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26 mai 2010 3 26 /05 /mai /2010 10:12

delautrecotedulitHugo (Dany Boon) est persuadé qu’Ariane, vendeuse de bijoux, passe ses journées à ne rien faire. Ariane est sûre que le métier d’Hugo, chef d’entreprise, est épanouissant. Leur couple bat de l’aile : ils décident d’échanger leurs vies.

Les producteurs ont du croire à la bonne idée : dans le même film, l’acteur principal de « Bienvenue chez les ch’tis » (méga carton national) avec l’actrice principale de « LOL » (beau succès au box-office français). Sauf que non, ça ne fonctionne pas. Mais alors pas du tout.

Intervertir les rôles, placer des personnages dans des situations inconnues, c’est un des grands classiques du cinéma comique. Sauf qu’ici, jamais on n’y croit. Dany Boon a la part la plus facile : il passe de PDG à père à vendeur. Ca passe sans trop de problèmes. Quant à Sophie Marceau il ne lui suffit pas de se teindre en brune et porter des lunettes pour que d’un coup, miracle, on croit qu’elle est une PDG, même une PDG minable.

Pire, la scénariste et réalisatrice, Pascale Pouzadoux, essaie de nous y faire croire coûte que coûte : et vas-y que je vous met un huissier qui surveille et coache le couple, et puis tant qu’à faire, il tombe amoureux de la mère de Sophie Marceau, ça fera toujours une intrigue supplémentaire.

La réalisation ne sauve pas le film au contraire : tout est gros, énorme à base d’effets de caméra et de montage. Un flop. Surtout quand Sophie Marceau en rajoute des caisses.

« De l’autre côté du lit » ennuie, ne fait pas rire, et m’a laissé sur cette pensée : comment peut-on produire, réaliser, scénariser ce machin ?

 

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 14:03

lamerditudedeschosesGunther Strobbe est écrivain, ses romans dorment dans ses tiroirs : il ne trouve pas d'éditeur qui accepte de le publier. Alors il entreprend d'écrire une autobiographie. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que la réalité dépasse parfois la fiction !
Car l'adolescence de Gunther n'a pas été simple. A 13 ans, la vie de Gunther semble prendre le même chemin que celle de son père et de ses oncles. Beuveries, drague éhontée, glande permanente... La famille de Gunther est décidément bien spéciale !


La Merditude des choses est un film bien spécial. Le scénario n'est pas compliqué, l'intrigue minimale, et il s'agit surtout de montrer un instant de la vie du jeune garçon.

L'environnement est inhabituel au cinéma : un village paumé de la Belgique flamande ! Un paysage pas fréquent dans le cinéma actuel. Et qu'est-ce qu'il se passe ? Rien. Des glandeurs qui se soûlent, des pères qui ne s'interessent pas à leurs enfants, des fils qui ne respectent pas leurs familles, bref, ça craint. Rapidement le je-m'en-foutisme des personnages prend des proportions incroyables, ça ferait presque froid dans le dos de se dire qu'il doit y avoir des  ! Et puis petit à petit on se laisse prendre par le film, il y a un côté bon enfant malgré tout, et au final le réalisateur parvient à faire qu'on s'attache à ces personnages. Ils sont moches, ils sont idiots mais on les aime bien.

Cela ne fait que renforcer la violence des sentiments qui émerge régulièrement. C'est triste et drôle à fois, j'en suis sorti étonné de ne pas avoir vu le temps passer. Ce mélange de rigolade et de misère morale et sociale fonctionne à plein régime. Certes ses oncles et son pères sont des crétins, mais ils sont plus bêtes que méchants.

lamerditudedeschoses01
Le film est construit à partir de flashbacks réguliers entre le présent et la jeunesse de Gunther. Ses actes de maintenant prennent leurs racines dans le passé, on comprend petit à petit mieux ses réactions.

La Merditude des choses est un petit film modeste, mais qui m'a transporté, m'a interrogé et m'a surpris. A voir !

Je vous laisse avec la bande-annonce.




