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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 21:48

Monster Hunter Orage 01Monster Hunter, c'est une série de jeux vidéo initiée en 2004 et déclinée sur plusieurs générations de consoles de jeu (en gros de la PS2 à la Wii). Pour résumer, les joueurs incarnent des chasseurs de monstres dans un monde de type fantasy. La série a connu un tel succès qu'elle a été adaptée sur papier. Mais là où les adaptations de licences officielles s'avèrent régulièrement décevante, il semble qu'avec Monster Hunter, la production a tenu à un certain niveau de qualité.

Hiro Mashima s'occupe du passage de la manette aux bulles. Un choix logique puisque l'artiste s'est déjà fait une sacré réputation sur des séries comme Rave, Monster Soul ou plus encore Fairy Tail, succès public (26 tomes !) dont l'univers se rapproche un peu de la fantasy de Monster Hunter. Enfin, Hiro Mashima avoue être un grand amateur du jeu.

Restait donc un écueil à éviter : faire un manga destiné aux fans du jeu, et rien qu'à eux, tout en s'aliénant le public néophyte (dont je dois préciser que je fais parti). Mashima choisit donc de suivre le destin du jeune Shiki, traqueur de monstres. A la mort de son mentor, ce dernier lui a confié une quête : trouver un monstre légendaire et le tuer. Voilà Shiki parcourant le monde, à la recherche dans un premier temps de compagnons de route, pour former un groupe. Il va croiser Eilee (qui s'avère être la fille de son mentor), et Sakuya une jeune forgeron. Tous trois vont affronter moults dangers et créatures toutes plus puissantes et effrayantes les unes que les autres. Et dans l'ombre, un groupe d'inquiétants personnages semble surveiller de près la quête du jeune Shiki...

Malin, Mashima prend le partie de nous montrer la création du groupes d'aventuriers ce qui nous laisse tout à la fois le temps d'appréhender l'univers de Monster Hunter et de connaître les personnages. Du coup, le groupe se créé petit à petit au fil des aventures, et on s'attache à leurs destins.

Comme je l'ai dit je ne connais pas le jeu Monster Hunter, mais on sent bien que l'auteur a glissé dans son histoire des références : les créatures, les capacités et design des armes et armures, la notion de quête et de récompense classique dans le jeu vidéo. Mais comme l'éditeur du jeu semble lui avoir laissé quelques coudées franches, il impose son style (loufoque) sur l'histoire, et rend le tout très agréable à suivre pour qui n'a pas eu le jeu vidéo entre les mains.

Les dessins sont assez classiques. Les amateurs de Fairy Tail ne seront pas dépaysés  : on reconnaît la patte de l'artiste. A noter la très grande lisibilité des dessins : on ne cherche pas le sens de lecture, les enchaînements entre cases sont fluides et travaillés.

Reste maintenant à voir où l'auteur veut nous envoyer. On sent son envie de développer une grande saga avec rebondissements et coups de théâtre, mais avec seulement 4 tomes et 14 chapitres au total, on se demande comment il va pouvoir s'en sortir.

Monster Hunter Orage est donc un manga très agréable, une lecture conseillée pour les amateurs du jeu vidéo mais aussi plus globalement pour les amateurs de fantasy décomplexée.

 

Monster Hunter Orage 02

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 16:49

clerks 2

Les héros de Clerks reviennent pour le pire... et surtout le meilleur !

 

Dante et Randall, deux employés d'épiceries, sont contraints de trouver un nouveau job après l'incendie de leurs locaux. Ils ne trouvent rien de mieux qu'un fast-food ! C'est le début de nouvelles aventures pour notre duo de glandeurs. Sauf que... Dante s'est trouvé une copine mignonne comme tout. Le mariage est pour bientôt, le couple doit partir s'installer en Floride, le père de la chérie a un job (sérieux) pour Dante... Une nouvelle vie serait-elle sur le point de commencer ? A moins que la patronne du fast-food ait des vues sur Dante ? ...

