Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
6 juillet 2008 7 06 /07 /juillet /2008 22:11

Les Brogans sont déposé devant leur nouvelle demeure les yeux bandés. « Nouvelle maison, nouvelle vie, nouveaux nous. » C’est ainsi que David présente à sa famille leur arrivée à Meadowtown. Une famille qui semble cacher un lourd passé (ils utilisent des noms d’emprunt), et sa relation avec Evelyn sa femme est dans une impasse. Leur fils Mark est autiste depuis un mystérieux incendie, et sa sœur jumelle Zoe, outre qu’elle entretiendrait une relation télépathique avec son frère, allume le bad guy de cette charmante bourgade.

Meadowtown est une ville à l’image de ses nouveaux arrivants. Ses habitants dissimulent sous un aspect banal des personnes un brin barrées. Gentilles mais un peu détraquées. Le gendarme du coin n’hésite pas à arracher des dents à des vauriens qui ne respectent pas l’interdiction de fumer dans les lieux publics. La charmante Brenda, voisine des Brogans, entame une relation ambiguë avec le garçon du couple, et vante à longueur de temps la beauté de sa fille qu’on ne voit jamais.

Plus étrange encore, il semble qu’on ne puisse quitter Meadowlands, comme si il y avait toujours une bonne raison pour ne pas sortir de la ville. Et il y a bien quelque chose qui se trame là-dessous, puisque David rend régulièrement visite à une jeune femme dans un hôtel à l’écart de la ville.

Meadowlands est une série britannique co-produit par la chaîne américaine Showtime qui porte aussi le nom de Cape Wrath. Visuellement, il y a bien un cachet particulier dans l’image qui démarque la série du tout venant. Meadowlands nous est présentée comme une ville colorée, plaisante, verdoyante, sulfureuse mais « où l’on se trouve en absolue sécurité », comme insiste le gendarme du coin, sourire en coin.

Dans le déroulement de l’histoire, on pense instantanément à Twin Peaks ou au Prisonnier, qui sont les références les plus évidentes. Sauf qu’ici, les auteurs ont la gentillesse de nous dévoiler un coin du mystère dès la fin du pilote. Oui, vous saurez rapidement pourquoi tout le monde semble barré, et du coup je m’interroge : les auteurs ont-il à ce point d’inspiration pour nous dévoiler tout de suite l’un des gimmicks du show ? Dans ce cas tant mieux. Cette révélation et le « Dans le prochain épisode » final sont suffisamment accrocheurs.

La vision du pilote est quoiqu’il en soit enthousiasmante et promet beaucoup.

Partager cet article
Repost0
30 juin 2008 1 30 /06 /juin /2008 14:42
Quand il réalise en 1968 La nuit des morts-vivants, George Romero est loin d'imaginer qu'il va créer un genre, le film de zombi, qui n'a cessé depuis de se développper au-delà même de son média d'origine : le jeu vidéo a depuis longtemps repris le genre à travers les sagas Resident Evil ou House of the Dead par exemple, et Romero lui-même a scénarisé un comic-book d'horreur. Mais où Romero se démarque des autres réalisateurs de films d'horreur pour adolescents, c'est qu'il profite de ses films pour jeter sur notre société un regard féroce. Le dernier en date s'intitule Diary of the Dead, et ce n'est ni plus ni moins qu'un des meilleurs films d'horreur jamais réalisé. A bientôt 70 ans, Romero signe une oeuvre magistrale et détonnante.

Chaque film de Romero propose de disséquer une facette de notre société : dans Zombi, avec ses personnages coincés dans un supermarché, illusion de refuge face à l'apocalypse, l'auteur tirait à boulet rouge sur le consumérisme par exemple.