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4 avril 2010 7 04 /04 /avril /2010 10:45

VampireLesbianKillersRien qu'en lisant le titre, on imagine bien qu'on ne va pas assister à un chef d'oeuvre du cinéma, mais bien à un produit ultra-ciblé : les amateurs (ou "mateurs" tout court) de vampires. Tellement ciblé que le métrage a manqué de peu les salles de cinéma françaises où il devait sortir l'été dernier. La sortie du DVD est donc l'occasion de voir ce que l'on a manqué.

L'intrigue est assez basique : deux jeunes adultes, Jimmy et Fletch, décident de partir dans un trou perdu de la campagne anglaise afin d'oublier leurs soucis amoureux. Coup de chance :  ils  rencontrent des jeunes femmes particulièrement sexy et peu farouches venues pour de la randonnée. Nos deux héros imaginent déjà qu'ils vont passer du bon temps. C'est sans compter une ancestrale malédiction : certaines jeunes femmes, tout juste majeures, deviennent de redoutables vampires lesbiennes... Le combat va pouvoir commencer !

On l'aura vite compris : Lesbian Vampire Killers n'est en aucun cas un film sérieux.
Le film enchaîne les gags les uns après les autres. La grande force comique du film repose sur les épaules des deux acteurs principaux, assez drôles, et sur les répliques plutôt bien trouvées (attention à la VF, je l'ai vu en VOST). Le réalisateur joue à fond la carte du second degré en permanence et parvient à confectionner un petit film drôle et rythmé. Voir nos deux nigauds affolés par de splendides créatures démoniaques, c'est assez fun.

La sexualité est très soft et plus sujette à gags qu'à des scènes sensuelles. Du coup, l'idée des vampires lesbiennes apparaît plus comme un moyen d'attirer le spectateur que comme une vraie trouvaille scénaristique ("viendez voir les filles sublimes se faire des mamours, les gars !").
VampireLesbianKillers01
Au bout du compte on passe un bon moment, même si le film a un petit côté racoleur qui peut déplaire.
Dans la limite de ses très modestes ambitions, c'est plutôt une agréable surprise puisqu'on ne voit pas le temps passer.

VampireLesbianKillers02

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20 mars 2010 6 20 /03 /mars /2010 09:44
valseavecbachirValse avec Bachir est un grand et beau film.

Commençons par la forme. Le film se présente comme un documentaire animé, genre rare au cinéma (et peut-être bien que c’est la première fois que l’on voit cela). Le principe est simple : Ari Folman, réalisateur israëlien, se met en scène alors qu’il cherche à retrouver la mémoire concernant son implication dans la guerre au Liban de 1982, et plus particulièrement au cours du massacre de Sabra et Chatila. On assiste donc à une suite d’entretiens qui vont permettre de recomposer les actions d’Ari Folman sur cette période. Mais le réalisateur choisit la forme du dessin animé pour exposer ses recherches. Le budget du film étant faible, Ari Folman a dû ruser ; le résultat est étonnant : on navigue entre animation 2D et décors 3D. On pourrait penser que les deux se marient mal, il n’en n'est rien et l’originalité graphique du film doit beaucoup à la ruse des techniciens qui consiste à nous faire oublier le manque de moyen. Le choix d’imposer une palette de couleurs (l’ocre et le gris dominent) achève de créer un style graphique fort. Certes, il y a bien des moments où l’on sent que l’animation n’est pas au top, mais qu’importe, l’ensemble est cohérent et élégant. Certains intervenants ont été reconstitués en dessin, avec une fidélité étonnante.

