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14 février 2008 4 14 /02 /février /2008 10:45
undefinedI Know Who Killed Me arrive en France tel un petit mouton noir : aux States, tout le monde semble prendre un malin plaisir à cracher sur le film, média comme spectateurs. Comme s'il était de bon goût de démonter ce thriller. L'occasion pour moi de voir ce qui méritait cette vindicte populaire...

Audrey est une étudiante comme tant d'autres : elle a un don pour le piano et l'écriture, un petit ami dans l'équipe de football du lycée, des copines ; bref tout roule pour elle. Mais Audrey est enlevée et séquestrée par un maniaque, qui prend un malin plaisir à la mutiler. Et l'on retrouve Audrey d'un fossé, le bras et la jambe gauche en moins. Soignée à l'hôpital pour ses blessures, on comprend que la belle n'est pas au bout de ses peines : elle prétend ne pas s'appeler Audrey mais Dokota et être strip-teaseuse. Comment va-t-elle pouvoir réintégrer sa vie ? Et le maniaque en a-t-il réellement fini avec elle ?

Commençons tout de suite par le point qui m'a déplu : le film est par moment extrêmement violent, d'une sauvagerie à la Saw, c'est-à-dire bête et méchante qui n'a pour objectif que de soulever le cœur du spectateur (2-3 scènes où le pervers découpe à l'écran des doigts, le bras, etc.) sans que cela serve l'intrigue.

Hormis cette faute de parcours, Chris Sivertson emballe joliement son script, et réussi même à introduire un style. Le réalisateur joue sans cesse avec les couleurs, usant (et abusant maladroitement) du rouge et du bleu. Ça m'a rappelé le Dario Argento de la grande époque, toutes proportions gardées bien entendu.

Et le film arrive dans sa seconde moitié à aborder un thème difficile et peu montré au grand écran : l'insertion dans la société d'une personne mutilée et psychologiquement handicapée. Le film prend une autre envergure lorsque Audrey/Dakota repousse ses parents qui d'après Dakota ne sont pas les siens. Le réalisateur réussit à faire passer la douleur et le désarroi des parents, totalement perdus entre ce que leur soit-disante fille leur annonce et leur volonté de retrouver leur enfant. Mieux même, lorsque Audrey/Dakota couche pour la première fois avec son copain, Sivertson filme une scène de sexe avec une fille mutilée, chose très très rare au cinéma, et qui provoque forcément le malaise chez le spectateur (devenu voyeur par la force des choses). On pense alors au Cronenberg d'il y a quelques années (Crash en tête). Toute cette période du film, d'environ 20 à 30 minutes, est une réussite, jusqu'à ce que, thriller oblige, le dénouement pointe le bout de son nez et conclut le film sur une déception (la fin n'est pas terrible, mieux vaut être prévenu).

I Know Who Killed Me
est donc loin d'être la daube annoncée, et mérite malgré ses défauts un visionnage.
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27 janvier 2008 7 27 /01 /janvier /2008 18:13

undefinedLa vie de couple d'Anne-Marie (Michelle Laroque) est un désastre : marié à un chirurgien dentiste plus intéressé uniquement par la plastique (vieillissante) de son épouse et son caniche. Pas étonnant qu'Anne-Marie trouve donc la passion entre les bras d'un amant, Léo, armateur de bateau. Jusqu'au jour où son époux décède : une mort sensée marquer le début d'une nouvelle plus palpitante. Mais c'était sans compter la gentillesse de sa famille, persuadée qu'il faut soutenir Anne-Marie au cours de cette dure épreuve...

Enfin veuve ! n'est pas aussi bon, aussi fin et aussi plaisant que Je vous trouve très beau. Pour son deuxième film, Isabelle Mergault commet quelques erreurs de dosage qui déstabilise son film. La finesse de certaines scènes est malheureusement plombée par de nombreux passages, plus dignes du théâtre de boulevard (globalement toutes les scènes où la famille veille sur Michelle Laroque, impeccable). Non pas qu'on aime pas le boulevard, mais ça n'est pas forcément ce qu'on venait chercher.

Pire, par moment le film devient lourd à vouloir exposer clairement les double-sens et sous-entendus (qui du coup ne le sont plus vraiment). Exemple : le dialogue entre Michelle Laroque, son fils (Tom Morton, excessivement tête à claque) et Jacques Gamblin.

