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19 janvier 2007 5 19 /01 /janvier /2007 14:36

Dans ce premier article style « je raconte ma vie », nous allons découvrir comment un môme découvrait le jeu de rôle dans les années 80, et le chemin qui le conduit à se faire offrir son premier jeu, et ses premiers pas en tant que rôliste…

Je suis né en 1977, et quand on y repense, le monde du loisir était mine de rien bien différent de maintenant. L'informatique n'était qu'à ses balbutiements grand public, Windows n'était pas encore le système d'exploitation omniprésent, et Internet une vague promesse dans l'esprit de quelques chercheurs universitaires américains. Le jeu de plateau tel qu'on le conçoit de nos jours n'existait pas vraiment, à mes yeux, c'était un dérivé du wargames ou du jeu de société grand public.

Le jeu de rôle était à ses débuts : Gary Gigax venait tout juste de créer une version améliorée d'un wargame médiéval-fantastique. Quand à trouver des jeu de rôle en français, on n'imaginait même pas.

Mon père adorait lire des romans de SF et les illustrés petit format style Blek le Roc ou Zembla. C'était son truc à lui, un moyen de se détendre après le boulot. Nous avions à la maison une chambre qui servait de fourre-tout dans laquelle mon père avait installé une bibliothèque bourrée de livre de poche J'ai Lu SF. Avant mes dix ans, forcément, j'avais déjà zieuté allègrement ses couvertures de poches : Conan le Barbare oscillait d'horribles dragons, des Robots Asimoviens affichaient un air tranquille et paisible, de magnifiques vaisseaux spatiaux débarquaient sur d'imaginaires planètes colorées... Trop tard, la petite graine fantastique venait d'être semée dans mon esprit, elle ne me lâcherait plus.

Quand j'approchais de mes dix ans, mon père était décidé à me faire découvrir l'informatique. Oh, je le soupçonne de ne pas l'avoir fait que par pédagogie pure, mais aussi parce que cela l'intéressait et qu'il y voyait peut-être un nouveau loisir pour lui. Peut-être aussi parce que j’étais fils unique, et qu’il fallait bien que j’occupe mes loisirs d’une manière ou d’une autre.

A l'époque le choix informatique grand public n'était pas si développé, pour tout dire, il avait fallu aller à Nantes pour acheter l’ordinateur. Mon père se décida pour un  Amstrad en nous achetant un CPC 6128 : 128 Ko de mémoire vive, pas de disque dur, un lecteur de disquette, pas de souris. C'était quelque chose ! Je me souviens encore du jour où nous l'avions fièrement déballé sur la table du salon. je me rappelle encore le premier jeu lancé grâce à un étrange run "gp3d". Et Grand Prix 3D, un jeu de course de F1, apparaissait devant nos yeux tout émerveillés. Au passage ce jeu n’avait de 3D que le nom puisqu’il s’agissait d’une fausse-3D…

Avoir un ordinateur à la maison, c’était chouette. Mais mon père continua à s’intéresser à l’informatique. Je vis débouler moult revues à la maison. Mon père revenait avec Tilt, Micro Hebdo, Am mag, Amstrad 100%, etc. Et puis Jeux & Stratégie. Ce dernier avait la particularité de parler des jeux en général, qu’ils soient informatiques ou autres : échecs, scrabble, jeu de go, etc.

Et puis un beau jour, mon père revient avec un numéro bien précis de Jeux & Stratégie, le numéro 33 qui allait sceller mon destin ludique pour les 20 années à venir. Il s’agissait du numéro 38, où une Méduse menaçante posait en couverture. Et à l’intérieur, le dossier qui a tout déclenché : « N’ayez plus peur des jeux de rôle ». Sur la double première page du dossier, on y voyait un groupe d’ami(e)s, le soir visiblement, manipulant des figurines et lançant des dés de formes étranges avec en bout de table un homme caché derrière un petit paravent noir. Et tout le monde semblait bien s’amuser.

Je parcourais le dossier avec mes yeux d’enfants, ravi par ces dessins montrant des chevaliers, des dragons, et puis surtout, des adultes en train de jouer à ce truc ! Je ne compris rien du tout au principe du jeu de rôle en lisant l’article, mais j’étais bien sûr que ça devait être fun.

