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8 novembre 2011 2 08 /11 /novembre /2011 14:21

tonviceestunechambreclosedontmoiseulestlacleUn OFNI (Objet Filmique non-Identifié) qui nous vient d'un lointain passé (1972) et de l'autre côté des Alpes. 

 

Dans un village près de Venise, l'histoire nous conte l'étrange destin d'un couple hors du commun : lui, Olliviero, est un écrivain au creux de la vague, alcooliqu, débauché et pervers (un homme de goût donc diront certains) qui passe son temps entre séduire d'anciennes étudiantes et organiser des fêtes orgiaques avec des campeurs au cours desquelles il ridiculise Irène, sa femme. Elle, Irène donc, est proche de la folie après des années de soumission, soupçonne son mari de vouloir la tuer.

 

Jusqu'au jour où coup sur coup une des maîtresses d'Olliviero puis leur servantes noires sont assassinées sauvagement. Olliviero est aussitôt soupçonné. Et histoire de plonger tout ce beau monde dans le flou le plus total, déboule la nièce d'Irène, une jeune fille sexy, qui va entreprendre de séduire tout le monde...

 

Bon déjà à la lecture de ce (court) résumé, vous vous dites probablement "mais qu'est-ce que c'est que ce truc ?". Non parce qu'avouez qu'on ne voit pas ce genre de truc souvent au cinoche.

 

Ton vice... appartient à un genre très précis du cinéma bis italien : le giallo. Genre situé entre le policier (le public cherche l'assassin en même temps que les personnages), le film d'horreur (on y tue à l'arme blanche, le sang bien rouge coule) et l'érotisme (les victimes sont souvent : des femmes, jeunes, belles, et peu vêtues). J'y ajouterai une pincée de Scoobydoo puisque la fin d'un giallo est souvent l'occasion de twists phénoménaux voire même de double-twists dans le meilleur des cas. Bref, le giallo c'est bon, mangez-en (surtout qu'on en fait plus de nos jours).

 

Ton vice... fleurte donc avec le genre. Le film est proprement incroyable puisqu'il réunit un casting fabuleux (tout le gratin du cinéma bis italien de l'époque y est), propose une réalisation propre et classieuse (Sergio Martino en bon artisan gère), et entretient tout du long une belle petite tension (on ne saura qu'à la fin qui est vraiment à l'origine de ces meurtres). Les actrices sont jolies (et le réalisateur laisse traîner sa caméra à hauteur de poitrine ou de jupe juste ce qu'il faut pour que ce ne soit pas vulgaire). A noter des plans de fous, puisqu'à l'époque on n'hésitait pas à tenter des trucs curieux : une caméra accrochée au manche d'un couteau lors d'une poursuite entre l'agresseur et sa victime. Et une scène rappelant furieusement ce que fera Kubrick dans Shining (une feuille dans la machine à écrire annonçant le destin funeste d'un perso).

 

Et puis il y a ce titre absolument fabuleux et parfaitement adapté à l'histoire : lisez le titre italien à voix haute (allez-y !), vous verrez ca fait du bien.

 

Enfin, signalons le chat, appelé Satan (!), qui représente le seul élément fantastique du film, et qui finira énucléé et emmuré. Un bonheur pour les amateurs du CCC (Comité Contre les Chats).

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