Aujourd'hui dans Diary of the Dead, Romero va s'attarder sur la communication et plus précisément sur la surmédiatisation. Nous suivons donc un groupe d'étudiants en cinéma qui voient le tournage de leur film d'étude interrompu suite à un phénomène incroyable : les morts reviennent de l'au-delà et dévorent les vivants. Nos héros cessent leur travail et décident de retourner chez leurs parents. L'un d'entre-eux choisi de filmer leur voyage camera
au poing pour diffuser ses films via internet et ainsi témoigner de la vérité que les médias traditionnels veulent atténuer.

Romero choisit immédiatement de présenter son métrage par une mise en abîme saisissante. Diary of the Dead est le résultat du montage de plusieurs sources vidéos : les cameras des étudiants, les vidéos surveillance des lieux visités, des vidéos récupérées via Youtube, ... Le film est donc un montage de films, agencés et montés d'une certaine façon afin d'essayer de nous montrer la "vérité" sur l'apocalypse du genre humain. On retrouve ici le même principe que De Palma dans Redacted. Comme le dit l'un des protagonistes : à l'heure où tout le monde peut tourner et diffuser son film, et donc sa vérité, comment faire le tri ?

Et Romero de s'amuser comme un petit fou en multipliant les lectures possibles et les situations ingénieuses. Rien à dire, Diary of The Dead fourmille d'idées. Pour exemple, le passage qui nous montre le réalisateur incapable de bouger parce que ... le câble reliant sa caméra déchargée à la prise électrique est trop court. Et quand plusieurs zombis traînent dans le coin, forcément ça n'est pas très rassurant.

Au-delà du plaisir (évident) de mise en scène,  Romero pousse le spectateur à s'interroger sur l'acte même de filmer. Rappelons qu'en anglais, filmer se dit "to shoot" qui signifie aussi "tirer". De là à dire que filmer c'est tirer, il n'y a qu'un pas que Romero franchit allègrement.

Enfin, Romero aborde aussi une notion très intéressante : est-ce que filmer c'est participer à l'action ? Peut-on filmer la misère et la détresse humaine sans intervenir sous prétexte que l'on cherche à témoigner ? L'auteur, incisif, propose une réponse sans concession dans une scène finale époustouflante de pessimisme et au-delà de l'horreur.

Du coup, avec toutes ses idées à mettre en place, il faut croire que Romero a oublié qu'il réalisait un film d'horreur. Oh il y a bien quelques moments flippants et scènes gore, mais ce n'est pas un étalage constant de tripaille. Les amateurs en auront pour leur argent avec quelques idées réjouissantes (ah, l'amish muet !), sans que cela ne dégoutte totalement les néophytes du genre. Non, Romero situe son film bien au-delà du simple film "pour se faire peur".

Diary of the Dead est un film impressionnant et époustouflant, je dirais même mieux : indispensable.
Partager cet article
Repost0
12 juin 2008 4 12 /06 /juin /2008 08:37

Reservoir Dogs est le premier film de Quantin Tarantino, et peut-être le meilleur ? Voyons voir.

Début des années 90. Un jeune scénariste tente de percer dans le milieu du cinéma, avec un script excellent et novateur dans ses cartons. Il cherche un financement pour tourner, et se résignerait presque à le filmer pour une bouchée de pain. Heureusement, sa rencontre avec l'acteur Harvey Keitel va permettre au projet de se monter plus facilement : l'acteur a le vent en poupe et soutient le film. Viennent se rajouter une brochette de "gueules" et de jeunes acteurs qui perceront par la suite (Steve Buscemi, Tim Roth).
A noter que j’ai longtemps cherché pourquoi ce titre : Reservoir Dogs. Il semblerait que Tarantino souhaitait rendre hommage à deux autres métrages : « Straw Dogs » du grand Peckinpah (« les Chiens de Paille », en vf) et « Au revoir des enfants » de Louis Malle (Tarantino pensait que « au revoir » se prononçait « Reservoir »).

