseuses de vampire capable de le vaincre. Elle va rencontrer un groupe d'aventuriers bien décidés eux-aussi à destituer le tyran...

Bloodrayne est un gros navet de luxe.

Le budget, pour un film aussi médiocre et sorti directement en vidéo (sans passer par la case cinéma) est plutôt conséquent. Le casting semblait alléchant et surprenant : Ben Kingsley (La Liste de Schindler, La Jeune fille et la mort), Michael Madsen (Kill Bill, Reservoir Dogs), Billy Zane (Titanic), Udo Kier (Breaking the Waves, My Own Private Idaho), Kristanna Loken (Terminator 3) et Michelle Rodriguez (Girl Fight, la série tv Lost). Mais que vient donc faire tout ce beau monde dans une production de ce genre ? Payer leurs impôts ? On l'ignore, toujours est-il que Madsen se trimballe une permanente ridicule et n'y croit pas un seul instant, Kingsley surjoue le méchant vampire, Rodriguez veut jouer la minette sexy alors qu'elle se trimballe une brioche disgracieuse, Loken semble avoir oublié qu'elle n'était plus dans Terminator, etc.

Et si la réalisation pouvait sauver le métrage ? Même pas. Boll s'amuse à enchaîner les effets de caméra tel un réalisateur MTV sous acide. Sous prétexte de coller au jeu vidéo original, l'auteur oublie tout respect d'une quelconque cohérence dans la réalisation. C'est moche, c'est con, c'est hyper-friqué, et c'est tout simplement insupportable; à moins d'avoir un bon pote prêt à délirer à côté de soi, et dans ce cas, BloodRayne devient très drôle.

Le pire ? Une suite semble déjà en préparation...

Partager cet article
Repost0