Voilà pour la forme, qui a elle seule mérite qu’on s’attache au film.
Mais Valse avec Bachir est un film précieux, car il expose une période sombre de notre histoire, un massacre organisé de plusieurs centaines de civils palestiniens dans les camps de Sabra et Chatila, massacre soutenu (sinon organisé) par l’armée israëlienne.
On peut voir le film sans aucune connaissance géographique et historique, mais je vous conseille tout de même de faire quelques recherches afin de mieux saisir le contexte et la portée des évènements.
Forman choisit de construire son film sur des flash-backs qui s’intercalent entre les interviews.Ses souvenirs permettent au réalisateur de dépeindre le quotidien de la guerre, de petits moments qui « font vrais ». On est loin de l’héroïsme auquel les films de guerre ont pu nous habituer. Ici, les soldats qui composent le groupe d’Ari sont mous, incompétents, et détachés. Pas de grands moments d’épisme, hormis la scène qui donne son titre au film. Du coup, l’ensemble nous paraît bien plus objectif, surtout que Folman n’est jamais tendre avec les dirigeants et gradés israéliens de l’époque.
La dernière partie du film, le massacre des camps de Sabra et Chatila, est un beau moment de cinéma, avec une grosse émotion face à l’horreur dépeinte. J’avais bêtement en tête que les israéliens étaient les « gentils » dans le conflit qui les opposait aux Palestiniens. Quand je dis bêtement, c’est parce que je n’avais jamais beaucoup réfléchi et que j’avais une vision manichéenne de la question. Valse avec Bachir a le mérite, pour les personnes comme moi, de remettre en perspective leurs idées. Folman nous montre l’enchaînement des décisions qui ont conduit le gouvernement israélien à soutenir le massacre et l’horreur.

Les dernières images, en prises de vue réelles cette fois, marque la prise de conscience du soldat Folman devant l’inconcevable (rappelons que les parents du réalisateur ont été déportés à Aushwitz). Le film nous laisse devant un gouffre, la cruauté humaine.

Un film fort que vous devez impérativement voir.
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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 14:04
OSS117lecaireniddespions1955. L'agent secret français OSS 117, de son vrai nom Hubert Bonnisseur de la Bath, est envoyé au Caire pour élucider le meurtre d'un agent français. OSS 117 devra découvrir la vérité alors que tout le monde conspire en Egypte : anglais, soviets, allemands, la famille royale, etc. Et vu les qualités fort limitées de notre agent, l'affaire s'annonce loin d'être facile...

J'avais suivi la sortie de ce film (et de sa suite Rio ne répond plus) de loin parce qu'il me semblait qu'on avait affaire ici à un bon gros film comique français probablement bien lourd qui surfait sur la nostalgie cinématographique des films d'espionnage des années 50-60. Si je ne me suis pas trompé concernant la nostalgie, j'ai du revoir mon préjugé ; Le Caire nid d'espions est un excellent film comique : fin, drôle, absolument second degré.

Si vous n'aimez pas Jean Dujardin, passez votre chemin, l'acteur occupant l'écran pendant quasiment tout le long du métrage. Et l'acteur s'investit complètement dans son rôle. Il parvient à imiter l'allure, le genre, la classe d'un Sean Connery de James Bond contre Dr No, tout y ajoutant un grain de parodie fort bien venue.

Cet OSS 117, c'est la caricature du français (vu par les étrangers) : sûr de lui, prétentieux, chauvin, mysogine, macho, inculte, et j'en passe. Jean Dujardin joue à la perfection ce rôle d'idiot qui se prend pour un as des services secrets alors qu'il patauge lamentablement durant tout le film et ne parvient à démêler l'affaire que par chance et surtout grâce à l'astuce de sa coéquipière.

Vu au premier degré, forcément, difficile de s'amouracher de ce personnage détestable. Au second degré les dialogues deviennent franchement désopilants. Il faut voir sa coéquipière lui dire, après s'être retenue tant que possible de l'envoyer sur les roses : "Vous êtes tellement... comment dire... français !". Et OSS de sortir après un temps de reflexion un peu long : "Merci" d'un air satisfait.