La grande force de Reservoir Dogs, c’est indéniablement son script quasi-interactif dans le sens où il incite continuellement le spectateur à réfléchir. Le montage est très particulier : les scènes ne se suivent pas dans l’ordre chronologique. Le film démarre par un pré-générique nous montrant un groupe de criminels déblatérant sur la discographie de Madonna et sur l’utilité des pourboires. Ils balancent des vannes, ont l’air cool, mais qu’on ne s’y trompe pas : ils préparent un sale coup, le braquage d’une bijouterie. Fin du préambule, musique, générique : pendant ce temps, le groupe marche dans la rue prêt à se mettre au boulot. Et BAM ! Tarantino réveille son public : un habitacle de bagnole couvert de sang, un des truands a pris une balle perdue, il faut fuir et rejoindre le lieu de rendez-vous convenu. Il va mourir si un médecin ne le soigne pas vite…
C’est l’une des forces de Tarantino : utiliser les effusions de sang pour réveiller le public et ne plus le lâcher.

Pendant toute la première partie, le spectateur va donc se trouver dans la même situation que les criminels. Qui est a balancé le groupe aux flics ? Et chacun de se forger une théorie en suivant les dialogues. Encore une fois, Tarantino fait appel à l’intelligence de son public. Inutile de nous montrer le casse (et le manque de moyen l’en empêche), Tarantino laisse les personnages le décrire à coup de dialogues incisifs et roublards. Et au public d’imaginer la scène absente. Une leçon d’efficacité.
Lorsqu’il dévoile la taupe, Tarantino embraye sur la seconde partie du film, à savoir « Comment le traître a-t-il trompé son monde et va-t-il s’en tirer ? ». Et Tarantino de nous sortir une scène exceptionnelle : la fameuse scène de la blague. Pour s’infiltrer, le supérieur du flic lui conseille d’avoir une bonne anecdote à raconter aux autres vrais malfrats. Pour se donner un peu de crédit. Et le flic d’apprendre la blague, la répéter, pour la sortir devant les criminels.

Tarantino filme ce passage d’une manière époustouflante et il constitue à mon avis le meilleur du film (bien plus que la célébrissime scène de torture de M. Blonde). Car Tarantino nous montre l’intégralité de la blague racontée par l’infiltré, mais en glissant d’une étape à l’autre : d’abord la lecture du script, puis, sans aucune coupure, sa mémorisation, puis, toujours sans coupure, la répétition et la représentation devant le public que constitue les autres criminels. Enfin, summum de la scène Tarantino nous montre l’acteur dans son rôle puisque l’on voit une retranscription de la blague à l’écran. Mine de rien, le réalisateur vient de nous refaire en moins de 2 minutes les différentes étapes que suit une histoire pour arriver devant son public : script, apprentissage, répétition, représentation, et constitution d’une image dans l’esprit du public.
Tarantino veut nous parler de la notion d’histoire, de narration dans Reservoir Dogs : comment les gens se racontent-ils des histoires ? Et Tarantino use le thème jusqu’à déconstruire son intrigue.

Reservoir Dogs est un film qui parle de narration tout en jouant avec elle. Tarantino est en état de grâce, et son film devient fabuleux.

Partager cet article
Repost0
7 juin 2008 6 07 /06 /juin /2008 10:42
Hitman est l'adaptation sur grand écran du jeu vidéo homonyme qui connu un certain succès il y a quelques années. Le jeu vidéo vous mettait dans la peau d'un tueur à gage, l'Agent 47,L et vous deviez enchaîner des contrats : en gros, vous connaissiez votre cible, et vous deviez utiliser l'environnement pour la tuer et déguerpir le plus discrètement possible. L'intérêt du jeu était que vous aviez une grande liberté d'action. Alors qu'est-ce que ça donne sur grand écran ? Surtout que question adaptation ciné, les jeux vidéo sont rarement bien lotis...

Les temps sont durs pour l'Agent 47, puisque son dernier contrat s'avère être un guet-apen. Il doit fuir, pris entre la mafia et la police, avec en plus sur son dos une prostituée dont il s'est amouraché. Saura-t-il trouver qui est à l'origine de ce foutoir ?

