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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 09:09

findingbliss01La charmante Jody a un sérieux problème depuis son adolescence : au lit, c'est la cata ! La jeune femme est coincée au possible, et sa vie sentimentale s'en ressent.
Pas grave, Jody passe sa frustration à travers ses études de cinéma, dont elle sort première de sa promo. Malheureusement pour elle, qui rêve de tourner son premier long métrage, à Hollywood les portes sont fermées. La voilà contrainte d'accepter un job comme ... assistante pour réalisateur de films porno !
Mais Jody ne se démonte pas, et compte bien utiliser le matériel du studio pour monter les films pour adultes le jour, et filmer son propre film "art et essai" la nuit...

Du cul et des sentiments, comment concilier les deux ? La réalisatrice décide ici de nous refaire le coup de la comédie romantique, mais dans un milieu qui ne l'est pas du tout, romantique.  D'un côté l'héroïne, talentueuse fille à papa et coincée ; de l'autre l'industrie du porno avec ses stars extravagantes et superficielles. On se dit que la confrontation de ces univers va dynamiser le récit, et on se trompe pas. Certes l'industrie montrée ici est particulièrement édulcorée, les problèmes de MST et de drogues n'étant par exemple jamais évoqués. Une version un peu "Bisounours" de la pornographie en somme. Si l'on y réfléchit le projet en lui-même est un peu bancal : comment montrer cet industrie pornographique sans tomber justement dans la pornographie elle-même.

Julie Davis contourne le problème, se bornant à simplement suggérer des scènes "hard". Par contre elle n'empêche pas son film de tomber parfois dans le graveleux, parfois drôle (vous découvrirez de nouveaux sens aux mots "éclair au chocolat" et "tunnel"), parfois pas franchement nécessaire (la zigounette d'un hardeur, bof). A noter quelques stars du X apparaissent dans de petits rôles.

Progressivement, Finding Bliss ressemblent à un "film de loosers" ; on a tous vu au moins un film où un groupe de personnages, pas du tout doués, se retrouvent à devoir se surpasser pour atteindre un objectif, comme par exemple le premier qui me vienne en tête Même pas mal !(Dodgeball). Dans Finding Bliss, le principe est : Jody réussira-t-elle a faire un "vrai" film avec une équipe composée de stars du X. Si au début le film nous montre ces stars comme des néandertaliens, rapidement Jody va découvrir des personnes généreuses et motivées. Un stéréotype de contourné (dans le X, il n'y a que des idiots et des pervers), mais un autre de retrouvé (on y croit pas du tout).

 

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Julie Davis va alors déployer plusieurs trames et idées dans son film, sans jamais malheureusement aller jusqu'au bout.


Tout d'abord lorsque Jody monte les fameux films porno durant la journée, elle s'imagine parler avec l'actrice de ses rapports sexuels frustrants. Elle se créé une amie virtuelle en somme. Dédoublement de la personnalité, émancipation sexuelle refoulée, il y avait matière à exploiter. D'une manière plus pertinante que le twist final sans intérêt.
L'équipe tourne un film de fesses le jour et un film normal la nuit. Petit à petit on devine que les deux métrages s'influencent peu à peu : les hardeurs sont crevés de leurs nuits et ne peuvent plus tourner le jour, ils deviennent plus exigents sur le scénario.
Bien entendu, l'histoire principale dans son ensemble prêtait à la reflexion : jusqu'où aller pour l'amour de son art ? Doit-on tout faire pour tourner ?

Autant de questions, d'interrogations, que Julie Davis va effleurer sans jamais essayer d'apporter une réponse, préférant à la place se concentrer sur la comédie "romantique".

 

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De ce côté-là, on va trouver les clichés habituels du genre. La cristalisation de Stendhal. Le doute (est-il l'homme que j'aime ?). La rupture (avec une séquence de chanson triste avec les deux amoureux qui ne veulent plus se parler). La réconciliation. Les parents pas contents que leur fifille sortent avec un réalisateur de films de fesses, etc.

Alors Finding Bliss, film râté ? Oui, mais avec pas mal de qualités qui emportent l'adhésion du public.

Les acteurs sont particulièrement bien choisis, Leelee Sobieski passe bien dans le rôle principal. Le timing du film est parfait, on ne s'y ennuit jamais. Et l'intrigue tord le cou à certaines idées reçues sur le milieu du X, et s'amuse à souligner qu'il ne faut jamais juger trop vite son prochain. Une morale certes convenue mais cohérente avec
l'ensemble.

Si bien qu'en fin de compte on passe un agréable moment devant un film bancal, dont on imagine à quel point il aurait pu être réellement décalé et réussi. Dommage, mais rien de rédhibitoire donc.

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