OSS117lecaireniddespions-01

Cette nouvelle version d'OSS 117 s'écarte donc du film d'aventure, pour y préférer la parodie et le pastiche. Et le réalisateur, Michel Hazanavicius, pousse la copie très loin. Les couleurs font invariablement penser au Technicolor, les costumes et les décors sont parfaits, la musique colle totalement au style graphique. Bref c'est un grand cri d'amour pour le cinéma de genre, et pour peu qu'on soit amateur, on se régale.
Forcément, le public qui n'aura pas vu au minimum un des tout premiers James Bond se sentira certainement un peu perdu. Pour dire : sur le DVD, on trouve une bande-annonce internationale dans laquelle le thème musicae de On ne vit que deux fois est repris à l'identique. J'ai aussi décelé quelques références bien pointues, comme cette poursuite dans les rues du Caire qui parodie gentiment celle de l'Homme qui en savait trop d'Hitchcock.

Hormis quelques passages à vide, lors desquels l'humour tombe un peu à plat (la bataille de poulets), le film m'a enthousiasmé à tel point que je suis très curieux de voir la suite, Rio ne répond plus.

Vivement conseillé.

OSS117lecaireniddespions-02
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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 10:56
Jeanne, qui vit chez sa mère, cherche un travail de secrétaire, sans grande conviction. Sa mère, Louise, avec qui elle s’entend très bien, voudrait l’aider : elle pourrait contacter un célèbre avocat parisien, une ancienne connaissance de jeunesse.
Jeanne, de son côté, aime faire du roller. A cette occasion, elle rencontre Franck.


Pour écrire son film, André Téchiné est parti d’un fait divers: l’affaire du RER D. En résumé, il s’agit de l’agression antisémite totalement inventée par une jeune femme dans le métro parisien. Voir à ce sujet les articles compilés ici : cliquez. Téchiné extirpe le fait seul et invente un avant et un après. Donc il ne s’agit nullement d’un documentaire.

La fille du RER
suit deux parcours. Celui de Jeanne, tout d’abord : comment sa relation avec Franck va-t-elle évoluer ? Va-t-elle trouver du travail ? Et puis le parcours de Louise : va-t-elle reprendre contact avec cet avocat qui est aussi un ancien prétendant ? Comment vont se passer ces retrouvailles ? Petit à petit, les éléments du drame se mettent en place, jusqu’au mensonge de Jeanne. La première partie permet de comprendre les raisons de ce mensonge.

Puis le film bascule dans les conséquences. Mais Téchiné s’intéresse uniquement aux conséquences sur ses personnages et presque jamais on évoque les politiques. Les trajectoires des personnages convergent jusqu’à laisser le spectateur se faire sa propre opinion sur les tenants et aboutissants.

La fille du RER n’est pas spécialement distrayant (certains le jugeront peut-être même ennuyeux), mais c’est un film qui m’a marqué puisque je me suis surpris à y réfléchir les jours qui ont suivi son visionnage. Réfléchir aux raisons de Jeanne et l’impact que son mensonge a eu sur la vie des autres personnages. Je n’ai toujours pas de réponse, mais le film a maintenant sa propre vie dans mon imaginaire, et c’est un très joli tour de force.

A noter la prestation d’Emilie Dequenne, bluffante.
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9 février 2010 2 09 /02 /février /2010 09:30

lhommedeshautesplaines01L'Homme des Hautes Plaines est le deuxième film de Clint Eastwood. Révélé au monde entier     grâce par le western spaghetti (merci Sergio Leone), il semblait légitime qu'Eastwood rende hommage au genre très tôt dans sa carrière de réalisateur.

Mais au lieu d'un banal western, le jeune cinéaste ne va pas cesser d'alterner entre classicisme et originalité.

 

Un cow-boy solitaire (Eastwood, évidemment) arrive à Lago, une petite et opulente ville côtière. L'arrivée de l'Etranger suscite rapidement l'attention de quelques jeunes bandits qui terminent rapidement en cadavres. Et lorsqu'une belle demoiselle s'insurge de la sauvagerie de cet Etranger, ce dernier l'attrape et la viole dans la première grange venue !

Shocking ! Qu'arrive-t-il donc au père Eastwood ?

Que se passe-t-il ? Cela fait à peine un quart d'heure de métrage et l'on baigne dans une ambiance étrange, L'Etranger semblant être venu à Lago avec un objectif bien précis : se venger de 3 bandits qui ont fouetté à mort un homme ici-même il y a quelques années.