 

Clerks était un petit film en noir et blanc sur la futilité de la vie. AvecClerks II Kevin Smithchange de style : la couleur envahit l'écran et cette suite lorgne doucement vers la comédie sentimentale trash.

 

Trash ? Oui car entre les discussions sur le sexe, les débats sur "Quelle est la meilleure trilogie entre La Guerre des Étoiles et Le Seigneur des Anneaux ?" voire même les spectacles zoophil... euh d' "érotisme inter-racial", on ne s'ennuit pas.

 

Et Jay & Silent Bob, les deux glandeurs fétiches du réalisateur sont toujours là...

 

Kevin Smith se lâche. Les dialogues fusent, on rigole. Parmi ce maelström de gags et de répliques se dissimule un petit moment tout simple : un couple qui découvre qu'ils s'aiment. Du coup, une petite scène de danse se transforme en petite pépite de dynamisme et de bonheur. Ça vous attrape hop ! paf ! comme ça en plein milieu d'un film (un peu crétin), on se surprend à être ému. Rajoutez à cela un discours sur l'amitié qui vient à bout de tout et un constat plutôt juste : le monde a laissé derrière lui nos deux héros loosers...

 

Kevin Smith réalise là une suite très différente de son premier opus (hormis la fin, où la boucle est bouclée), mais diablement réussie. "Fuck !"

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 15:25

sacréJ'aime beaucoup l'auteur de polar Dennis Lehane.

J'avais déjà dit du bien d'Un Dernier Verre avant la guerre, son premier roman. Je ne vous avais pas parlé de Prières pour la pluie, et c'était aussi d'un très bon niveau (et aussi plus sombre, avec une fin très très noire). Alors après avoir fini Sacré cette fois-ci je ne manquerai pas de vous dire tout le bien que j'en pense...

 

Kenzie et Genaro sortent d'une mauvaise passe. Et leur nouvelle aventure ne présage encore rien de bon : ils sont enlevé par Trevor Jones, un vieillard milliardaire sur le point de mourir. Ce dernier veut les embaucher pour retrouver sa fille, Desiree, disparue suite au suicide de son petit ami. Une affaire toute simple à priori, sauf qu'un détective a déjà été embauché et celui-ci a aussi disparu...

 

Dennis Lehane laisse ses héros souffler un peu dans ce troisième volet des aventures de son duo fétiche. L'ambiance y est moins sombre que dans Prières pour la pluie, ne serait-ce parce que l'histoire sedéplace rapidement à Tampa, où la météo est bien plus ensoleillée qu'à Boston. L'intrigue globale est aussi un (tout petit) peu plus légère,mais rassurez-vous Dennis Lehane n'oublie jamais de placer quelques bons cyniques dans la bouche des personnages.

 

Jamais l'histoire ne ralentie, le roman se dévore de bout en bout.Les amateurs de polars seront heureux d'y trouver des stéréotypes du genre, de la femme fatale aux portes-flingues.

 

Lehane apporte enfin une réponse à la tension amoureuse qui régnait entre nos deux héros. On imagine qu'il aura tout le temps de venir modifier ça dans le prochain tome mais l'apaisement fait du bien. On est aussi heureux de retrouver certains personnages secondaires qui apparaissent encore une fois dans l'histoire (sacré Bubba...).

 

Sacré est donc un bon petit polar qui se lit avec plaisir sans jamais révolutionner le genre. Vivement le prochain !

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12 février 2011 6 12 /02 /février /2011 16:45

clerks01Dure journée pour Dante !

C'était sensé être un jour de repos, mais son patron l'oblige à venir bosser à l'épicerie. Il s'engueule avec sa copine au sujet de leurs précédentes conquêtes, aimerait bien secrètement se remettre avec son ex, et l'employé du vidéo club voisin n'arrête pas de venir papoter avec lui de tout et de rien. Pire, les clients les plus insolites se succèdent.

La journée s'annonce longue !