Xavier Gens réalise le minimum syndical dans cette adaptation. On sent bien qu'il aimerait élever son film mais il n'y arrive jamais. La faute tout d'abord à un acteur principal aussi charismatique qu'une huître. On a du lui dire de jouer le mec dur et glacial, mais il a confondu avec l'inexpressivité. C'est donc mal parti. Heureusement qu'il a à ses côté la très cocotte Olga Kurylenko...

Mais le pire reste la réalisation : Gens semble vouloir magnifier le moindre plan, en bon élève de John Woo ou Christophe Gans. Là où les deux autres savaient doser (et encore...), ici Xavier Gens veut caser des plans qui tuent tout le temps. Et au final, ça gonfle : l'agent 47 rentre dans un restau ? Wouff... ralenti, caméra au-dessus de lui, musique symphonique.
L'agent 47 sort 2 flingues ? Hop il les pose sur sa poitrine pour les déployer au ralenti, woufffff... il tire et assassine quarante-douze adversaires en même pas 1 seconde, le tout encore au ralenti.
Un homme se sert à boire ? plan vu de dessus...

Tout est comme ça. A l'épate.
Ben moi ça m'a énervé plus qu'autre chose. A vouloir faire style, Xavier Gens oublie qu'il a une histoire à raconter et des acteurs à diriger.
Dommage.
Partager cet article
Repost0
24 mai 2008 6 24 /05 /mai /2008 20:08

La croisade s’amuse…

Bon, faut que je vous l’avoue tout de suite : pour moi, Indiana Jones c’est mythique. L’arche perdue est l’un des tous premiers films que j’ai vu en salle. En sortant, je me souviens que je savais ce que je voulais faire comme métier plus tard : archéologue. J’ai compris ensuite que c’était plus Indiana Jones qu’archéologue que je voulais faire (non, les archéologues ne luttent pas contre les nazis, non, les archéologues ne pillent pas les temples perdus…). C’est donc avec une crainte énorme que j’attendais ce quatrième volet des aventures de mon héros favori.

Attention, cette chronique va révéler l’histoire du film parfois dans le détail, donc si vous voulez garder le plaisir intact, allez le voir et revenir la lire !

Indiana Jones et le Royaume du crâne de cristal est un chouette film d’aventure. Voilà, c’est dit. Comprenez que c’est bien, mais pas extraordinaire et nous allons voir pourquoi.

Le sujet du film, tout d’abord. Pourquoi avoir choisi de nous montrer Indy sur la piste des extra-terrestres alors qu’il y a tant de légendes et de mythes sûrement plus attrayant ? Là pour le coup, c’est Indy contre les petits hommes verts. On se rappelle qu’un jeu vidéo avait proposé un sujet probablement plus excitant : Atlantis. Un exemple parmi d’autres… Mais si le sujet est mal choisi à mon avis, le traitement est à la hauteur. Nous sommes à la fin des années 50, l’ennemi des américains vient de l’Est, et Roswell est passé par là… On supprosera que Spielberg en profite donc pour confronter son héros à l’un de ses thèmes favoris, les extra-terrestres. Autre point positif, l’évocation nostalgique d’une Amérique fantasmée des années 50, avec les blousons noirs, cheveux gominés, espions russes…

Et Harrison Ford ? Et bien curieusement, l’illusion fonctionne dans les scènes d’action, alors que lors des scènes calmes, on voit bien qu’on a affaire à un papy. Ca me laisse un peu mitigé.

Pire, les autres rôles du film sont à la ramasse. Marion, déjà vue dans l’Arche Perdue, ne sert que le temps qu’une savoureuse scène de retrouvaille. Leur freluquet de fils ne sert que de side-kick un brin jaloux de son père.

La méchante russe (Cate Blanchett) aurait pu être l’une des meilleurs méchantes de la saga, si toutes les promesses avaient été tenue. Au début, elle semble douée à la rapière, et dotée de capacités télépathique. Au final, ses talents d’escrime ne servent pas vraiment (si un combat contre le fils d’Indy…), et les pouvoirs mentaux ne servent pas. Bon sang, il y avait matière à faire une scène d’action énorme, à base de pouvoirs mentaux (genre « ca ne sert rien de vous débattre, Dr Jones, je sais par avance ce à quoi vous pensez… ») !