Les notables de la ville ignorent tout des plans de l'Etranger, et estiment qu'il est le plus à même de les  protéger de ces mêmes bandits. Illico, ils l'embauchent et le nomme shérif, prêts à tout qu'ils sont pour obtenir une protection salvatrice.

 

L'Homme des Hautes Plaines démarre donc sur une intrigue classique : le cowboy qui protège la ville contre des malfrats. Les amateurs penseront de suite à Une poignée de dollars et Pour quelques dollars de plus. Les trois films partagent le même héros crasseux, cynique, violent et solitaire.

 

lhommedeshautesplaines02

Mais Clint Eastwood introduit rapidement des éléments surnaturels dans un film à priori bien balisé. Générique : un cowboy apparaît (littéralement) d'un mirage. Les premières notes de musique sont très éloignées d'un Ennio Morricone : il s'agit de nappes sonores mélancoliques qui petit à petit cèdent la place à une musique un peu plus western.

 

L'homme solitaire arrive à Lago, un village côtier, emplacement assez rare dans le western où l'on est habitué depuis trop longtemps au poussiéreux villages perdus dans le désert. L'Étranger commence par traverser un cimetière, puis suit la rue principale du village, sous les yeux intrigués des villageois. L'homme dérange l'ordre bien établi. Un ordre d'ailleurs assez propret, puisque la ville donne une sacrée impression de neuf et d'opulence (et pour cause, elle a été entièrement créée par les décorateurs du film, un poil pris de court). Les magasins sont remplis, les villageois propres sur eux et, seul un nain apporte une touche d'étrangeté dans le tableau.

 

Et puis intervient au bout d'une demi-heure la scène clé du film, celle qui permettra la compréhension de l'ensemble : l'Etranger nous semble rêver. Il voit un homme se faire fouetter à mort par 3 truands, et aucun villageois de Lago ne vient l'aider. La scène est capitale, car on comprend que l'Etranger vient se venger de la mort de cet homme (sans qu'on ne sache alors son identité, ce qui va être tout l'enjeu du film). Les notables se sont plantés, l'Etranger est là non seulement pour tuer les trois criminels, mais pour punir ces villageois qui n'ont rien fait pour protéger la mystérieuse victime.

lhommedeshautesplaines03

Et L'Etranger de tourner en ridicule chaque notable ; de nommer le nain shériff et maire de la ville ; et d'essayer de les entraîner au maniement des armes (sans grand résultat). Il fait même repeindre toutes les maisons en rouge, et fait écrire « Hell » (L'Enfer) sur le panneau à l'entrée de la ville. Vision dantesque d'un village de western couvert de rouge !

 

Et lorsqu'il a bien tourné ce petit monde en ridicule, les trois criminels arrivent. L'Etranger surgit alors d'entre les flammes qui ravagent la ville et attrape, un par un , chacun des tueurs. Sa vengeance ira jusqu'au bout : implacable, il trucide les trois assassins.

 

La fin du film est on ne peut plus claire : Eastwood traverse la rue principale dans le sens inverse, passant devant des villageois sales, voire infirmes, et des bâtiments en ruine. Il repasse par le cimetière où le nain travaille sur une tombe (celle de l'homme qui a été assassiné). Le nain lui demande (dans la version originale) : « Mais au fait tu ne m'as jamais dit ton nom ? » et Clint de lui répondre « Pourtant tu le connais bien ». Gros plan sur la tombe : Jim Duncan, l'homme mort il y a quelques temps. Et l'Etranger de disparaître littéralement dans un mirage.

Clint Eastwood signe donc un western fantastique, avec cette âme vengeresse qui se réincarne pour se venger de ses anciens tortionnaires.

lhommedeshautesplaines04

La version française du film réserve une surprise de taille, puisque les traducteurs, sans doute affolés devant tant d'originalité, ont choisi d'essayer de supprimer toute dimension surnaturelle au film, puisque ce dialogue est radicalement différent :

« Mais au fait tu ne m'as jamais dit ton nom ? 

