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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 10:55

la maison qui glissaitde Jean-Pierre Andrevon

Tiens, un roman de SF français !? OK, j’exagère un petit peu avec mon ton surpris, puisque nous avons bien quelques auteurs français qui officient dans un genre pourtant en général boudé à la fois par le public et la critique. J’en avais lu plusieurs bonnes critiques et l’accroche de ce roman m’intriguait.

La vie d’une barre HLM de banlieue parisienne est chamboulée par un étrange phénomène : une brume entoure complètement le bâtiment et le coupe littéralement du reste du monde. Il y a Pierre, un professeur fraîchement largué par sa petite amie ; Vicenzini, gendarme reconverti en gardien d’immeuble,  un cinquantenaire libertine, un lycéen délinquant, et tant d’autres... Tous vont devoir s’organiser face à cette situation étrange et dangereuse. Car quelque chose rôde dans la brume...

La première partie du roman rappelle furieusement la nouvelle Brume de Stephen King et le film Fog de John Carpenter. Mais rapidement Jean-Pierre Andrevon fait évoluer l’intrigue vers autre chose qu’une histoire d’horreur avec des bestioles qui chassent les pauvres survivants. Survivants. Voilà LE terme important de ce roman. Andrevon oriente toute son histoire sur l’aspect survie. Comment s’organiser pour résister à cette environnement hostile ? Comment les groupes sociaux vont-ils évoluer ? Comment les personnalités vont-elles se transformer face à la difficulté ?
Heureusement pour le plaisir de lecture, la brume ne va pas cerner bien longtemps l’immeuble et ce que les habitants vont découvrir sera encore plus effrayant...

Plus qu’un roman de SF, La Maison qui glissait nous raconte ses habitants. Andrevon développe une galerie de portraits attachante, mais qui parfois effleure la caricature (Vincenzini, Solange). Heureusement Andrevon réussi toujours à les rendre attachants (autre point commun avec Stephen King).

Le roman est particulièrement agréable à lire : on passe d’un personnage à l’autre au fil des chapitres. Et puis lorsqu’arrivèrent les dernières pages je me suis inquiété de savoir comment Andrevon allait-il finir son histoire. Je n’aime pas la fin du roman, tout simplement et je vais vous expliquer pourquoi ci-dessous. Si vous souhaitez vous garder la surprise ne lisez pas le paragraphe suivant, où je dévoile la fin du roman.

//////// Ne lisez pas ce paragraphe si vous n’avez pas lu ce roman /////////
En général, j’aime bien qu’on me donne une raison du pourquoi des choses. Par exemple, je n’aime pas le film Cube, car jamais on ne nous dit ce qu’est ce foutu Cube alors que moi j’attendais que ça. Dans le roman d’Andrevon, il y a bien une raison qui nous est donnée à la toute fin, mais elle m’a semblé expédiée. L’immeuble et ses habitants sont les victimes d’une entité cosmique un brin taquine qui les a balancé dans un autre espace-temps. OK. Et il vous faudra vous contenter de ça. Point. Rien d’autre. Quid des habitants qui disparaissent au fur et à mesure ? Quid de ces grandes statues dans le désert aux yeux brillants ? Les formes dans la brume ? On aura pas de réponses.
De plus, toute l’histoire est pessimiste et noire : les habitants meurent ou disparaissent ou se suicident peu à peu, l’environnement est de plus en plus hostile, bref ça ne respire pas la joie. Et paf ! Andrevon nous sort de son chapeau une conclusion optimiste : tout est remis à zéro, tout ceci n’a pas existé, les morts ressuscitent et ne se souviennent de rien (ou très peu). La vie continue, nous dit l’auteur.
Mouais. Bof.
J’aurais préféré une fin à la The Thing, avec le pauvre Pierre tout seul dans la tour en ruine, ultime rescapé d’une situation qui le dépasse (et qui pourquoi pas ne nous aurait pas été expliquée, cela ne m’aurait presque pas dérangé, pour le coup).
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Dommage que cette fin vienne quelque peu plomber le plaisir de lecture. Mon conseil : évitez le dernier chapitre, tout simplement.

Donc pour résumer, La Maison qui glissait est un bon roman de SF, bien écrit, prenant, très agréable, mais à la fin décevante.

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