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2 août 2008 6 02 /08 /août /2008 18:52
Je fais parti de ces personnes qui avaient bien aimé la tentative d’Ang Lee de faire une adaptation un peu plus fine que prévue d’Hulk au cinéma. Et à la vision de la bande-annonce de ce nouvel opus, on comprend vite que l’Incroyable Hulk n’est pas la suite du film d’Ang Lee, mais bien une toute nouvelle interprétation du comics et de la série TV. Car les amateurs du géant vert avait certainement de quoi être déboussolés par la vision somme toute assez psychologique d’Ang Lee.

Et à l’annonce de l’arrivée de Louis Leterrier sur le tournage du film, j’étais assez sceptique. Sa filmographie (les deux Transporteurs et Danny the Dog) me paraissait un peu juste pour le projet, et le jeunot n’allait-il pas se faire bouffer par la machine hollywoodienne ?

Premières images, et premier bon signe : le générique donne le ton d’entrée de jeu, on fait table rase du passé et l’on explique en quelques séquences l’origine du personnage. C’est rapide, efficace et finalement ça colle bien avec l’idée qu’on est aussi en face d’une adaptation de la série TV. Puis l’on retrouve Bruce Banner (Edward Norton, impeccable comme bien souvent) exilé dans les favelas brésiliennes. Le scénario pose le personnage correctement, et hop ! premier clin d’œil aux amateurs du comic-book : Bruce utilise un PC portable pour communiquer par mail avec un certain M. Blue, idée piochée dans le run de Bruce Jones d’il y a quelques années. Une petite ampoule s’allume au-dessus de la tête de l’amateur du comics que je suis, j’ai un sourire aux lèvres : les scénaristes auraient-ils repris de bonnes idées des différentes sagas d’Hulk ? Je confirme : le film est parsemé de petites séquences piochées à droite à gauche dans les comics, jusque dans Ultimates avec le parachutage d’urgence de Banner d’un avion !

Autre très bon point, le film est rudement bien rythmé : jamais on ne s’ennuit un seul instant. Sur 2 heures de métrage, Leterrier case 3-4 grosses scènes d’action bien bien bourrines et agrémente correctement les entre-deux. Les scènes de combat justement, sont vivaces, filmées lisiblement, et l’on sent bien toute la puissance des personnages.

Les fans de comics souriront aux clins d’œil disséminés, comme les apparitions (attendues) de Stan Lee ou bien de Lou Ferigno, ou bien lorsque Hulk frappe ses poings pour souffler des flammes. Mieux : l’intrigue prépare carrément l’avenir des prochains films : une scène laisse à croire que le Leader sera le prochain vilain, et la scène finale ravira les amateurs de Tête de fer puisque Tony Stark fait une apparition toute pleine de promesse (Avengers ?).

Alors si l’on perd ici en finesse et que l’on gagne en puissance, ce nouvel épisode sonne vraiment comme un redémarrage qui répondra certainement plus aux attentes des amateurs et du grand public. Et finalement, c’est déjà une bien belle réussite que de parvenir à concilier les deux publics.


 

 

 

 

 

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30 juin 2008 1 30 /06 /juin /2008 14:42
Quand il réalise en 1968 La nuit des morts-vivants, George Romero est loin d'imaginer qu'il va créer un genre, le film de zombi, qui n'a cessé depuis de se développper au-delà même de son média d'origine : le jeu vidéo a depuis longtemps repris le genre à travers les sagas Resident Evil ou House of the Dead par exemple, et Romero lui-même a scénarisé un comic-book d'horreur. Mais où Romero se démarque des autres réalisateurs de films d'horreur pour adolescents, c'est qu'il profite de ses films pour jeter sur notre société un regard féroce. Le dernier en date s'intitule Diary of the Dead, et ce n'est ni plus ni moins qu'un des meilleurs films d'horreur jamais réalisé. A bientôt 70 ans, Romero signe une oeuvre magistrale et détonnante.

Chaque film de Romero propose de disséquer une facette de notre société : dans Zombi, avec ses personnages coincés dans un supermarché, illusion de refuge face à l'apocalypse, l'auteur tirait à boulet rouge sur le consumérisme par exemple.