Reste quelques beaux moments (les courses poursuites sont sympathiques), quelques beaux plans (ah, Indy en ombre chinoise devant la bombe A !), et surtout beaucoup de références aux 3 épisodes précédents (Indy poussant un « C’est intolérable ! »)et enfin et surtout la musique !

Au final, on est heureux de revoir notre héros sur grand écran dans une aventure inédite. Mais l’on ne peut s’empêcher de penser qu’il est temps que notre héros prenne définitivement sa retraite…

Partager cet article
Repost0
20 mai 2008 2 20 /05 /mai /2008 08:42

Il y aurait pas mal de choses à dire sur Abre los ojos, film à succès qui a révélé Alejandro Amenabar comme l'un des réalisateurs contemporains les plus précieux (voir notamment son dernier film Mar Adentro).

César (Eduardo Nauriega, impeccable) est riche, il a hérité de la chaîne hotellière familiale. Il est beau : ses amis ne comptent plus ses conquêtes féminines. Jusqu'au jour où le destin lui fait rencontrer Sofia (la craquante Peneloppe Cruz) : le jeune étalon en tombe tout de suite amoureux, le genre de chose qu'il pensait impossible. Mais c'est sans compter la jalousie de son meilleur ami...

Pire : une de ses ex-conquêtes n'appréciant pas de se faire larguer ainsi se venge en provoquant un accident de la route : César en ressort vivant mais défiguré. Comment va-t-il appréhender son existence avec ce visage effrayant ?


Abre los ojos est un film riche parce qu'Amenabar manipule pas mal de concepts à la fois, et s'amuse à butiner d'un genre à l'autre sans réellement se poser. On a donc la sensation agréable d'être continuellement au bord du gouffre, d'ignorer totalement complètement ce qui va bien pouvoir arriver. La première partie ressemble à une bluette romantique, puis le film bascule dans le thriller psychologique, pour atteindre les limites du fantastique, qu'il franchit allègrement pour se terminer sur... ? Suspens oblige, je ne vous dis rien, mais Amenabar sait y faire pour surprendre le public et le final nous montre qu'on peut manipuler des concepts très abstraits et très fantastiques sans pour autant se ruiner en effets spéciaux.

Abre Los Ojos impressionna tellement qu'Hollywood en fit un remake avec Tom Cruise, remake bien moins interessant à mon goût (même si ca reste un bon film).

Partager cet article
Repost0
4 mai 2008 7 04 /05 /mai /2008 19:03

 

De William Reymond

J’avais lu il y a quelques temps Coca Cola, l’enquête interdite du même William Reymond et j’avais beaucoup aimé. Aussi voir l’auteur revenir sur l’un des décès les plus mystérieux d’Hollywood m’attirait. Non pas que je sois un fan absolu de la Blonde, mais tout simplement parce Reymond savait y faire pour vous attraper et vous tenir en haleine. Il a une façon de romancer délicatement son enquête en créant des petits suspens, des petites interrogations qui donnent envie de lire toujours plus loin sans qu’on ne soit déçu ou frustré par la suite. Car Reymond s’appuie sur une enquête minutieuse et organisée, et sur des documents qu’il n’hésite pas à reproduire en annexe.

Dans Marilyn, le dernier secret, l’auteur adopte une démarche que j’ai apprécié : reprendre minutieusement les différentes théories, les approfondir et les confronter aux faits. Car la mort de Marilyn Monroe recèle pas mal de zones d’ombre, qui, depuis 1962, ne cessent de grandir à coup de témoignages parfois contradictoires, souvent intéressés.