Au début du film les amis et la famille sont persuadés du bonheur du couple d'Anne-marie, ignorant toute la détresse de femme désirant connaître une passion perdue depuis longtemps. Contrainte par l'envie de ne pas décevoir les proches, elle reste avec son époux qui a fini par la dégoûter (la scène du retour en voiture).

Après le décès, qui aurait pu signifier la libération, c'est la morale qui l'empêche de connaître le bonheur promis, la volonté de ne pas décevoir sa famille, en annonçant la relation extra-conjugale. On touche au sublime lors de cette scène où Michelle Laroque entreprend de dire la vérité à sa famille avant d'y renoncer par peur de les décevoir. En un regard baissée de l'actrice on comprend ses sentiments. Isabelle Mergault apporte une réponse toute personnelle à la problématique du film.

Dommage donc que le film oscille entre le magnifique et le lourdingue. Mais comment critiquer un film qui démarre et se conclue sur « Et si tu n'existais pas » de Joe Dassin ?

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21 janvier 2008 1 21 /01 /janvier /2008 13:51
undefinedSébastien est émigré russe, a 22 ans et répare les toits. Par hasard il apprend que son employeur va bientôt  recevoir une convocation pour un travail particulièrement juteux. De quoi s'agit-il réellement, Sébastien l'ignore, mais lorsque son patron décède, il dérobe le courrier et saisit l'occasion de prendre sa place. En suivant d'étranges  indications il se retrouve dans une maison isolée en pleine forêt en compagnie d'autres hommes qui attendent de lui qu'il réalise un travail bien curieux...

Difficile de parler de 13 Tzameti, car trop en dire revient à lui enlever de sa substance et priver le spectateur de la surprise. Le film met beaucoup de temps à démarrer surtout à cause d'un rythme bien calme. Une fois sébastien arrivé dans la maison, les choses sérieuses commencent, et le film s'emballent alors .

Sébastien se retrouve coincé dans un jeu dont il ignore les règles et dont il aimerait quitter la partie. Peine perdu, le voilà forcé de commettre l'horreur ou bien d'en être la victime. Babluani, le réalisateur, emballe son film dans un beau noir et blanc, et s'appuie sur le talent de son jeune acteur et d'une équipe de "gueules".

Curieux, étrange, on ressort du film avec une le sentiment d'avoir vu quelque chose d'hors norme, mais aussi que Babluani aurait pu encore pousser plus loin son film.
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20 janvier 2008 7 20 /01 /janvier /2008 20:54
undefinedKevin Bacon (impeccable comme souvent) incarne Nicholas Hume, père de famille bien tranquille, dont la vie bascule suite à l'assassinat de son fils aîné par un membre d'un gang. Quand il comprend que jamais justice ne sera suffisamment rendue (le coupable pourrait écopper de 3 ans de prison pour ce meurtre), Hume décide de faire justice lui-même : il poignarde le jeune criminel. Malheureusement pour Hume, le jeune garçon est le frère du chef de gang, ce dernier décide alors de venger la mort de son frère. Le massacre ne fait que commencer...

On pouvait craindre James Wan nous refasse le coup de Saw : trousser son film de scènes choquantes pour palier à un budget très moyen. Qu'en gros, le réalisateur nous propose une apologie de la violence et de la vengeance pour ados décérébrés.

« Ces criminels sont des animaux » dit la détective à Hume après le meurtre de son fils. Et petit à petit Bacon va entamer sa transformation physique. Marqué par les coups qu'engendrent sa vendetta, son visage s'émacie, les bleus apparaissent. Puis après le meurtre de sa famille entière, le Chaos submerge l'Homme qui perd tout contrôle : il se rase le crâne, et revêtu une veste en cuir et d'une casquette (marquée « The Wolf »), l'oeil carnassier de Bacon fonctionnant à plein régime, Hume s'en va venger sa famille. Hume devient alors un animal lui-aussi, et n'existe alors plus. « Je croyais t'avoir tué » s'exclame les criminels. Effectivement, Hume n'existe plus, il est déjà mort et c'est son fantôme qui revient venger sa famille.« Regarde comment je t'ai transformé » est la dernière réplique du chef de gang à Hume. Oui, l'homme n'existe plus, il est lui aussi devenu ce qu'il voulait éliminer.

Wan fait parcourir à son film une trajectoire curieuse. Se voulant d'abord réaliste dans la description d'un quotidien lambda (le film démarre par des extraits de vidéos familiales), le film verse doucement mais sûrement vers l'outrance (les gunfights, l'asile désaffecté de la fin) et l'icônisation (la transformation de Hume, le gang stéréotypé). Comme si doucement le film perdait tout réalisme, accompagnant la lente descente aux enfers de son personnage principal qui perd peu à peu la notion des choses.