- Tu le connais bien pourtant. C'est celui de mon frère. »

Et hop ! Ni vu ni connu, les traducteurs décident de lever l'ambiguïté. En gros, le public n'est qu'un ensemble  de crétins incapables de saisir la dimension fantastique du film... alors autant la supprimer, même si c’est pour rogner la cohérence du film.

 

Un bel exemple méconnu de traduction qui vient trahir le propos d'origine, qui ne doit pas faire oublier la qualité générale du film, annonciateur d'une formidable carrière de réalisateur.

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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 12:13
deadsnowHoula, attention, voilà un film d'horreur norvégien. Que voulez-vous, actuellement, les pays nordiques ont la cote auprès des amateurs de frissons ! Mais ne nous emballons pas trop, car à bien y regarder, il s'agit d'un produit bien médiocre sous ses aspects de petits films d'horreur sympa...

C'est les vacances de neige pour 6 jeunes adultes norvégiens ! Ils rejoignent le coeur léger le chalet qu'ils ont loué, perdu au milieu des montagnes enneigées. Pas de chance : ils ont atterri dans une région hantée par des zombis, et de la pire espèce puisqu'il s'agit de zombis nazis revenus d'entre les morts pour récupérer leur trésor de guerre... C'est le début du massacre.

Dead Snow, c'est nul tout simplement. La première heure enchaîne péniblement tous les clichés du genre, rebattus depuis au moins trente ans. Le réalisateur glisse des références grosses comme un camion, ce dont on n'avait même pas besoin tant elles sont évidentes (Evil Dead et Braindead). Mais il ne suffit pas de servilement citer ces références pour obtenir un bon film. Donc durant une heure, il ne se passe pas grand chose, et l'on s'ennuie presque.

Puis les zombis arrivent et l'on se dit que ça va enfin commencer. Même pas. La plupart des scènes empruntent donc aux 2 grands ancêtres cités, mais jamais le réalisateur ne tente un quelconque truc original. Pire, les acteurs sont imbuvables, les scènes pas très logiques, et les raccords photo foirés.

Allez, il reste dans cet océan de vide deux passages un brin drôles. Le premier intervient lorsqu'un des personnages se défend avec un marteau et une faucille face à un zombi nazi qui tire la tronche. Le second, lorsque les derniers survivants se retrouvent face au big boss des zombis, après avoir vaincu une horde de morts-vivants. Et eux de dire un truc genre "on va se le faire, ce salaud !". Et ce dernier de crier "Resssuuurrrecction" pour lever une nouvelle armée de zombis. Ah ah ah. Voilà je vous ai spoilé les deux gags un semblant drôles du film, vous avez économisé une location. Merci qui ?

Fuyez.
N'essayez même pas de le voir.
Vous le regretteriez. Le cas typique du produit complètement foiré qu'on trouve trop souvent dans le cinéma d'horreur actuel.
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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 21:59
lanuitnousappartientCela faisait longtemps que ce film me faisait de l'oeil. Une bonne occasion d'acquérir la version DVD collector, et hop, c'est parti !

Nous sommes à New-York, à la fin des années 80. Bobby dirige une boîte de nuit à la mode, dans laquelle viennent s'amuser pas mal de trafiquants de drogue. Une bonne raison pour que personne dans son entourage n'apprenne que Bobby appartient à une famille de flics : son père et son frère travaillent tous les deux dans la police. Et comme lui dit son père : un jour tu devras faire un choix entre ta famille et ton entourage.
Alors quand son frangin lui demande de devenir indic, pour appréhender un trafiquant russe, la situation de Bobby se complique...


Lorsque je regardais La Nuit nous appartient, j'avais l'impression d'assister à un classique instantanné (sensation que j'avais déjà eu cette année avec Gran Torino, par exemple). James Gray qui s'était déjà fait remarquer il y a quelques années avec Little Odessa, réalise ici un polar de haute volée et très agréable.