Ainsi Reymond va-t-il commencer par tordre le coup à une information généralement prise pour argent comptant : Marilyn aurait été au plus bas en ce début d’été 62. Et l’auteur de revenir sur sa carrière pour démontrer que non, décidément, la Blonde n’allait pas si mal que cela à ce moment-là, et que le plus difficile se trouvait bien derrière elle ; que la 20th Century Fox avait bien essayé de faire croire au public que la star était dépressive. Reymond démontre que la réalité était tout autre. Et c’est du coup tout un pan du Hollywood des années 50-60 qui se dévoilent …

Ensuite, restait à traiter des diverses théories (plus ou moins farfelues): on a longtemps pensé à un suicide. Robert Kennedy a aussi été accusé d’avoir plus ou moins assassiné la star : soit il aurait lui tué Marilyn soit il aurait commandité son meurtre.

Reymond adopte une attitude intelligente et très pragmatique (les faits, toujours les faits) pour remonter les pistes évoquées, et pointer du doigt leurs failles. Mieux, il va même jusqu’à expliquer le pourquoi de ces diverses théories. Je ne vais pas spolier le roman, ça serait dommage (et puis vous n’auriez plus de réelles raisons de le lire !).

Enfin, restait à éclaircir les dernières heures et c’est le témoignage d’une proche de Marilyn qui va apporter un éclairage nouveau et surtout cohérent avec les preuves et faits démontrés. La conclusion du roman se déroule comme un roman policier, on reste pendu aux pages pour connaître la vérité (selon Reymond).

Au final, on en ressort rempli d’informations, et pour ma part, convaincu de l’explication  donnée. Mais comme le souligne l’auteur dans les dernières pages, la mort de Marilyn, c’est un peu comme Roswell ou l’assassinat de Kennedy, elle continuera à alimenter des théories fantaisistes pendant des décennies et des décennies… 

489 pages
Flammarion
Collection Enquête
ISBN : 978-2080690616
 

Partager cet article
Repost0
21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 15:59
Pour la première fois dans la série, le cinquième volet est la suite directe du précédent, à la fois dans l'intrigue mais aussi et malheureusement niveau qualité... Mais avant tout, mea culpa, honte à moi qui critiquait l'orthographe du titre à la fin de la précédente chronique. Je pensais qu'on écrivait "rave mortelle" et pas "rave mortel" comme spécifié sur la jaquette. Or, j'ai découvert depuis qu'au Québec, le mot rave est masculin (pour s'en assurer, faites un tour ici).

Le méchant oncle de Julian s'est évadé avec une cuve de trioxyne, bien décidé à la revendre à des mafieux de la pire espèce. Julian de son côté, découvre d'autres cuves dans la maison de ses parents. Intrigué, il confit l'analyse à son pote black scientifique, et rescapé du quatrième film, mais bien débile puisqu'il a l'idée de concentrer la trioxyne sous la forme de pillules, soit disant hallucinogènes. De l'extasy par chère en somme ! Le pote de Julian répand sa dope sur tout le campus, ignorant qu'à forte dose, ses pillules transformeront les étudiants en zombis. Et vous savez quoi ? Une super méga teuf est bientôt organisée à l'occasion d'Halloween. Et revoilà la bande à Julian repartie à la chasse aux bouffeurs de cervaaaaaux...

Le réalisateur, Ellory Elkayem, semble n'en avoir absolument rien à foutre et tout part en vrille au bout d'une heure. Comme si l'équipe du tournage s'amusait à balancer idée sur idée, sans prendre le temps de réfléchir à la cohésion du tout. Aussi on a droit à un peu tout et n'importe quoi : des rats zombis, des men in black costumés en vikings pour la soirée d'Halloween, un gouvernement prêt à balancer des missiles pour détruire les zombis au milieu d'un rave géante, un zombi (un de ceux qui fait de l'auto-stop, etc. Un foirage général et complet, joyeux certes, mais qui montre à quel point le réalisateur se fout pas mal du respect de la licence.