Aujourd'hui dans Diary of the Dead, Romero va s'attarder sur la communication et plus précisément sur la surmédiatisation. Nous suivons donc un groupe d'étudiants en cinéma qui voient le tournage de leur film d'étude interrompu suite à un phénomène incroyable : les morts reviennent de l'au-delà et dévorent les vivants. Nos héros cessent leur travail et décident de retourner chez leurs parents. L'un d'entre-eux choisi de filmer leur voyage camera
au poing pour diffuser ses films via internet et ainsi témoigner de la vérité que les médias traditionnels veulent atténuer.

Romero choisit immédiatement de présenter son métrage par une mise en abîme saisissante. Diary of the Dead est le résultat du montage de plusieurs sources vidéos : les cameras des étudiants, les vidéos surveillance des lieux visités, des vidéos récupérées via Youtube, ... Le film est donc un montage de films, agencés et montés d'une certaine façon afin d'essayer de nous montrer la "vérité" sur l'apocalypse du genre humain. On retrouve ici le même principe que De Palma dans Redacted. Comme le dit l'un des protagonistes : à l'heure où tout le monde peut tourner et diffuser son film, et donc sa vérité, comment faire le tri ?

Et Romero de s'amuser comme un petit fou en multipliant les lectures possibles et les situations ingénieuses. Rien à dire, Diary of The Dead fourmille d'idées. Pour exemple, le passage qui nous montre le réalisateur incapable de bouger parce que ... le câble reliant sa caméra déchargée à la prise électrique est trop court. Et quand plusieurs zombis traînent dans le coin, forcément ça n'est pas très rassurant.

Au-delà du plaisir (évident) de mise en scène,  Romero pousse le spectateur à s'interroger sur l'acte même de filmer. Rappelons qu'en anglais, filmer se dit "to shoot" qui signifie aussi "tirer". De là à dire que filmer c'est tirer, il n'y a qu'un pas que Romero franchit allègrement.

Enfin, Romero aborde aussi une notion très intéressante : est-ce que filmer c'est participer à l'action ? Peut-on filmer la misère et la détresse humaine sans intervenir sous prétexte que l'on cherche à témoigner ? L'auteur, incisif, propose une réponse sans concession dans une scène finale époustouflante de pessimisme et au-delà de l'horreur.

Du coup, avec toutes ses idées à mettre en place, il faut croire que Romero a oublié qu'il réalisait un film d'horreur. Oh il y a bien quelques moments flippants et scènes gore, mais ce n'est pas un étalage constant de tripaille. Les amateurs en auront pour leur argent avec quelques idées réjouissantes (ah, l'amish muet !), sans que cela ne dégoutte totalement les néophytes du genre. Non, Romero situe son film bien au-delà du simple film "pour se faire peur".

Diary of the Dead est un film impressionnant et époustouflant, je dirais même mieux : indispensable.
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12 juin 2008 4 12 /06 /juin /2008 08:37

Reservoir Dogs est le premier film de Quantin Tarantino, et peut-être le meilleur ? Voyons voir.

Début des années 90. Un jeune scénariste tente de percer dans le milieu du cinéma, avec un script excellent et novateur dans ses cartons. Il cherche un financement pour tourner, et se résignerait presque à le filmer pour une bouchée de pain. Heureusement, sa rencontre avec l'acteur Harvey Keitel va permettre au projet de se monter plus facilement : l'acteur a le vent en poupe et soutient le film. Viennent se rajouter une brochette de "gueules" et de jeunes acteurs qui perceront par la suite (Steve Buscemi, Tim Roth).
A noter que j’ai longtemps cherché pourquoi ce titre : Reservoir Dogs. Il semblerait que Tarantino souhaitait rendre hommage à deux autres métrages : « Straw Dogs » du grand Peckinpah (« les Chiens de Paille », en vf) et « Au revoir des enfants » de Louis Malle (Tarantino pensait que « au revoir » se prononçait « Reservoir »).