Joaquim Phoenix réussit à incarner parfaitement Bobby, on y croit, il EST le personnage et sert beaucoup dans la réussite de l'ensemble. Les autres rôles sont bien choisis  : Robert Duvall dans le rôle du père et Mark Whalberg dans celui du frangin. Reste Eva Mendes, dans un rôle un peu trop léger, dans le sens où elle n'a pas un rôle très important.

L'ambiance années 80 est fidèlement retranscrite avec une bande-son de haute volée (vous l'avez en bonus dans la version collector du dvd chez Wild Side Vidéo).

On frissonne, on réfléchit à ce que l'on ferait à la place de Bobby, et le tout sans violence ni vulgarité.

Du bon et du beau polar comme j'aimerais en voir plus souvent. Immanquable si vous êtes fan du genre.
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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 14:05
Non, le cinéma horrifique des années 80 n'est pas mort, et avec Jusqu'en Enfer, Sam Raimi vient nous le rappeler... gentiment.

Christine Brown travaille dans la branche immobilière d'une banque américaine. Elle brigue un poste plus important. Problème : elle est en concurrence avec un de ses collègues, et son directeur la juge trop indulgente avec les clients qui ont des soucis financiers.
Alors lorsqu'une vieille dame sinistre la supplie de lui laisser un délai de plus pour payer ses traites, Christine décide d'e ne pas être indulgente, même si cette dernière doit être expropriée. Hélas pour elle, la vieille en question est une terrible sorcière, qui, pour se venger, lui lance une malédiction : si rien n'est fait, d'ici 3 jours un démon l'emportera en enfer...


Evacuons d'emblée les défauts du film de Sam Raimi : les effets spéciaux numériques. Quel dommage d'avoir voulu presque tout faire en image de synthèse. Sam Raimi a démarré sur Evil Dead avec 2 bouts de ficelleet il en faisait des merveilles. Ici, tous les effets se voient comme le nez au milieu du visage et desservent complètement le film. J'en suis presque à penser qu'il aurait mieux valu ici les réaliser en direct sur le plateau, à l'ancienne. Au top des foirages : des geysers de sang (la scène reste drôle tout de même) et une biquette possédée par le démon (sic !).

Si l'on fait abstraction de ces défauts, Jusqu'en Enfer remplit parfaitement son objectif, être un agréable et sympathique film de série B d'horreur sans autre prétention que de vous faire sursauter et sourire. Car le cinéma de Sam Raimi, c'est un peu comme la fête foraine : il y a le train fantôme, le grand huit... On rit, on sourit, on sursaute ("Bouh !"), bref ça bouge, il y a de la vie. D'ailleurs l'heure et demi file très rapidement à travers une histoire rythmée, entièrement centrée sur les malheurs de son héroïne.

Et c'est la grande force de ce modeste film : il y a une intrigue, relevée de moments stressants, et de moments où l'on décompresse avec quelques farces. J'ai eu l'impression d'avoir 10 ans et de regarder Evil Dead II. Et pendant le film, je ne cessais de me dire que c'était tout de même bon, ce type de films. De nos jours, tout compte fait, le cinéma d'horreur se prend très et trop au sérieux avec des ambiances glauques, sombres, noires, et surtout des scènes de tortures complètement idiotes. Un peu comme si l'histoire n'avait maintenant plus d'importance, qu'il fallait montrer des corps en souffrance (sanguinolents,  déformés ou autres) et que cela suffisait. Il y a 20 ans, le cinéma d'horreur faisait dans la gaudriole et c'était en fin de compte bien plus drôle. Avant, c'était amusant, maintenant, c'est écoeurant. Merci au réalisateur de nous le rappeler !

Dernière remarque, on notera que le film est sorti en pleine crise des subprimes américaines. L'idée de montrer une employée de banque aux prises avec une malédiction n'est très certainement pas innocente. Et seul Sam Raimi, réalisateur de gros succès (la trilogie Spider-Man) pouvait se permettre une conclusion aussi radicale (attention spoiler : la toute dernière scène nous la montre emportée ... jusqu'en enfer !).

Raffraîchissant !
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