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25 janvier 2012 3 25 /01 /janvier /2012 08:19

laconquete

 

Y avait-il besoin d’un film sur Nicolas Sarkozy ?


La question se pose, tant l’homme a en quelques années monopolisé la vie politique et les médias. Si l’idée de le revoir au cinéma ne réjouit donc pas nécessairement, il serait pourtant dommage de s’arrêter à cet à-priori, car le film n’est ni “pour” ni “contre” mais bien “sur” Nicolas Sarkozy.

 

La Conquête nous raconte donc précisément l’ascension de Nicolas Sarkozy, depuis son arrivée au gouvernement jusqu’au soir du 6 mai 2007, soit cinq années de luttes, de conflits et de coup-bas dont la mécanique est bien retranscrite.

Mais si vous vous attendiez à une description de la vie politique française, vous allez être déçu. Dans La Conquête, les politiciens ne font pas de politique : ils manigancent, intriguent, complotent, raillent les adversaires, ou sortent de bons mots, mais, jamais, ô grand jamais, ne font ce que l’on peut attendre d’eux (réfléchir à des solutions, diriger, etc.). La moindre réflexion n’a qu’un seul objectif : comment l’emporter sur les autres. D’où un tableau d'un monde politique fortement arriviste, et où finalement la politique et le peuple n’ont pas leur place.

 

La vie privée de Nicolas Sarkozy étant mêlée à sa vie politique (Cécilia Sarkozy ayant été sa conseillère sur cette période), le film mêle intrigues politiques et mélodrame, l’accent étant mis sur les relations entre Nicolas et Cécilia, sa victoire de 2007 sonnant clairement ici comme une victoire à la Pyrrhus.

 

Mais le plus gênant dans La Conquête n’est pas dans ces sentiments (ils aérent le film).

Le carton du début nous prévient, le film est une fiction, inspirée de faits réels. Problème : les évènements décrits sont encore dans nos esprits, et on se demande en permanence où est le réel et où est la fiction ? Le film navigue ainsi tout du long entre le vrai et le faux, sans que l’on puisse les discerner, ce qui est franchement dérangeant (surtout lorsqu’on touche à l’intimité d’un couple).

Un rapport au réel d’autant plus important que le choix des acteurs est une vraie réussite. Le travail de Denis Podalydès est bluffant, tant il parvient à jouer le rôle de façon convainquante. Mention spéciale pour le reste du casting, tout à fait à la hauteur.

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