Premier film de Kevin Smith, Clerks est un joli brouillon annonçant les films suivants du réalisateur (par ailleurs scénariste de comics). On y retrouve tous les petits détails qui font le bonheur des amateurs de Kevin Smith et notamment les premières bourdes de ses deux héros fétiches et débiles : Jay et Silent Bob. Et puis les réparties qui font mouche et les réfèrences à la culture populaire des ados américains (de 1994).


Le film se présente sous la forme de scénettes qui se succèdent pour raconter la journée de Dante. On démarre dans son lit, réveillé par son patron, et on s'arrête à la fermeture du magasin.

 

Entre les deux ? Beaucoup de dialogues, comme si la vie, fade et triste des personnages (le film est en noir et blanc) ne pouvait s'égailler qu'avec des discussions, pas forcément très intelligentes, mais toujours insolites et pleines de panaches (les pornos hermaphrodites, le destin des employés indépendants de l'Étoile de la Mort dans La Guerre des Étoiles...). Chez Tarantino, les gangsters causent l avant de sortir les flingues ; chez Smith, les hérose le font pour faire passer les minutes, longues minutes... et pour oublier l'ennui.

On rit (parfois), on sourit (souvent), mais justement on ne s'ennuie pas pour un film qui ne tient que par ses dialogues (unité de lieu et une petite poignée de personnages). Et en fin de compte, Clerks ressemble à un brouillon de Woody Allen version grunge populaire des années 90.

 

Que demande le peuple ?

La suite avec Clerks II !

 

clerks02

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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 16:53

Thewalkingdead01Du zombi, on en bouffe beaucoup ces derniers temps, quelque soit le média : films, jeu vidéo, et même jeu de rôle (voir la sortie de Z Corps au 7éme Cercle le mois dernier). Restait la série tv, relativement épargnée par le genre.Pour mémoire, il y a bien eu Dead Set, une série anglaise, mais on était plus proche du gros feuilleton coupé en épisodes, que de la bonne vieille série standard (ce qui n'empêche pas Dead Set d'être de très bonne facture, j'en avais dis du bien ici).

 

Alors imaginez un peu la tête de tous les amateurs de chairs mortes lorsqu'on apprit il y a quelques mois que Frank Darabont , réalisateur de La Ligne Verte, les Evadés et The Mist, se lançait dans le projet improbable d'adapter rien moins que le meilleur comic-book du genre, The Walking Dead, au format série TV ! Ca bavait d'impatience ! Le résultat allait-il être à la hauteur de l'attente ? Réponse donnée à Halloween dernier, date de diffusion du premier épisode aux États-Unis...

 

Les zombis ont envahi le monde. Pour qui ? Pourquoi ? Nul ne le sait. Il ne reste plus que quelques survivants, dont le shériff d'une bourgade, qui se réveille au beau milieu d'un hôpital. Rapidement, il se rend compte de la situation et entreprend de rejoindre Atlanta, où, parait-il, il y aurait une grosse communauté de rescapés. Et surtout sa femme et son fils...

 

The Walking Dead impressionne. Darabont a parfaitement compris les attentes des amateurs du genre et réalise un premier épisode parfaitement calibré. Jamais on ne rit, jamais on ne desserre les fesses, tellement l'ambiance est sombre. L'ambiance post-apocalyptique est parfaitement rendue, à la hauteur même de ce que l'on avait pu voir sur grand écran (on pense parfois à 28 jours plus tard, parfois à Je suis une légende, ou au Livre d'Eli pour l'ambiance fin du monde). Si bien que la série est rapidement crédible, et jamais il n'y a de distanciation comique relâcher la pression.

 

Les acteurs eux-mêmes semblent habités par l'envie de bien faire et le rôle principal est tout simplement parfaitement tenu.

 

Un premier épisode qui donne envie, qui interroge (qu'y a-t-il à Atlanta ?) et surtout qui adapte avec une belle fidélité le matériel d'origine. Sans jamais le trahir, ni l'édulcoré.

 

Car The Walking Dead est violent et sanglant. Surprenant pour une "grande" série tv US. Ca gicle, ca charcle, les balles explosent les boîtes crâniennes. Rien que le prégénérique laisse stupéfait : le shériff met une balle dans la tête d'une fillette zombie !