Juste avant la mort de son fils, Hume lit sur un panneau « Dead End » (Impasse). C'est exactement le destin qui l'attend. Il ignore simplement à quel point le chemin sera jonché de cadavres. Avec Death Sentence, James Wan réalise un métrage âpre et perspicace : la Loi du Talion n'apporte aucun repos ; au contraire, la spirale de violence qu'elle engendre est autodestructrice. 
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14 janvier 2008 1 14 /01 /janvier /2008 09:39

undefinedShining est l'une des premières expériences importante de steadicam de l'histoire du cinéma (après Rocky ou Marathon Man en 1976). Le principe technique est simple : permettre au réalisateur via un harnais de porter sa caméra tout en marchant ou en courant, sans que l'image soit saccadée ou tremblée. 

Kubrick va utiliser  ce procédé dans Shining pour briser le formalisme très strict qu'il s'est imposé dans la mise en scène (voir l'abondance des plans symétriques). L'Overlook , l'hôtel hanté, dans lequel Jack, son épouse Wendy et leur fils Danny sont enfermés, est bien entendu une métaphore pour dénoncer la stabilité de façade du couple. De façade puisque sous l'influence de l'hôtel, Jack devient fou furieux.

Car entre Jack et Wendy, dès le départ, on sent un malaise : Jack regarde de manière trop appuyée les employées de l'hôtel qui partent en vacances. Jack se sent enfermé dans cette vie de père de famille qui aliène sa carrière. Mais en surface le couple semble banal et sans histoire, tout comme l'hôtel Overlook.

Kubrick s'acharne à filmer un hôtel très (trop) symétrique, pour mettre de l'ordre, pour représenter un univers stable (à priori). Stable mais étouffant, puisque les images se resserrent sur leurs sujets, et l'Overlook se coupe progressivement du reste du monde (tempête de neige, moyen de communication coupés). Et lorsque l'irrationnel apparaît, Kubrick utilise la steadicam comme outil de chaos dans un monde organisé. Tel un spectre hantant les couloirs nous pouvons suivre Danny sur son petit vélo, pédalant dans les couloirs. Kubrick aime semer le trouble puisque rapidement il va mêler à ses vues "spectrales" des vues objectives de Jack. 

Crescendo de folie et de violence : Kubrick développe cette notion à travers une gestion du temps efficace, à base d'inserts ("L'entretien", "Le dernier jour"," Mardi"...). Kubrick propose au début du film des inserts qui permettent aux spectateurs de situer l'action dans le temps. La durée est très espacée, les ellipses nombreuses : on passe de l'entretien d'embauche à l'aménagement en un insert. On imagine que le temps entre ces deux évènements est assez long : quelques semaines. Et puis petit à petit, les ellipses se raccourcissent, les inserts évoquant les journées (Mardi, Vendredi) pour finir par nous donner l'heure précise. Enfin, Kubrick supprime définitivement les inserts, le temps narratif est continue, on suit les évènements de la dernière partie minutes par minutes.

Au fur et à mesure que la folie monte, Jack devient un instrument appartenant à l'hôtel : il répète à trois reprises qu'il est impossible de quitter l'Overlook. Kubrick termine son film de façon d'ailleurs remarquable : Jack est imprégné dans une vieille photographie des années 20, en compagnie des membres du personnel comme pour bien montrer qu'il fait maintenant partie intégrante des lieux.

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11 décembre 2007 2 11 /12 /décembre /2007 10:24

Pervert.jpgLe système hollywoodien contre le cinéma indépendant. Voilà le combat que nous montre Jonathan Yudis avec le budget minuscule de 50 000 dollars. Impressionnant.

50 000 petits dollars, c'est une broutille, le budget café d'un blockbuster comme Transformers. Pour vous donner une idée de l'étroitesse des moyens, sachez que les deux actrices les mieux payées d'Hollywood à l'heure actuelle récoltent entre 15 et 20 millions de dollars par film. Pervert ! c'est donc un tout petit budget, mais ça ne se voit pas forcément. 

Yudis chiade son film comme un malade à tel point qu'on ne soupçonne pas les conditions du tournage (le désert, la chaleur). Abandonnant les codes actuels d'Hollywood, il propose des transitions comiques et originales, comme cette toute première scène où un vieux noir aveugle introduit l'histoire dans un style très comic-book.