La grande force de Reservoir Dogs, c’est indéniablement son script quasi-interactif dans le sens où il incite continuellement le spectateur à réfléchir. Le montage est très particulier : les scènes ne se suivent pas dans l’ordre chronologique. Le film démarre par un pré-générique nous montrant un groupe de criminels déblatérant sur la discographie de Madonna et sur l’utilité des pourboires. Ils balancent des vannes, ont l’air cool, mais qu’on ne s’y trompe pas : ils préparent un sale coup, le braquage d’une bijouterie. Fin du préambule, musique, générique : pendant ce temps, le groupe marche dans la rue prêt à se mettre au boulot. Et BAM ! Tarantino réveille son public : un habitacle de bagnole couvert de sang, un des truands a pris une balle perdue, il faut fuir et rejoindre le lieu de rendez-vous convenu. Il va mourir si un médecin ne le soigne pas vite…
C’est l’une des forces de Tarantino : utiliser les effusions de sang pour réveiller le public et ne plus le lâcher.

Pendant toute la première partie, le spectateur va donc se trouver dans la même situation que les criminels. Qui est a balancé le groupe aux flics ? Et chacun de se forger une théorie en suivant les dialogues. Encore une fois, Tarantino fait appel à l’intelligence de son public. Inutile de nous montrer le casse (et le manque de moyen l’en empêche), Tarantino laisse les personnages le décrire à coup de dialogues incisifs et roublards. Et au public d’imaginer la scène absente. Une leçon d’efficacité.
Lorsqu’il dévoile la taupe, Tarantino embraye sur la seconde partie du film, à savoir « Comment le traître a-t-il trompé son monde et va-t-il s’en tirer ? ». Et Tarantino de nous sortir une scène exceptionnelle : la fameuse scène de la blague. Pour s’infiltrer, le supérieur du flic lui conseille d’avoir une bonne anecdote à raconter aux autres vrais malfrats. Pour se donner un peu de crédit. Et le flic d’apprendre la blague, la répéter, pour la sortir devant les criminels.

Tarantino filme ce passage d’une manière époustouflante et il constitue à mon avis le meilleur du film (bien plus que la célébrissime scène de torture de M. Blonde). Car Tarantino nous montre l’intégralité de la blague racontée par l’infiltré, mais en glissant d’une étape à l’autre : d’abord la lecture du script, puis, sans aucune coupure, sa mémorisation, puis, toujours sans coupure, la répétition et la représentation devant le public que constitue les autres criminels. Enfin, summum de la scène Tarantino nous montre l’acteur dans son rôle puisque l’on voit une retranscription de la blague à l’écran. Mine de rien, le réalisateur vient de nous refaire en moins de 2 minutes les différentes étapes que suit une histoire pour arriver devant son public : script, apprentissage, répétition, représentation, et constitution d’une image dans l’esprit du public.
Tarantino veut nous parler de la notion d’histoire, de narration dans Reservoir Dogs : comment les gens se racontent-ils des histoires ? Et Tarantino use le thème jusqu’à déconstruire son intrigue.

Reservoir Dogs est un film qui parle de narration tout en jouant avec elle. Tarantino est en état de grâce, et son film devient fabuleux.

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7 juin 2008 6 07 /06 /juin /2008 10:42
Hitman est l'adaptation sur grand écran du jeu vidéo homonyme qui connu un certain succès il y a quelques années. Le jeu vidéo vous mettait dans la peau d'un tueur à gage, l'Agent 47,L et vous deviez enchaîner des contrats : en gros, vous connaissiez votre cible, et vous deviez utiliser l'environnement pour la tuer et déguerpir le plus discrètement possible. L'intérêt du jeu était que vous aviez une grande liberté d'action. Alors qu'est-ce que ça donne sur grand écran ? Surtout que question adaptation ciné, les jeux vidéo sont rarement bien lotis...

Les temps sont durs pour l'Agent 47, puisque son dernier contrat s'avère être un guet-apen. Il doit fuir, pris entre la mafia et la police, avec en plus sur son dos une prostituée dont il s'est amouraché. Saura-t-il trouver qui est à l'origine de ce foutoir ?