 

Et c'est bien là tout le problème, la limite de The Walking Dead, en fin de compte. A trop vouloir respecter le genre, Darabont livre un premier épisode mature et nickel... mais uniquement pour le public ciblé ! Malheureusement toute la qualité de la série ne sera certainement jamais appréciée par Tante Josette, qui fuiera devant des scènes assez dures. Dommage. Dommage car il y avait matière à créer là le tout premier film de zombie accessible au grand public, si l'on avait évité quelques ralentis gore et explosions de cervelles. Dommage de voir toutes ces qualités narratives échapper au grand public.

 

En attendant, les amateurs de morts-vivants peuvent foncer, c'est réellement très prometteur.

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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 09:09

findingbliss01La charmante Jody a un sérieux problème depuis son adolescence : au lit, c'est la cata ! La jeune femme est coincée au possible, et sa vie sentimentale s'en ressent.
Pas grave, Jody passe sa frustration à travers ses études de cinéma, dont elle sort première de sa promo. Malheureusement pour elle, qui rêve de tourner son premier long métrage, à Hollywood les portes sont fermées. La voilà contrainte d'accepter un job comme ... assistante pour réalisateur de films porno !
Mais Jody ne se démonte pas, et compte bien utiliser le matériel du studio pour monter les films pour adultes le jour, et filmer son propre film "art et essai" la nuit...

Du cul et des sentiments, comment concilier les deux ? La réalisatrice décide ici de nous refaire le coup de la comédie romantique, mais dans un milieu qui ne l'est pas du tout, romantique.  D'un côté l'héroïne, talentueuse fille à papa et coincée ; de l'autre l'industrie du porno avec ses stars extravagantes et superficielles. On se dit que la confrontation de ces univers va dynamiser le récit, et on se trompe pas. Certes l'industrie montrée ici est particulièrement édulcorée, les problèmes de MST et de drogues n'étant par exemple jamais évoqués. Une version un peu "Bisounours" de la pornographie en somme. Si l'on y réfléchit le projet en lui-même est un peu bancal : comment montrer cet industrie pornographique sans tomber justement dans la pornographie elle-même.

Julie Davis contourne le problème, se bornant à simplement suggérer des scènes "hard". Par contre elle n'empêche pas son film de tomber parfois dans le graveleux, parfois drôle (vous découvrirez de nouveaux sens aux mots "éclair au chocolat" et "tunnel"), parfois pas franchement nécessaire (la zigounette d'un hardeur, bof). A noter quelques stars du X apparaissent dans de petits rôles.

Progressivement, Finding Bliss ressemblent à un "film de loosers" ; on a tous vu au moins un film où un groupe de personnages, pas du tout doués, se retrouvent à devoir se surpasser pour atteindre un objectif, comme par exemple le premier qui me vienne en tête Même pas mal !(Dodgeball). Dans Finding Bliss, le principe est : Jody réussira-t-elle a faire un "vrai" film avec une équipe composée de stars du X. Si au début le film nous montre ces stars comme des néandertaliens, rapidement Jody va découvrir des personnes généreuses et motivées. Un stéréotype de contourné (dans le X, il n'y a que des idiots et des pervers), mais un autre de retrouvé (on y croit pas du tout).

 

findingbliss04

 

Julie Davis va alors déployer plusieurs trames et idées dans son film, sans jamais malheureusement aller jusqu'au bout.


Tout d'abord lorsque Jody monte les fameux films porno durant la journée, elle s'imagine parler avec l'actrice de ses rapports sexuels frustrants. Elle se créé une amie virtuelle en somme. Dédoublement de la personnalité, émancipation sexuelle refoulée, il y avait matière à exploiter. D'une manière plus pertinante que le twist final sans intérêt.
L'équipe tourne un film de fesses le jour et un film normal la nuit. Petit à petit on devine que les deux métrages s'influencent peu à peu : les hardeurs sont crevés de leurs nuits et ne peuvent plus tourner le jour, ils deviennent plus exigents sur le scénario.
Bien entendu, l'histoire principale dans son ensemble prêtait à la reflexion : jusqu'où aller pour l'amour de son art ? Doit-on tout faire pour tourner ?