Pétri d'un amour sincère pour les films d'exploitation (dits "grindhouse"), Yudis réalise ici un hommage et une déclaration d'amour aux petits indépendants US. Difficile de ne pas penser à Russ Meyer et ses femmes aux formes généreuse lorsque Mary Carey (actrice porno) expose à nue sa poitrine et l'asperge de miel en plein désert. Phil Kauffmann et ses Toxic Avengers produits par sa firme Troma ne sont pas loin non plus, avec cet humour gras souvent en dessous de la ceinture. Et à bien y regarder, Pervert ! brasse un nombre impressionnant de références plus ou moins directes aux cinémas de genre indépendant : sexploitation, western, gore, boolywood,

Le héros de Pervert ! arrive de la grande ville dans un coin paumé des USA, "pour devenir un homme", comme il dit ou plus précisément pour passer des vacances avec son vieux père remarié avec une prostituée. A son arrivée, un tueur mystérieux commence à assassiner la famille. On retrouve ici une thématique forte du cinéma américain : les étendues sauvages (habitées par des "rednecks", des bouseux) sont dangereuses pour les citadins. Un message que de nombreux cinéastes américains ont déjà explorés, tronçonneuse à la main pour Tobe Hopper. Une réminescence de l'Histoire de l'Amérique en somme, où l'autochtone indien et sauvage était forcément dangereux face au civilisé homme blanc.

Dans la lutte que nous dépeind le réalisateur, Hollywood c'est bien sûr ce garçon timide, sexuellement complexé, incapable d'accepter ses pulsions. A contrario, le père et son entourage de filles légères sont tout ce que peut s'offrir le cinéma indépendant : une sexualité épanouie et extravertie. 
La toute première scène est frappante : le héros conduit une superbe voiture (symbole de l'argent) dont la boîte à gants est remplie de magazines pornos et de jouets sexuels (abondance des moyens). Le héros recueille une jolie auto-stoppeuse qui rapidement effrayée par toute cet étalage porno va fuir le jeune homme. Plan final : un chien errant joue avec une "bouche suceuse" qui fait 'pouet'. 

L'oppositon est évidente et le cinéma indé se permet tout, jusqu'à l'outrance. Mary Carey attrape un brin de maïs, l'enduit de beurre de cacahuette , pour le lécher puis le sucer devant notre héros halluciné de tant de sexualité affichée... et affirmée ! Cette audace, le jeune homme la contemple sans broncher, comme tous les studios américains incapables de surmonter leur bon puritanisme. Au contraire d'un cinéma de genre totalement décomplexé, capable de monter des films déments bravant la censure...

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23 novembre 2007 5 23 /11 /novembre /2007 09:20
obrother.jpgJe me rappelle être allé voir ce film au cinéma. C'était à la fin de l'été 2000, soit plus de 7 ans. Bon sang, 7 ans ! Et je n'avais pas revu O'Brother depuis. L'occasion de revoir l'ami George dans un film hallucinant...

Durant la Grande Dépression, 3 prisonniers s'échappent pour partir en quête d'un trésor. Et voilà Everett McGill, le simplet Delmar et le râleur Pete sur les routes du Missouri. Mais le chemin va être long et semé d'embûches...

Les Frères Coen démarrent leur film en citant Homère, tout simplement parce que le film est une adaptation libre de l'Odyssée. Tout au long de métrage, on va retrouver des allusions plus ou moins évidentes à l'oeuvre antique. Ulysse, c'est Everett (campé par l'hillarant George Clooney) et nos compères vont croiser des Sirènes en pleine baignade, un Cyclope vendeur de bible... J'en passe, le film mériterait certainement une analyse pointue pour retrouver les références disséminées tout au long du récit.

Mais au-delà de l'intelligence de l'adaptation, O'Brother est très agréable. Le genre de film qui vous met la patate, après une journée de travail. Et qui en plus, donc, vous la met intelligement. Car c'est un vrai plaisir de voir nos trois compagnons silloner les routes, poursuivis par le shérif du coin, à la recherche d'un fabuleux trésor. Les frères Coen naviguant entre nostalgie et comédie musicale (les Sirènes, le Baptème, le KKK), inspirent petit à petit la joie chez le spectateur. Il y aurait aussi beaucoup à dire sur les couleurs, absolument magnifiques du film.