Xavier Gens réalise le minimum syndical dans cette adaptation. On sent bien qu'il aimerait élever son film mais il n'y arrive jamais. La faute tout d'abord à un acteur principal aussi charismatique qu'une huître. On a du lui dire de jouer le mec dur et glacial, mais il a confondu avec l'inexpressivité. C'est donc mal parti. Heureusement qu'il a à ses côté la très cocotte Olga Kurylenko...

Mais le pire reste la réalisation : Gens semble vouloir magnifier le moindre plan, en bon élève de John Woo ou Christophe Gans. Là où les deux autres savaient doser (et encore...), ici Xavier Gens veut caser des plans qui tuent tout le temps. Et au final, ça gonfle : l'agent 47 rentre dans un restau ? Wouff... ralenti, caméra au-dessus de lui, musique symphonique.
L'agent 47 sort 2 flingues ? Hop il les pose sur sa poitrine pour les déployer au ralenti, woufffff... il tire et assassine quarante-douze adversaires en même pas 1 seconde, le tout encore au ralenti.
Un homme se sert à boire ? plan vu de dessus...

Tout est comme ça. A l'épate.
Ben moi ça m'a énervé plus qu'autre chose. A vouloir faire style, Xavier Gens oublie qu'il a une histoire à raconter et des acteurs à diriger.
Dommage.
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24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 20:08

La croisade s’amuse…

Bon, faut que je vous l’avoue tout de suite : pour moi, Indiana Jones c’est mythique. L’arche perdue est l’un des tous premiers films que j’ai vu en salle. En sortant, je me souviens que je savais ce que je voulais faire comme métier plus tard : archéologue. J’ai compris ensuite que c’était plus Indiana Jones qu’archéologue que je voulais faire (non, les archéologues ne luttent pas contre les nazis, non, les archéologues ne pillent pas les temples perdus…). C’est donc avec une crainte énorme que j’attendais ce quatrième volet des aventures de mon héros favori.

Attention, cette chronique va révéler l’histoire du film parfois dans le détail, donc si vous voulez garder le plaisir intact, allez le voir et revenir la lire !

Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal est un chouette film d’aventure. Voilà, c’est dit. Comprenez que c’est bien, mais pas extraordinaire et nous allons voir pourquoi.

Le sujet du film, tout d’abord. Pourquoi avoir choisi de nous montrer Indy sur la piste des extra-terrestres alors qu’il y a tant de légendes et de mythes sûrement plus attrayant ? Là pour le coup, c’est Indy contre les petits hommes verts. On se rappelle qu’un jeu vidéo avait proposé un sujet probablement plus excitant : Atlantis. Un exemple parmi d’autres… Mais si le sujet est mal choisi à mon avis, le traitement est à la hauteur. Nous sommes à la fin des années 50, l’ennemi des américains vient de l’Est, et Roswell est passé par là… On supprosera que Spielberg en profite donc pour confronter son héros à l’un de ses thèmes favoris, les extra-terrestres. Autre point positif, l’évocation nostalgique d’une Amérique fantasmée des années 50, avec les blousons noirs, cheveux gominés, espions russes…

Et Harrison Ford ? Et bien curieusement, l’illusion fonctionne dans les scènes d’action, alors que lors des scènes calmes, on voit bien qu’on a affaire à un papy. Ca me laisse un peu mitigé.

Pire, les autres rôles du film sont à la ramasse. Marion, déjà vue dans l’Arche Perdue, ne sert que le temps qu’une savoureuse scène de retrouvaille. Leur freluquet de fils ne sert que de side-kick un brin jaloux de son père.

La méchante russe (Cate Blanchett) aurait pu être l’une des meilleurs méchantes de la saga, si toutes les promesses avaient été tenue. Au début, elle semble douée à la rapière, et dotée de capacités télépathique. Au final, ses talents d’escrime ne servent pas vraiment (si un combat contre le fils d’Indy…), et les pouvoirs mentaux ne servent pas. Bon sang, il y avait matière à faire une scène d’action énorme, à base de pouvoirs mentaux (genre « ca ne sert rien de vous débattre, Dr Jones, je sais par avance ce à quoi vous pensez… ») !