Autant de questions, d'interrogations, que Julie Davis va effleurer sans jamais essayer d'apporter une réponse, préférant à la place se concentrer sur la comédie "romantique".

 

findingbliss03


De ce côté-là, on va trouver les clichés habituels du genre. La cristalisation de Stendhal. Le doute (est-il l'homme que j'aime ?). La rupture (avec une séquence de chanson triste avec les deux amoureux qui ne veulent plus se parler). La réconciliation. Les parents pas contents que leur fifille sortent avec un réalisateur de films de fesses, etc.

Alors Finding Bliss, film râté ? Oui, mais avec pas mal de qualités qui emportent l'adhésion du public.

Les acteurs sont particulièrement bien choisis, Leelee Sobieski passe bien dans le rôle principal. Le timing du film est parfait, on ne s'y ennuit jamais. Et l'intrigue tord le cou à certaines idées reçues sur le milieu du X, et s'amuse à souligner qu'il ne faut jamais juger trop vite son prochain. Une morale certes convenue mais cohérente avec
l'ensemble.

Si bien qu'en fin de compte on passe un agréable moment devant un film bancal, dont on imagine à quel point il aurait pu être réellement décalé et réussi. Dommage, mais rien de rédhibitoire donc.

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31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 17:07

psychose.jpgpar Robert Bloch

traduit par Odette Ferry

 

En 1960, après « La Mort aux trousses », succès critique et public, Alfred Hitchcock cherche un nouveau scénario pour son prochain film. Il est intéressé par le roman "Psychose" de Robert Bloch, après en avoir lu une excellente critique dans le New York Times. Il veut obtenir un script, mais sa demande traîne. Alors il profite de son retour en Angleterre pour acheter le roman à l’aéroport. Il dévore l’histoire d’une traite et à son arrivée à Londres appelle son producteur afin qu’il achète les droits : Alfred Hitchcock a trouvé le sujet de son prochain film.

Reste à convaincre Universal. En effet, la maison de production est assez réticente à voir Hitchcock adapter un obscur roman de gare, alors qu’il a l’habitude de faire travailler ses propres collaborateurs et scénaristes. Hitchcock insiste. Il propose de diminuer son salaire et de tourner avec l’équipe de la série tv « Alfred Hitchcock présente… » (et qui, plus, est en noir et blanc) pour diminuer les coûts. Au final, il obtient l’accord d’Universal qui ne regrettera pas : le film coûtera 800000 dollars et en rapportera plus de 10 millions !

Voilà pour la petite histoire.
Car derrière le chef-d’œuvre d’Hitchcock on oublie souvent qu’il y a donc ce roman écrit par Robert Bloch. Lire Psychose, le roman, c’est finalement regarder dans les coulisses pour mieux comprendre les choix effectués par Hitchcock et surtout en quoi le film s’avère bien plus intéressant que le livre.

Premier constat : l’histoire est la même, à quelques détails près. Les deux plus importants concernent Norman Bates lui-même : si dans le film il est un jeune homme svelte et séduisant, dans le roman c’est un homme gras, peu attirant et porté sur l’alcool. Ce dernier point permet à l’auteur de tromper plus facilement le lecteur puisque cela explique plus facilement comment Norman Bates « oublie » ses transformations en Mère et ses meurtres (la scène de la douche telle que montrée à l’écran n’existe pas dans le roman).

Le principal changement est d’ordre structurel. Dans le film, la célèbre scène de la douche découpe le film en deux parties presqu’égales : la première contient la fuite de Marion Crane et ses déboires au motel, la seconde l’enquête et la résolution de l’affaire. Le roman démarre avec l’arrivée de Marion Crane au motel directement. La scène de la douche intervient donc très rapidement dans le livre. Hitchcock a toujours indiqué qu’il avait développé le rôle de Marion Crane pour Janet Leigh, alors véritable star au cinéma (1958 : « La Soif du mal », rien que ça !).

