Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
31 décembre 2010 5 31 /12 /décembre /2010 17:07

psychose.jpgpar Robert Bloch

traduit par Odette Ferry

 

En 1960, après « La Mort aux trousses », succès critique et public, Alfred Hitchcock cherche un nouveau scénario pour son prochain film. Il est intéressé par le roman "Psychose" de Robert Bloch, après en avoir lu une excellente critique dans le New York Times. Il veut obtenir un script, mais sa demande traîne. Alors il profite de son retour en Angleterre pour acheter le roman à l’aéroport. Il dévore l’histoire d’une traite et à son arrivée à Londres appelle son producteur afin qu’il achète les droits : Alfred Hitchcock a trouvé le sujet de son prochain film.

Reste à convaincre Universal. En effet, la maison de production est assez réticente à voir Hitchcock adapter un obscur roman de gare, alors qu’il a l’habitude de faire travailler ses propres collaborateurs et scénaristes. Hitchcock insiste. Il propose de diminuer son salaire et de tourner avec l’équipe de la série tv « Alfred Hitchcock présente… » (et qui, plus, est en noir et blanc) pour diminuer les coûts. Au final, il obtient l’accord d’Universal qui ne regrettera pas : le film coûtera 800000 dollars et en rapportera plus de 10 millions !

Voilà pour la petite histoire.
Car derrière le chef-d’œuvre d’Hitchcock on oublie souvent qu’il y a donc ce roman écrit par Robert Bloch. Lire Psychose, le roman, c’est finalement regarder dans les coulisses pour mieux comprendre les choix effectués par Hitchcock et surtout en quoi le film s’avère bien plus intéressant que le livre.

Premier constat : l’histoire est la même, à quelques détails près. Les deux plus importants concernent Norman Bates lui-même : si dans le film il est un jeune homme svelte et séduisant, dans le roman c’est un homme gras, peu attirant et porté sur l’alcool. Ce dernier point permet à l’auteur de tromper plus facilement le lecteur puisque cela explique plus facilement comment Norman Bates « oublie » ses transformations en Mère et ses meurtres (la scène de la douche telle que montrée à l’écran n’existe pas dans le roman).

Le principal changement est d’ordre structurel. Dans le film, la célèbre scène de la douche découpe le film en deux parties presqu’égales : la première contient la fuite de Marion Crane et ses déboires au motel, la seconde l’enquête et la résolution de l’affaire. Le roman démarre avec l’arrivée de Marion Crane au motel directement. La scène de la douche intervient donc très rapidement dans le livre. Hitchcock a toujours indiqué qu’il avait développé le rôle de Marion Crane pour Janet Leigh, alors véritable star au cinéma (1958 : « La Soif du mal », rien que ça !).

Là où Hitchcock s’amuse à trimballer le spectateur d’un personnage à l’autre (un coup Norman, un coup le duo Lila/Sam, un coup Arbogast), Robert Bloch choisit clairement Norman Bates comme personnage principal.

La scène de la révélation finale dans la cave souligne le travail d’adaptation d’Hitchcock qui a voulu préserver coûte que coûte certains détails comme le cri poussé par la Mère/Norman : « Je suis Norman Bates ». Ici on comprend clairement que c’est Norman qui pousse ce cri. Dans le film, l’analyse de cette scène dévoile qu’il y a un problème. J’y reviendrai certainement dans un prochain billet.

Le roman de Bloch n’est pas extraordinaire, mais il a une qualité inattendue : il peut se lire sans déplaisir ni ennui même si on connaît le film par cœur.

Partager cet article
Repost0

commentaires