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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 14:05
Non, le cinéma horrifique des années 80 n'est pas mort, et avec Jusqu'en Enfer, Sam Raimi vient nous le rappeler... gentiment.

Christine Brown travaille dans la branche immobilière d'une banque américaine. Elle brigue un poste plus important. Problème : elle est en concurrence avec un de ses collègues, et son directeur la juge trop indulgente avec les clients qui ont des soucis financiers.
Alors lorsqu'une vieille dame sinistre la supplie de lui laisser un délai de plus pour payer ses traites, Christine décide d'e ne pas être indulgente, même si cette dernière doit être expropriée. Hélas pour elle, la vieille en question est une terrible sorcière, qui, pour se venger, lui lance une malédiction : si rien n'est fait, d'ici 3 jours un démon l'emportera en enfer...


Evacuons d'emblée les défauts du film de Sam Raimi : les effets spéciaux numériques. Quel dommage d'avoir voulu presque tout faire en image de synthèse. Sam Raimi a démarré sur Evil Dead avec 2 bouts de ficelleet il en faisait des merveilles. Ici, tous les effets se voient comme le nez au milieu du visage et desservent complètement le film. J'en suis presque à penser qu'il aurait mieux valu ici les réaliser en direct sur le plateau, à l'ancienne. Au top des foirages : des geysers de sang (la scène reste drôle tout de même) et une biquette possédée par le démon (sic !).

Si l'on fait abstraction de ces défauts, Jusqu'en Enfer remplit parfaitement son objectif, être un agréable et sympathique film de série B d'horreur sans autre prétention que de vous faire sursauter et sourire. Car le cinéma de Sam Raimi, c'est un peu comme la fête foraine : il y a le train fantôme, le grand huit... On rit, on sourit, on sursaute ("Bouh !"), bref ça bouge, il y a de la vie. D'ailleurs l'heure et demi file très rapidement à travers une histoire rythmée, entièrement centrée sur les malheurs de son héroïne.

Et c'est la grande force de ce modeste film : il y a une intrigue, relevée de moments stressants, et de moments où l'on décompresse avec quelques farces. J'ai eu l'impression d'avoir 10 ans et de regarder Evil Dead II. Et pendant le film, je ne cessais de me dire que c'était tout de même bon, ce type de films. De nos jours, tout compte fait, le cinéma d'horreur se prend très et trop au sérieux avec des ambiances glauques, sombres, noires, et surtout des scènes de tortures complètement idiotes. Un peu comme si l'histoire n'avait maintenant plus d'importance, qu'il fallait montrer des corps en souffrance (sanguinolents,  déformés ou autres) et que cela suffisait. Il y a 20 ans, le cinéma d'horreur faisait dans la gaudriole et c'était en fin de compte bien plus drôle. Avant, c'était amusant, maintenant, c'est écoeurant. Merci au réalisateur de nous le rappeler !

Dernière remarque, on notera que le film est sorti en pleine crise des subprimes américaines. L'idée de montrer une employée de banque aux prises avec une malédiction n'est très certainement pas innocente. Et seul Sam Raimi, réalisateur de gros succès (la trilogie Spider-Man) pouvait se permettre une conclusion aussi radicale (attention spoiler : la toute dernière scène nous la montre emportée ... jusqu'en enfer !).

Raffraîchissant !
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