Là où Hitchcock s’amuse à trimballer le spectateur d’un personnage à l’autre (un coup Norman, un coup le duo Lila/Sam, un coup Arbogast), Robert Bloch choisit clairement Norman Bates comme personnage principal.

La scène de la révélation finale dans la cave souligne le travail d’adaptation d’Hitchcock qui a voulu préserver coûte que coûte certains détails comme le cri poussé par la Mère/Norman : « Je suis Norman Bates ». Ici on comprend clairement que c’est Norman qui pousse ce cri. Dans le film, l’analyse de cette scène dévoile qu’il y a un problème. J’y reviendrai certainement dans un prochain billet.

Le roman de Bloch n’est pas extraordinaire, mais il a une qualité inattendue : il peut se lire sans déplaisir ni ennui même si on connaît le film par cœur.

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 10:20

monvoisintotoroRetour sur Mon Voisin Totoro, le célèbre dessin animé de Hayao Miyazaki !


M. Kusakabe et ses deux filles, Satsuki et Mei, s'installent dans une veille maison, à la campagne, de manière à se rapprocher de l'hôpital où est soignée la mère de famille. Rapidement les fillettes découvrent que la maison dissimule de bien étranges habitants...


Disons-le tout net, Mon Voisin Totoro est à mes yeux sans contestation possible le meilleur dessin animé pour enfants (et grands enfants) qui puisse exister. Et je m'en vais vous expliquer pourquoi.


Premier point original : dans ce film, il n'y a pas de méchant. Pas de violence non plus, ni même de méchanceté. Maintenant, réfléchissez-y et citez -moi un film sans méchant, sans confrontation ? Pas simple, n'est-ce pas ? C'est la grande force de ce dessin animé qui réussi à développer une histoire, certes simple, mais sans mièvrerie. Il ne se passe pas grand chose dans le film, le noeud de l'histoire est même tout simple et futile. Peu importe, le principal n'est pas là, mais bien dans l'atmosphère douce voulue par l'autreur.


Le film enchaîne des scènes de la vie quotidienne : déménagement, le repas, le bain, la lessive... On suit la petite famille dans la vie de tous les jours. Miyazaki utilise ce quotidien comme pour mieux souligner le merveilleux qui va s'insinuer dans la vie des personnages. L'histoire se déroule à une époque indéterminée, mais probablement dans la première partie du XXème siècle. La campagne et la nature est prédominante, la forêt envahit toujours le paysage. Il n'y a pas de grande ville dans Mon Voisin Totoro, on se connait entre voisins, on s'entraide. On est pas loin du paradigme, c'est très reposant et calme.


Les élèments sont très présents dans le film. Miyazaki s'y attarde régulièrement pendant de longues minutes. L'eau, avec les ruisseaux, le bain, le ruisseau, la pluie. Il y a le vent qui souffle dans les herbes, ou bien lorsque le chat-bus file à travers la campagne, sous le nez des passants. Et puis bien sûr la terre et la nature avec ce vert omniprésent, les arbres, les glands, qui envahisset l'écran à chaque pas en dehors de la maison (nombreux plans sur des fleurs) !

 

monvoisintotoro02
C'est Mei, la petite de 4 ans, avec son âme d'enfant qui va découvrir Totoro pour la première fois. Puis Satsuki le verra mais un peu plus tard, car la jeune fille grandit bien vite, obligée de remplacer sa mère dans la maison. Jamais les adultes ne le verront eux, même si Grand-mère, une  voisine très âgée, prétend l'avoir vu quand elle était petite. Tout cela porte à croire que le privilège de voir Totoro, l'âme de la forêt, est réservé aux enfants.On pense parfois à Lewis Caroll et son Alice au pays des merveilles, mais l'oeuvre de Miyazaki rest très originale.