Reste quelques beaux moments (les courses poursuites sont sympathiques), quelques beaux plans (ah, Indy en ombre chinoise devant la bombe A !), et surtout beaucoup de références aux 3 épisodes précédents (Indy poussant un « C’est intolérable ! »)et enfin et surtout la musique !

Au final, on est heureux de revoir notre héros sur grand écran dans une aventure inédite. Mais l’on ne peut s’empêcher de penser qu’il est temps que notre héros prenne définitivement sa retraite…

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20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 08:42

Il y aurait pas mal de choses à dire sur Abre los ojos, film à succès qui a révélé Alejandro Amenabar comme l'un des réalisateurs contemporains les plus précieux (voir notamment son dernier film Mar Adentro).

César (Eduardo Nauriega, impeccable) est riche, il a hérité de la chaîne hotellière familiale. Il est beau : ses amis ne comptent plus ses conquêtes féminines. Jusqu'au jour où le destin lui fait rencontrer Sofia (la craquante Peneloppe Cruz) : le jeune étalon en tombe tout de suite amoureux, le genre de chose qu'il pensait impossible. Mais c'est sans compter la jalousie de son meilleur ami...

Pire : une de ses ex-conquêtes n'appréciant pas de se faire larguer ainsi se venge en provoquant un accident de la route : César en ressort vivant mais défiguré. Comment va-t-il appréhender son existence avec ce visage effrayant ?


Abre los ojos est un film riche parce qu'Amenabar manipule pas mal de concepts à la fois, et s'amuse à butiner d'un genre à l'autre sans réellement se poser. On a donc la sensation agréable d'être continuellement au bord du gouffre, d'ignorer totalement complètement ce qui va bien pouvoir arriver. La première partie ressemble à une bluette romantique, puis le film bascule dans le thriller psychologique, pour atteindre les limites du fantastique, qu'il franchit allègrement pour se terminer sur... ? Suspens oblige, je ne vous dis rien, mais Amenabar sait y faire pour surprendre le public et le final nous montre qu'on peut manipuler des concepts très abstraits et très fantastiques sans pour autant se ruiner en effets spéciaux.

Abre Los Ojos impressionna tellement qu'Hollywood en fit un remake avec Tom Cruise, remake bien moins interessant à mon goût (même si ca reste un bon film).

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26 mars 2008 3 26 /03 /mars /2008 20:27
On va démarrer ce billet par un coup de gueule contre le distributeur français de The Mist : TFM Distribution. Je voulais aller voir ce film au cinéma, mais pas de chance : le film ne passe pas près de chez moi. Et après quelques recherches je me rends compte que je ne suis pas le seul dans ce cas, puisque le film n'est distribué qu'à 40 copies !
A croire que TFM Distribution voulait planter directement le film sans même lui donner une chance. Dommage. Dommage parce que le film est bon, parce qu'il avait un potentiel : l'adaptation d'une nouvelle de Stephen King par Frank Darabont (le duo de créateurs à l'origine des très bons Les Evadés et La Ligne Verte, rien que ça). Alors après je lis que le téléchargement tue le cinéma. Rions un peu : dans le cas présent il permet à des amateurs de cinéma de voir un bon film. Fin de la parenthèse.

Donc The Mist, de quoi cela parle-t-il ?

Dans une petite ville côtière de l'est américain, une curieuse brume se lève. A l'intérieur du brouillard des créatures féroces massacrent les habitants. Réfugiés dans un supermarché, un père de famille et son fils vont tenter de survivre à cet enfer...

Frank Darabont réussit encore une fois à adapter Stephen King les doigts dans le nez, là où beaucoup se vautrent lamentablement (Chambre 1408 est le dernier en date). Pourquoi ? Parce qu'il a compris depuis longtemps que ce qui fait la force du King, ce n'est pas l'Horreur mais les personnages et l'attachement qu'on leur porte. Donc The Mist n'est pas qu'une histoire de gros monstres affreux qui croquent des humains, c'est surtout un terrible portrait d'une société (l'échantillon de clients du supermarché) en pleine perdition car incapable de s'unir (Darabont tire à boulet rouge sur le fanatisme religieux). Le hasard a voulu que je vois The Mist le même jour que l'épisode Les Monstres de Mapple Street, première saison de la Quatrième Dimension. Les liens qu'entretiennent les deux histoires sont plus qu'évidents.