Les 2 seules idées du métrage reste donc cet amalgame drogués=zombis et l'apparition des morts-vivants dans une rave. Pour la première, Elkayem a la politesse de ne pas asséner sa morale à coup de marteau lourdingue (se droguer c'est pas bien !) ; c'est toujours ça de pris.
Quand aux zombis agissant dans la rave (pardon, LE rave), comme tout le concept du film repose là-dessus, on ne peut qu'être déçu. C'est pas le pied escompté, surtout qu'il y avait moyen de faire beaucoup mieux à mon avis : l'histoire aurait pu créer une vraie tension dramatique. En l'état, c'est plutôt la grande gaudriole bien lourde.

Gâchi intégral, nanar moderne, Rave to the Grave risque donc fort de signer l'arrêt de la licence. Mais bon les morts-vivants, on le sait bien, finissent toujours par revenir. Pour constater l'empleur des dégâts, n'hésitez pas à taper le titre dans Youtube, vous verrez par vous même...

Partager cet article
Repost0
19 avril 2008 6 19 /04 /avril /2008 11:37

Brian Yuzna a placé la barre assez haut dans le Retour des Morts-vivants 3. Non seulement le réalisateur réalisait alors le meilleur opus de la saga, mais en plus développait des thèmes originaux et personnels. C’est à Ellory Elkayem (Eclosion, Arac Attack) qu’incombe la délicate tâche de faire aussi bien que son prédécesseur…

Hybratech est une grosse corporation aux projets très variés (chimie, nourriture, jeux vidéo) ; dont la récupération des cuves de trioxyne dispersées sur le territoire américain. Mais ce travail n’est pas aussi altruiste qu’on pourrait le croire : Hybratech travaille en secret à la conception de zombies robotisés en tant qu’armes de guerre !
Alors qu’un de leurs potes (seulement inconscient) risque d’être utilisé comme cobaye, Julian et sa bande décident d’aller le libérer du centre de recherche. Et c’est parti pour de nouvelles aventures…


Si Elkayem reprend le thème du zombi arme de guerre du troisième épisode, il fait table rase du passé. Fini donc l’humour des deux premiers volets, oubliée la zombie sexy et sentimentale, terminé les messages écologiques. Elkayem ne produit qu’un simple spectacle calibré pour adolescents : ici on ne réfléchit pas un seul moment, non on préfère se délecter du spectacle d’ados tirants dans les crânes des morts-vivants (le même type d’effet spécial est repris une dizaine de fois). Pire, le film met 50 minutes à introduire l’histoire, et sur 1 h 20 (on frôle le court-métrage), ça fait très très long : le sommeil menace de gagner.

Le Retour des Morts-vivants 4 ressemble plus à un jeu vidéo qu’autre chose. Les héros avancent dans les couloirs du centre, tirent sur des zombis, n’ont plus de balles, combattent à mains nues, retrouvent des armes dans une réserve, retirent sur les zombis, recourent dans les couloirs, n’ont plus de balles… jusqu’au boss de fin de film : les parents soi-disant décédés de Julian transformés en machines de combat, sulfateuse ou scies circulaires en guise mimines (merci Nemesis de Resident Evil !). Bref ça ne va pas chercher bien loin.

Si encore les personnages étaient attachants. Notre « Scoobydoo gang » est composé d’un jeune homme rebel (motard, attention !), d’une latino sérieuse, d’une bimbo (qui fait dont de son corps pour aider l'équipe à pénétrer le centre), d’un black intello, d’un garçon manqué, et d’un enfant technicien (il construit un lance-flamme dans le dos de son oncle). Bien sûr, lorsque ces gamins tombent sur des fusils mitrailleurs, tout le monde ou presque sait s’en servir et se délecte à mitrailler tout zombi qui bouge : à croire que la National Rifle Association a financé le film…