 

Au début le personnage est ambivalent : on ignore s'il est gentil ou méchant. Car s'il ressemble à une boule de poils pataude, la bestiole fait son apparition en montrant les dents pendant un énorme baillement ! Et même  le Chat-Bus, autre bestiole de la forêt, a parfois lui aussi un aspect inquiétant. Heureusement, tout ce bestiaire est là pour aider la petite famille.


Mon Voisin Totoro est magique, car il peut réunir tous les âges. Ma fille de 2 ans et demi en redemande, et j'avoue ne pas me faire prier. Car le film ne s'adresse pas qu'aux enfants ; il nous rappelle que pour être heureux, il faut peu de choses : une famille, un toit, et une âme d'enfant pleine d'imagination. On a certainement un peu trop tendance à l'oublier en grandissant.

monvoisintotoro01

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 10:55

la maison qui glissaitde Jean-Pierre Andrevon

Tiens, un roman de SF français !? OK, j’exagère un petit peu avec mon ton surpris, puisque nous avons bien quelques auteurs français qui officient dans un genre pourtant en général boudé à la fois par le public et la critique. J’en avais lu plusieurs bonnes critiques et l’accroche de ce roman m’intriguait.

La vie d’une barre HLM de banlieue parisienne est chamboulée par un étrange phénomène : une brume entoure complètement le bâtiment et le coupe littéralement du reste du monde. Il y a Pierre, un professeur fraîchement largué par sa petite amie ; Vicenzini, gendarme reconverti en gardien d’immeuble,  un cinquantenaire libertine, un lycéen délinquant, et tant d’autres... Tous vont devoir s’organiser face à cette situation étrange et dangereuse. Car quelque chose rôde dans la brume...

La première partie du roman rappelle furieusement la nouvelle Brume de Stephen King et le film Fog de John Carpenter. Mais rapidement Jean-Pierre Andrevon fait évoluer l’intrigue vers autre chose qu’une histoire d’horreur avec des bestioles qui chassent les pauvres survivants. Survivants. Voilà LE terme important de ce roman. Andrevon oriente toute son histoire sur l’aspect survie. Comment s’organiser pour résister à cette environnement hostile ? Comment les groupes sociaux vont-ils évoluer ? Comment les personnalités vont-elles se transformer face à la difficulté ?
Heureusement pour le plaisir de lecture, la brume ne va pas cerner bien longtemps l’immeuble et ce que les habitants vont découvrir sera encore plus effrayant...

Plus qu’un roman de SF, La Maison qui glissait nous raconte ses habitants. Andrevon développe une galerie de portraits attachante, mais qui parfois effleure la caricature (Vincenzini, Solange). Heureusement Andrevon réussi toujours à les rendre attachants (autre point commun avec Stephen King).

Le roman est particulièrement agréable à lire : on passe d’un personnage à l’autre au fil des chapitres. Et puis lorsqu’arrivèrent les dernières pages je me suis inquiété de savoir comment Andrevon allait-il finir son histoire. Je n’aime pas la fin du roman, tout simplement et je vais vous expliquer pourquoi ci-dessous. Si vous souhaitez vous garder la surprise ne lisez pas le paragraphe suivant, où je dévoile la fin du roman.

//////// Ne lisez pas ce paragraphe si vous n’avez pas lu ce roman /////////
En général, j’aime bien qu’on me donne une raison du pourquoi des choses. Par exemple, je n’aime pas le film Cube, car jamais on ne nous dit ce qu’est ce foutu Cube alors que moi j’attendais que ça. Dans le roman d’Andrevon, il y a bien une raison qui nous est donnée à la toute fin, mais elle m’a semblé expédiée. L’immeuble et ses habitants sont les victimes d’une entité cosmique un brin taquine qui les a balancé dans un autre espace-temps. OK. Et il vous faudra vous contenter de ça. Point. Rien d’autre. Quid des habitants qui disparaissent au fur et à mesure ? Quid de ces grandes statues dans le désert aux yeux brillants ? Les formes dans la brume ? On aura pas de réponses.
De plus, toute l’histoire est pessimiste et noire : les habitants meurent ou disparaissent ou se suicident peu à peu, l’environnement est de plus en plus hostile, bref ça ne respire pas la joie. Et paf ! Andrevon nous sort de son chapeau une conclusion optimiste : tout est remis à zéro, tout ceci n’a pas existé, les morts ressuscitent et ne se souviennent de rien (ou très peu). La vie continue, nous dit l’auteur.
Mouais. Bof.
J’aurais préféré une fin à la The Thing, avec le pauvre Pierre tout seul dans la tour en ruine, ultime rescapé d’une situation qui le dépasse (et qui pourquoi pas ne nous aurait pas été expliquée, cela ne m’aurait presque pas dérangé, pour le coup).
//////////////////////////////////////////////////////////////////////////////