Mais Darabont rend aussi hommage aux bons vieux films d'horreur à travers une série de scènes horrifiques. Et c'est là où se situe le gros problème de The Mist. Les effets spéciaux sont râtés. Purement et simplement. Visibles comme le nez au milieu du visage, mal foutus, mal intégrés, quelque choses ne va pas. Et ça plombe quelque peu les scènes d'horreur. Dommage, car tout le reste est bon au point qu'au final Darabont aurait dû jouer la carte de la suggestion plutôt que de vouloir verser dans l'horreur explicite.

Enfin, The Mist c'est un final absolument terrible, l'un des finals les plus pessimistes et cyniques qu'il m'ait été donné de voir. Un choix qui force le respect (non ça ne finit pas bien, et même au-delà de ce que vous pourriez imaginer, si si...), et qui dénote d'une volonté de ne pas servir la soupe au spectateur. The Mist malgré ses faiblesses visuelles, rattrape le coup par la profondeur de son intrigue et une des fins les plus éprouvantes du cinéma.

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17 mars 2008 1 17 /03 /mars /2008 14:23
undefinedRoland Emerich et moi, une vraie histoire d'amour qui a commencé avec Independance Day. Je n'aime pas le style d'histoire d'Emerich, ces intrigues convenues et stéréotypées à mort. Son cinéma qui consistent à ne jamais surprendre le spectateur et toujours lui proposer des séquences vues, revues et re-revues... Dans son précédent métrage, Le Jour d'après, j'avais senti comme une légère (n'exagérons rien !) amélioration . Allait-il poursuivre sur sa lancée avec 10 000 ? Le printemps du cinéma tombait à pic pour le vérifier à moindre coût !

A l'époque de la préhistoire (mais qui sait ? voir plus bas !), D'Leh, un jeune chasseur de mammouth, part vers le Sud et le désert, à la rescousse de sa promise, enlevée par une bande de mercenaires...

N'allons pas chercher la moindre parcelle de réalisme dans 10 000, ça n'est pas l'objectif. Imaginez que votre petit frère écrive une histoire sans faire attention un seul instant à la réalisté historique, vous obtiendrez quelque chose de semblable au scénario d'Emerich. Le but ici est clairement de rechercher le spectaculaire, l'épique et faisons fi de toute vraisemblance. Heureusement. Parce que les acteurs principaux ont tous une dentition digne de Santa Barbara et le côté homme de cro-magnon se retranscrit par quelques rastas et peaux de bêtes. Le meilleur est pour la fin, lorsque D'Leh débarque en Egypte Antique, pendant la construction des pyramides : les blocs de pierre sont traînées par des mammouths. Ben voyons...

Alors bon, on se dit que finalement on est pas venu là pour prendre une leçon d'histoire. Si ça bouge, si il y a de l'action on lui pardonnera bien ces quelques problèmes de vraisemblances, au Roland. On notera au passage qu'il aime bien la période égyptienne, le Roland. Dans Stargate, on y avait aussi eu droit, avec autant de talent. Pas de chance pour les amateurs d'épisme et d'action, le film s'avère assez calme dans son ensemble. Oh, il y a bien quelques moments où ça bouge : une chasse au mammouth, une attaque de dodos géants (gasp !), et une rébellion d'esclaves égyptien. 

