Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
15 septembre 2010 3 15 /09 /septembre /2010 07:40

Trone-de-Fer-integrale-j-ai-lu-01b1Par George R.R. Martin
Traduction : Jean Sola


Nos librairies sont envahies depuis des années par de nombreuses sagas d’heroic-fantasy, dont J.R.R. Tolkien (Le Seigneur des Anneaux), Michael Moorcock (la saga d’Elric) et Robert E. Howard (la saga Conan) ont été les précurseurs et surtout les modèles. Avec l’avènement du Seigneur des Anneaux sur grand écran, on trouve donc nombre de romans de ce genre, tous dans le même moule, avec le même genre d’histoire. En gros, la tram classique est la suivante : un jeune homme, souvent de classe modeste, découvre un objet magique/un pouvoir/une arme légendaire ; il croise la route de vaillants guerriers qui se joignent à lui pour l’aider, et ils vont sauver le monde/délivrer la princesse/vaincre le Mal avec un grand M.

Alors j’avais entendu beaucoup de bien du Trône de Fer, comme quoi il se démarquait du lot. Profitant de la réédition en intégrale, je me suis lancé dans l’aventure.

Le monde des sept royaumes est un monde médiéval, très légèrement teinté de magie. Il y a de nombreuse années avant le début du roman, le monde était menacé par un seigneur maléfique, mais un groupe d’aventuriers a réussi à anéantir le malin et fait exiler sa descendance. Puis ils se sont partagé le continent en royaumes, tout simplement.
Le Trône de Fer commence alors que tous ces anciens héros sont rangés : ils sont devenus des seigneurs, l’un d’eux le Roi, et tout ce beau monde vit dans la nostalgie d’un lointain passé légendaire et sous le poids des responsabilités.
Nous suivons les aventures d’Eddard Stark, seigneur du royaume du nord. Après un attentat contre son fils, qu’il suppose fomenté par la famille Lannister, réputée pour sa traîtrise, « Ned » comprend qu’il doit se rendre auprès du Roi Robert, son ancien compagnon d’armes, pour tirer cette histoire au clair. Débute alors une saga de traîtrise et d’alliances…


Malin, George R.R. Martin ! L’auteur évite subtilement les clichés de l’héroic-fantasy en nous proposant une saga familiale plus proche des Rois Maudits que du Seigneur des Anneaux. Ici, pas trop d’action, ni de combats (le premier commence au bout de 300 pages !), mais du complot et de la diplomatie.

George Martin déroule tranquillement son intrigue en prenant bien soin de décrire ses personnages et ils sont nombreux. Si bien qu’au début on se perd parfois entre les personnages secondaires, l’auteur prenant un malin plaisir à nommer le moindre d’entre-eux.
Heureusement, les principaux sont bien campés. Martin utilise une technique simple mais efficace : un chapitre par personnage. Nous en suivons ainsi une demi-douzaine, ce qui permet de s’y attacher progressivement et de mieux comprendre leurs réactions. A noter aussi la variété des personnages principaux : un vieil héros devenu seigneur, une reine discrète mais forte, une fillette aventureuse, sa sœur plutôt « précieuse », un nain bien malin, etc.

L'idée d'utiliser des personnages qui ont déjà un vécu, ce côté "vieux rois usés par le poids des ans et des intrigues de cour" est une des grandes forces de l'histoire, ce qui la rend originale.

Les descriptions sont intéressantes, jamais trop longues, mais Martin prend son temps. Le récit met du temps à se lancer, l’auteur place ses personnages sur l’échiquier, mais en même temps oublie un peu le rythme de son histoire, si bien que par moment on peut être tenté d’abandonner (j’ai eu le temps de lire Psychose de Robert Bloch pendant que je faisais une pause). Dommage car à la fin du premier tome tout s’accélère.
Cette intégrale comprend les 2 premiers romans d’une saga en 12 livres. J’ai terminé le premier, et j’attendrai un peu pour me lancer dans le second (Le Donjon Rouge).

Un mot maintenant sur le gros point noir : la traduction. Rarement j’aurai vu traduction aussi rébarbative ! Jugez plutôt :
Tout d’abord, le terme « direwolf » est traduit par loup-garou, probablement par que le terme « direwolf » ressemble beaucoup à « werewolf ». Un direwolf est tout simplement une race de grands loups. Dans l’une des premières scènes, une grosse louve met ainsi selon le traducteur au monde des … loup-garous !? Je n’ose imaginer la confusion que cela peut créer dans l’esprit des lecteurs qui n’auront pas été chercher le renseignement sur le net.
Dans le même genre, le terme « kraken » est traduit par … « seiche » ! Beaucoup moins mythique, n’est-ce pas ?
Pire, certains passages passent d’un niveau de langage à un autre très rapidement, ou bien les descriptions sont parfois si ampoulées qu’il m’a fallu relire certaines phrases pour les comprendre, ou bien vérifier que la syntaxe était correcte. Consternant ! Ici la traduction joue contre le lecteur et c'est bien dommage !

La traductrice s’est exprimée lors d’une interview sur le net et ses réponses sont pour le moins laconiques. Pourquoi avoir choisi loup-garou au lieu de « grand loup » ou « loup » tout court ? Réponse « faute de mieux ». OK... Tout devient plus clair lorsqu’on apprend qu’il s’agit là de son premier travail de traduction. On peut donc espérer que cela va aller en s’arrangeant au fil des tomes.

Si vous êtes lassé par l’heroic-fantasy courante, le Trône de Fer est une agréable alternative qui, je pense, se transforme en très bon roman au fur et à mesure que l’histoire avance. Il faut savoir cependant que la saga est longue (12 romans !), et à ce jour inachevée.

 

Si vous êtes intéressés par cette saga, un seul site : www.lagardedenuit.com

Partager cet article
Repost0

commentaires