Dommage que cette fin vienne quelque peu plomber le plaisir de lecture. Mon conseil : évitez le dernier chapitre, tout simplement.

Donc pour résumer, La Maison qui glissait est un bon roman de SF, bien écrit, prenant, très agréable, mais à la fin décevante.

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30 novembre 2010 2 30 /11 /novembre /2010 09:55

psychose3

L’épisode 2 ayant rapporté un peu d’argent, Universal a songé qu’on pouvait saccager encore un peu plus l’œuvre d’Alfred Hitchcock.

 

Pour le coup, c’est Anthony Perkins, l’acteur qui incarne Norman Bates, qui se charge de la réalisation. Certes, c’est un coup marketing, mais derrière cette apparence il y a une longue tractation : Perkins voulait revoir à la hausse son salaire, la Universal refusait, et du coup l’acteur proposa de jouer ET réaliser le film. Perkins chercha un réalisateur pour le seconder, et après quelques refus trouvera Bruce Surtees, chef-opérateur de Clint Eastwood pendant longtemps. Pire : les désaccords entre Perkins et Universal furent nombreux. Au contraire de Perkins, la production souhaitait un film sanglant, où Mère assassinait sauvagement un bon paquet d’ados. Nous sommes en 1986, et la mode des slashers movies (Halloween, Vendredi 13, etc.) bat son plein, ceci expliquant cela…

 

Curieusement, Psycho III ne fait qu’une légère allusion au deuxième épisode (dans lequel quelqu’un essayait de faire perdre la tête à Norman). Nous retrouvons Norman dans son motel, après avoir passé 20 ans à l’asile. Il n’est pas du tout guéri de son problème, puisque nous comprenons rapidement que Mère n’est pas loin, tout aussi momifiée que dans le premier. Bien entendu, de nouveaux visiteurs arrivent au motel : une nonne défroquée (qui va entretenir une relation amoureuse avec Norman…), un voyou dragueur (que Norman va engager pour tenir la réception), et carrément une équipe de foot venue jouer dans la ville d’à-coté. C’est le début du massacre.

 

Psycho III est donc le plus sanglant des 3 films, comme le souhaitait la production. Cela confine même parfois un peu au ridicule, tant on est à l’opposé de ce que voulait Hitchcock. Anthony Perkins s’essaie à singer plein de petits détails de l’œuvre d’origine. La fameuse scène de la douche est reprise trois fois, la première étant originale et surprenante, la seconde se contentant de décalquer la version d’Hitchcock en la déplaçant dans un autre endroit, et la troisième est un flash-back en noir et blanc du premier film (ben oui tant qu’à faire…).

psychose302

Reste deux plaisirs : celui de retrouver Anthony Perkins devant la caméra (et il a bien vieilli) et surtout de parcourir l’hôtel et la maison Bates un peu plus longuement que dans le film d’Hitchcock (et en couleurs).

Globalement, l’ensemble est tout de même assez bancal, et finalement médiocre. Jamais on ne retrouve l’intensité du premier, et le projet paraît bien grotesque. Le sentiment de tourner en rond, que le film n’apporte rien de neuf au film d’Hitchcock finit par l’emporter.

 

Et pourtant la saga ne s’arrête pas là : Universal produira (pour la télévision) un Psycho IV nous racontant la jeunesse de Norman et qui s’annonce comme le moins bon des quatre…

psychose301

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