Et pourtant on tenait là la possibilité d’un joli mélodrame avec cette histoire de parents zombis transformés en cyber-soldats : la confrontation avec leurs enfants pouvait donner lieu à des scènes intéressantes. Mais non, le réalisateur applique bêtement le cahier des charges du film de zombis. Et encore pas très bien, puisque les morts-vivants sont soit idiots soit très intelligents et capables de paroles. Comme ce copain de Julian revenu d’entre les morts pour se venger car il pense qu’il se tape sa copine. Et hop une scène de combat à main nue, bla bla en prime, alors que bon c’est bien connu les zombis c’est le cerveau qu’ils veulent…

Bref, Le Retour des Morts-vivants 4 : Necropole est un foirage complet, qui vu le final (l'oncle se barre avec une cuve de trioxyne) appela une suite : Le Retour des Morts-vivants 5, sous-titré « rave mortel ». J’aurais écrit « mortelle » pour ma part, mais je reprends la jaquette texto. Perso la v.o. me fait aussi beaucoup rire : « Rave to the Grave ». Chronique à lire bientôt ici même bien entendu (et ça c’est du teaser !) .

Partager cet article
Repost0
17 avril 2008 4 17 /04 /avril /2008 09:35

Lorsqu’il réalise le Retour des Morts-Vivants 3, Brian Yuzna annonce la couleur : « J’en ai plus qu’assez des comédies horrifiques ! » (in Mad Movies n°87). Fini donc la gaudriole, Yuzna revient vers le film de zombis horrible, saignant. Mieux encore, le réalisateur va révolutionner une saga pour le moins « pépère »…

Curt et Julie sont un couple d’ados et promettent de ne jamais se quitter. Alors après que Julie décède dans un accident de moto, Curt décide d’exposer sa fiancée à la trioxyne, une fumée toxique capable de ramener les cadavres à la vie. Facile : son père est le chef de la section militaire chargée d’un projet visant à créer une arme fatale : des zombis dans des exo-squelettes. Julie revient sous la forme d’une zombie à peu près consciente, mais à la faim dévorante : cerveeeeaaaauuuu…

Yuzna apporte deux idées intéressantes au film.

Les zombis font presque pitié, transformés en chair à canon pour le compte de l’armée. Certes, Romero avait déjà utilisé l’idée dans le Jour des Morts-vivants et son célèbre Bubu. Mais on ne peut que s’indigner : dans le Retour des Morts-Vivants 3, les militaires sont bien moins humains que certains humains… La pitié va s’accentuer grâce à un personnage précis, une idée cette fois-ci originale et inédite dans un film de zombi.

Questions sentiments, Yuzna en développe un rayon à travers le couple inhabituel Curt/Julie. Car c’est bien cette idée de romance au pays des zombis qui fait la force du film. Julie, mort-vivante tiraillée entre les sentiments et les sensations disparus et la chair nourricière, est fascinante. L’amour et la mort (Dellamore, Dellamorte histoire de faire une référence) sont des thèmes universels, Yuzna les fusionne dans son film ! Julie, interprétée par une épatante Mindy Clarke, devient adepte du piercing, de la scarification, s’enfonce du verre sous la peau avant de faire l’amour avec son Curt. On connaissait Yuzna cinéaste de la chair pervertie (cette thématique traverse son oeuvre, de Society, Reanimator à From Beyond), et avec ce thème il trouve un moyen de poursuivre les idées de La Fiancée de Réanimator (déjà, l’amour, la mort).

Alors certes, le film connaît un passage à vide vers la moitié du métrage, comme si le réalisateur devait temporiser pour éviter de vendanger ses idées. Le dernier quart d’heure n’échappe pas non plus au grand-guignol (travers déjà présent dans La Fiancée de Réanimator), mais l’ensemble emporte l’adhésion haut la main. Non seulement Yuzna ne prend pas les amateurs pour des idiots, mais introduit des thèmes intéressants tout en conservant le côté un poil « comics » et sexy du premier épisode. Etonnant que d’autres ne se soient pas engouffrés dans la brèche ainsi ouverte, le Retour des Morts-vivants 4 tirant vers le bas une saga qui connaissait avec ce troisième volet le meilleur.

Partager cet article
Repost0