Côté bestiaire, n'en demandez pas trop non plus. En plus des mammouths et des dodos géants, préparez-vous à voir un tigre à dents de sabre. Dans 2 scènes, 3 minutes mises bout à bout. Mais quelle scène ! Toute entière empreinte de la naïveté de Roland ! D'leh est bloqué dans un trou avec le tigre, lui-même coincé sous des éboulis. Heureusement D'Leh est un cro-magnon cool : il dit au tigre "Si je te libère, tu ne m'attaqueras pas. Rappelle-toi de moi !". Bien entendu, le tigre ne l'attaque pas. Passons. Scène suivante, D'Leh arrive dans un village africain, qui l'acceuille avec méfiance, toute lance dehors. Et là, vous ne me croirez pas, le tigre revient, pousse quelques rugissements pour dire "j'en ai une plus grosse que vous", renifle un D'Leh qui baragouine "rappelles-toi...". Et le tigre se barre. Sympa le tigre. Profitez bien de la scène c'est la dernière où vous verrez Tigrou. Et de là on apprend qu'une prophétie raconte la venue d'un homme qui saura dompter le tigre, et libérer la tribu du joug du méchant et bla bla bla... Allez je vous spoile même la fin : D'Leh retrouve sa copine, qu'on croit morte et puis qui finalement revient à la vie. Et ils rentrent chez eux. 

Si tout ça vous paraît bien, allez-y courrez voir 10 000, vous passerez un excellent moment. Moi, euh, bon.
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17 mars 2008 1 17 /03 /mars /2008 14:05

undefinedC'est le printemps du cinéma, soit 3,5 € la séance, alors autant en profiter pour voir des films qu'on ne serait pas allé voir pour 8,50 €. J'ai adoré le roman de Richard Matheson : je l'ai lu deux fois. Et j'avais entendu dire que la fin du film n'avait plus rien à voir avec celle du livre. J'en avais conclu que ça n'en valait pas le coup. Erreur, puisqu'après visionnage de "Je suis une légende", il s'avère que c'est une piètre adaptation, effectivement, mais que c'est un putain de bon film. Quoi ça, comment ça ?

Robert Neville est un des derniers hommes sur Terre, après qu'un virus ait décimé 99 % de la population. En tout cas, c'est le seul survivant à Manhattan. Alors Neville, accompagné de sa chienne Sam, erre dans une ville laissée à l'abandon et survit tant bien que mal. Car si tout le monde n'a pas totalement disparu : certains humains se sont changés en mutants trop sensibles à la lumière pour sortir le jour...

La première force de Je suis une légende, le film, c'est la description très crédible des lendemains d'un apocalypse. La vision de cette New-York vide, silencieuse, peu à peu grignottée par la végétation et où les animaux reignent est impressionnante. La première scène est emballante et pose le ton immédiatement : Will Smith n'est pas là pour nous chanter du "Wild Wild West", ça va être rude et noir.

Pas d'erreur, le film poursuit sur sa lancée sombre, et nous montre un héros certes organisé, mais aussi désespéré dans son environnement. Il y a un soupçon de Seul au monde lorsque Will Smith parle à des mannequins ou à sa chienne comme pour entretenir des relations sociales factices mais si réconfortantes. Des moments beaux, et fins, si rares dans le cinéma grand public US.

Et puis il y a cette fin, totalement réécrite donc. Autant je trouve la fin du roman magnifique, autant la "trahison" effectuée dans le film ne m'a pas dérangée. Le titre change au final complètement de son sens originel mais reste cohérent avec la vision que le réalisateur developpe pendant le film. 

Je m'attendais à en dire beaucoup de mal et au final, j'avoue, je suis surpris, j'ai passé un très très bon moment.

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13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 11:56
undefinedCa fait déjà quelques temps que je suis allé voir Bienvenue chez les ch'tis. Bien avant même qu'on commence à parler de vague ch'tis dans la presse : le film finira sa vie en salle au-delà des 10 millions de spectateurs, ce qui le place parmi les plus grand succès du cinéma français. Astérix aux jeux olympiques s'est finalement fait coupé l'herbe sous le pied par les p'tits gars du nord. Et c'est tant mieux.

Heureux. Heureux que j'étais dans la salle pendant la diffusion du film. Oh n'allez pas penser que Bienvenue... est un film extraordinaire, géniallissime et qu'il faut vous ruer dessus. Non, c'est un agréable film. Et surtout il est drôle. La salle riait aux éclats et en cette période morose pour notre pays, cela fait du bien d'entendre une salle se marrer.

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