Et au final, O'Brother s'avère une vraie friandise cinématographique, le genre de film qui vous met le sourire, et vous fait vous sentir bien. Impossible de ne pas taper du pied en ryhtme dès que nos "Culs Trempés" se mettent à chanter.

Allez...
"OOOOoohhh, IIIIII aaamm a mennnnnnnnn
o' constant sorrooooooowwww...


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20 novembre 2007 2 20 /11 /novembre /2007 09:09
thething.jpgParfois, cela fait du bien de retrouver de bons vieux classiques du cinéma fantastique. Profitant qu'Aurélie ne l'avait jamais vu, j'ai profité de l'occasion pour revoir La Chose...

Début des années 80, dans une base scientifique au pôle.
Des hommes à bord d'un hélicoptère cherchent à tuer un chien qui fuit. Le chien est sauvé in extremis par les membres de la base scientifique, alors que les hommes de l'hélicoptère sont tués. Mais rapidement, nos scientifiques comprennent que le chien n'est pas ce qu'il semble être et qu'il est contaminé par une créature apparemment capable de revêtir n'importe quelle apparence. La traque commence...


Ce film est un véritable bonheur. Une jolie pépite cinématographique.

Carpenter nous propose là un film d'horreur qui fait mouche. Oh, on n'est rarement transi d'effroi pendant la film, mais La Chose réussit à distiller une ambiance tendue et angoissante, car le scénario sait habilement jouer avec les stéréotypes du genre.

Les personnages principaux ne sont pas une bande d'ados boutonneux (d'ailleurs il n'y a pas un seul personnage féminin dans le métrage). Ici, les "héros" sont des adultes, qui plus très sérieux puisque en plein travail, en plus assez pénible (vivre isolé du monde, relevé toutes les x semaines...). Mieux, ils forment une micro-société. Carpenter bien sûr, en grand amateur d'Howard Hawks, ne peut s'empêcher d'y intégrer quelques éléments du genre western, confondant d'autant plus le spectateur.

Le monstre n'est pas véritablement définit puisqu'il peut revêtir n'importe quelle forme. Au mieux, c'est une "chose" informe, sans réelle logique anatomique. Au pire, la "chose" c'est nous, ou vous ; la ou les personnes qui vous entourent. Pas de gros Alien baveux, pas de Freddy affreux, pas de Jason avec son hachoir. La Chose eut virtuellement être n'importe qui, revêtir l'aspect de n'importe quel personnage du film. C'est là-dessus que Carpenter repose son ambiance : qui est qui ? Qui la Chose a-t-elle contaminé ?

Autre stéréotype habituel du film d'horreur : en général ce genre de film se déroule dans des endroits sombres et inquiétants. Ici, c'est une banale base polaire depuis longtemps habitée par les membres de l'équipe qui y ont leur habitude. Ca n'est pas un groupe qui explore un lieu inconnu et dangereux, c'est l'horreur qui pénètre dans le quotidien de cette micro-société bien établie.

Enfin, Carpenter ne laisse aucune place à l'espoir. Nous assistons désemparé à la lutte d'un groupe d'hommes contre une créature qui menace d'anéantir l'Humanité, nous sommes sur un champs de bataille décisif. Décisif mais pas ultime, puisque le film fonctionne de manière cyclique : la fin nous ramène au début, la chose a sûrement survécue et attendra son heure pour réattaquer un autre groupe d'hommes (même musique au début et à la fin, ce battement sourd et menaçant : un coeur ?). Le sacrifice de nos "héros" aura été bien inutile, tout comme la traque de l'hélicoptère au début du film. Pour Carpenter, l'humanité est perdue.

Un film saisissant, qui malgré le temps (bon sang, 25 ans tout de même !) n'a presque pas pris une ride. Un bonheur, je vous dis !
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9 novembre 2007 5 09 /11 /novembre /2007 17:02
C'est marrant, parce que sans y faire attention, j'ai regardé en moins de deux semaines deux films au sujet très similaire, mais vraiment très différents.

The Woods et Five Girls (ou 5ive Girls histoire de faire branché) nous montre donc  chacun à sa manière un institut pour jeunes filles difficiles. on nous montre donc l'utorité de la direction, les coups vache entre nénettes, et puis d'un coup, l'irruption d'un évènement surnaturel qui va faire monter la tension et créer un climat de psychose dans l'établissement.

Si les deux films se ressemblent beaucoup  du point de vue de l'histoire, les comparaisons s'arrêtent là. En effet, là où Five Girls verse, on va le voir, dans la facilité, The Woods est un film bourré de qualité.