Quelques temps plus tard, mes parents m’achètent quelques livres de la série « Les livres dont vous êtes le héros ». J’avais immédiatement accroché au système de jeu, si bien que je commençais à en dévorer pas mal. Et puis mes parents m’offrent un livre de cette collection : L’auberge du sanglier noir. Sauf que le principe de jeu n’était pas comme les autres, et je compris rapidement qu’il fallait avoir les règles qui se trouvaient dans un coffret appelé L’œil Noir. Hop, je vous passe l’étape où je chine mes parents, et me voici en possession de la fameuse boîte.

Premier constat de gosse : mince, je ne peux pas y jouer tout seul ! Deuxième constat : c’est comme « Les livres dont vous êtes le héros », mais en dix mille fois mieux !! Je lisais les règles en une soirée, et j’avais à peu près compris le truc. Sauf qu’il me manquait des joueurs.

 Je trouvais la solution en forçant ma petite cousine à jouer avec moi : j’étais le Maître de jeu (le conteur et l’arbitre, en gros) et ma cousine s’occuperait de jouer 2 autres personnages. Je crois bien que ces premières parties de l’Oeil noir devaient assez éloignées de ce qu’était vraiment le jeu de rôle, mais il n’empêche que je découvrais un monde qui me plut immédiatement. Je dois quand même avouer que je crois que j’étais peut-être plus attiré par le potentiel du jeu de rôle que par les parties que nous faisions. Raconter des histoires, contrôler une intrigue, arbitrer, tout de suite, c’était mon truc. Cousine, mille fois merci d’avoir acceptée d’être mon cobaye ! 

Et puis le temps passa, et nous jouions un peu moins. A deux, ça devient quand même assez vite redondant, finalement, surtout que je n’avais pas la maturité pour avoir l’idée de varier les histoires. Ma cousine et moi arrêtions de jouer à peu près au moment où j’entrais au collège.

Au collège, je croisais dans la cour le chemin de quelques gamins qui avaient aussi entendu parlé du jeu de rôle. Qui avaient même tenté quelques parties eux aussi de leur côté, et nous avons fini par nous côtoyer, puis devenir amis. Coup de pouce supplémentaire, l’un de nos pions était lui-même fan de jeu de rôle depuis des années, et nous a un peu guidé dans notre compréhension du jeu.

C’était la grand époque du club que nous avions monté, où nous jouions dans l’heure de midi, après la cantine. Nous avions même pu convaincre le collège de nous allouer un budget pour acheter 2-3 trucs (dont Heavy Metal auquel nous ne jouâmes finalement jamais…) et un accès à la photocopieuse. Nous avons beaucoup joué à cette époque. Et les mercredi et samedi après-midi nous nous retrouvions souvent dans le salon des uns et des autres pour continuer nos aventures.

Au passage, il y avait à cette époque un peu de suspicion de la part de certains enseignants, ce qui nous valu quelques ennuis avec quelques professeurs intolérants qui voyaient d’un mauvais œil notre activité. C’était par exemple un prétexte pour une prof d’anglais qui n’avait pas appréciée que nous ne prenions pas l’option anglais au lieu du latin. A un point tel que nos parents ont même été jusqu’à se plaindre auprès du proviseur pour calmer le jeu.

Je parle du latin, je dois ici faire un petit clin à notre prof de latin, Mr Philipot, que nous n’avons jamais assez remercié. Nous avions choisi Latin au lieu d’anglais pour 2 raisons : d’une part, Mr Philipot était plus cool que la prof d’anglais (et l’avenir nous donna raison), d’autre part, nous savions qu’il y avait un voyage à Rome d’une semaine à la clé.

Mr Philipot a rapidement pigé que nous n’étions pas du tout passionné par les tableaux de verbes et de conjugaisons latines, et il laissa rapidement tomber l’idée de nous apprendre le latin. Mieux, il transforma son cours pour nous faire de la civilisation latine. Et nous voilà quelques heures par semaine à regarder des photos de temples, et à découvrir les panthéons grecques et romains. Nous avions même réussi à la brancher sur une partie de jeu de plateau style Civilization avec le prof de maths (qui allait devenir des années plus tard le beau-père d’un de mes amis de l’époque…).

A suivre...

PS : Désolé Arkos pour ton commentaire, Arkos. Merci de m'avoir indiqué que la taille du texte était trop petite, j'ai corrigé en supprimant l'ancien article et en remettant le même à la place. J'ai pas tout bien compris ce qu'il s'est passé chez over-blog...

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