5ivegirls.jpgFive Girls, pour commencer, si vous le voulez bien.
La présence de Ron Perlmann pouvait laisser croire qu'on aurait droit à un bon film. Hélas, l'acteur cachetonne allègrement dans un rôle qui ne lui va pas du tout : le prêtre. Franchement, on le préfère en colosse sans cervelle mais attendrissant, le brave Ron. Ensuite, le réalisateur, semble-t-il conscient qu'il réalise un film médiocre, s'accroche comme il peut pour donner un semblant d'intérêt. Alors, hop, c'est parti pour les effets télékinésiques à 2 balles et précipités (merci Carrie, au passage) et sorcellerie de bas étage (merci Dangereuse Alliance, par ailleurs bien plus réussi)
Ensuite, réalisant que ça ne fonctionne, l'auteur rajoute une rasade d'érotisme léger mais démago à fond (une fouille corporelle, une fessée à coups de bâton, de nombreux plans des jeunes filles en sous-vêtements). Non pas que ça ne me dérange outre-mesure, mais comme on s'ennuit ferme malgré ses "efforts" du réalisateur, le décrochement de de machoire dû au baillement s'accentue rapidement. A tel point qu'on appuierait bien sur la touche STOP de la télécommande.



the-woods.jpgNon, décidément, rien de commun avec The Woods.
Parce Lucky McKee, à qui l'on doit l'honnête May, est un  réalisateur qui prend son film au sérieux de bout en bout, et qui réussit à le sortir du train routinier dont Five Girls est le représentant pur jus. Dans l'institut de The Woods, le soucis n'est pas la possession et toute une mythologie originale prend place doucement, très doucement, mais savoureusement. Le film enchaîne fausse pistes, faux semblants, fait monter la pression avec pas grand chose, mais efficacement. Ca m'a pas mal rappelé Les Autres d'Amenabar, la perfection dans ce genre de film d'horreur. Si bien qu'on entre et s'enferme progressivement dans l'épouvante en compagnie de l'actrice principale. L'atmosphère générale est parfaitement dosée, toujours originale et le dénouement se permet même d'être très satisfaisant.

Donc, en gros si vous voulez voir ce genre de film, préférez largement The Woods, bien meilleur en tout point à l'ennuyeux Five Girls.
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3 novembre 2007 6 03 /11 /novembre /2007 09:30
thedescent.jpgJ'avais entendu dre beaucoup de bien de ce petit film d'horreur, même par des personnes pas spécialement fan du genre.  Alors comme j'ai eu l'occasion de le regarder, voyons voir ça...

Un groupe de copines se réunit régulièrement pour pratiquer des sports extrêmes : escalade, rafting... Jusqu'au jour où l'une d'entre-elle perd son époux et sa fille sur le chemin du retour. Un an plus tard, elle retrouve ses copines, cette fois-ci pour pratiquer  la spéléologie.
Mais rapidement l'aventure va virer au cauchemar...


Voilà donc un canevas fort classique, mais comme le réalisateur joue à fond la carte du sérieux, globalement, cela fonctionne. Alors certes il y a bien quelques petits problèmes à la "Projet Blair Witch" lorsqu'une des filles "oublie" de prendre avec elle la carte des tunnels, mais bon ca va.

C'est ce sérieux tout au long du film qui permet de poser l'ambiance. Jamais on ne rigole dans The Descent, tout est fait pour nous plonger dans une atmosphère sombre, étroite, claustrohobique. La réalisation joue avec les peurs primaires:  peur d'être coincé, peur du noir, peur de la créature qui rôde autours de soi... Si bien qu'après une demi-heure de métrage l'ambiance est posée, les personnages bien en place, et le film peut "vraiment" démarrer, et s'accélérer.

A partir de ce moment, The Descent devient plus violent, et le sang commence à couler. Attention, c'est assez sauvage, mais toujours contrôlé, toujours dans le but d'accentuer la tension qui monte doucement. On pense parfois à un Alien ou à un Predator sous terre, les muscles et la virilité  en moins, la subtilité en plus. 

The Descent est donc au final le parfait petit film d"horreur, capable de vous foutre les pétoches car toujours fidèle à la ligne de conduite qu'il s'est fixé. Très agréable à voir pour un vieux baroudeur du genre horrifique comme moi. Après la grosse déception de The Devil's Reject, autant dire que ça fait du bien ! !
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