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10 janvier 2007 3 10 /01 /janvier /2007 20:43

Ca manquait de nanar ces derniers temps. Aussi, assyez-vous confortablement, je vous embarque pour le pays des cannibales avec un film qui fleure bon le cinéma Z...

Bon attention, aujourd'hui sacré client que voilà, puisque ce Emanuelle e gli ultimi cannibali (oui il est temps de se mettre à l'italien les amis), donc je disais, sacré client puisque ce formidable film est réalisé par Joe d'Amato, l'un des plus grands représentants de films de série Z au monde. Son principe artistique est des plus simple (et finalement assez honnête) : grapiller de la thune tant que c'est possible ! Capable de tout même du pire pour amasser le moindre pécule, D'Amato ne s'est jamais pretendu artiste ! Oui, bon ok, il a bien plusieurs fois piqué des morceaux de films de cul qu'il n'avait pas tourné pour les incorporer dans les siens. D'accord, on passera... Il ira même pour Anthropophageous jusqu'à essayer de faire croire qu'on y voit un véritable foetus se faire dévorer en direct live devant sa camera crasseuse... Mouais, c'est pas bien ça Mr D'Amato, de faire croire ce genre de chose... Bref Joe D'Amato, pape du nanar bis à tel point qu'on le surnommera "Le Méchant Ed Wood". Fin de la parenthèse et revenant donc à nos moutons...

Emanuelle e gli ultimi cannibali est un croisement de genres totalement opportuniste : quelques années avant Cannibal Holocaust (1972), le film par d'un principe complètement barré : mélanger film érotique (Emmanuelle) avec le film de cannibales. Drôle d'idée, j'en convient mais foutrement plus bandante qu'un hypothétique Emmanuelle et les 3 mousquetaires par exemple (quoique !). Au passage, on notera qu'il s'agit ici de Black Emanuelle et pas de la Emmanuelle qu'on connait tous assise langoureusement sur sa chaise en osier et incarnée par Silvia Kristel. Ouaip, les italiens n'avaient pas mis longtemps avant de récupérer pas officieusement du tout la licence en virant un "m" dans le prénom du personnage. Un peu comme si moi j'écrivais un "Mikey" pour récupérer la tune de Disney en somme.

Bon bref, tout ca pour dire qu'Emanuelle e gli ultimi cannibali c'est du nichon et de la barbaque.

On découvre donc Emanuelle dans un asile partie enquêter sur une nana (on l'appelera Gisèle) revenue "du pays des cannibales" (?). Après quelques polissonneries très fugaces, les infirmières étant très portées sur la chose et les patientes ne portant jamais de culottes (interdit dans le règlement sans doute), hop ! ... D'Amato nous cale un petite scène gore avec une infirmière qui se fait dévorer le sein par Gisèle. Choc ! 
 .

Finalement, Emanuelle comprend que Gisèle est une survivante d'un monde cannibale (croyez-moi elles ont eu l'occasion de discuter de très très prêt), et réussit à convaincre son patron de monter une expédition vers le "pays des cannibales" (?) (sans plus de précisions).

Elle rencontre donc un spécialiste des cannibales (!), un docteur qu'on appellera Gérard pour faire plus mieux. Donc Gérard déballe à Emanuelle, non pas ce que vous pensez, mais sa science. Et ca donne un truc du style:
Gérard : "Et j'ai plein de documents chez moi... que je pourrais vous montrer..."
Emanuelle : "Allons-y professeur..."
Et là, FRUSTRATIONS. Moi je dis spoliage du spectateur ! Là où je m'attendais à une scène de sexe un brin osé avant de découvrir l'enfer vert : fondu au noir ! Plan suivant : Emmanuelle refait son maquillage toute nue devant son miroir ! Aarrgh ! Frustration !

J'aurais bien confirmation que le monteur est aveugle car dans la scène suivante, Emanuelle prend un taxi pour rentrer chez elle, et hop ! sans prévenir : scène érotique ! Celle-là même qu'on attendait quelques minutes avant. Si, si, avec Gérard tout nu et tout et tout...
On passera sur les détails sauf un : la musique ! En effet d'Amato nous casera toujours la même musique dans TOUTES, j'ai bien dit, TOUTES les scènes de sexe, jusqu'à la fin. Hop ! Dès que les premières notes lancinantes de Make Love on the Wing (cliquez pour avoir un extrait ! ) résonnent, on sait que ca va swinger ! Au bout de 20 min, le procédé devient assez lassant (voir grave énervant) j'en convient, mais d'Amato doit aimer parce qu'il nous refourguera la même came dans Zombi Holocaust quelques années plus tard...

Tenez au passage, j'ai oublié de vous signaler une chose : d'Amato n'a pas eu les autorisations de filmer en ville. Résultat, le moindre plan dans la rue se termine immanquablement par des passants se retournant sur Emanuelle...

Bon justement Emanuelle retrouve son copain (non, Emanuelle n'est pas fidèle, non...), et lui fait l'amour. Le monsieur garde son pantalon pendant l'action j'ai pas tout compris, mais c'est pas grave puisque nous voilà aussitôt en Amazonie, prêt à partir pour l'expédition vers le "pays des cannibales" (? cherchez pas on saura jamais où c'est).

Les voilà donc dans la jungle. Et avec des experts, attention, ouvrez bien les yeux : 
 
Ben tiens ! Cinq péquins pour prendre une tribu en tenaille, moi je dis bravo la stratégie... Cinq ? Oui, cinq, le casting manquait de personnel, féminin notamment, et un guide noir et une blonde et une nonne (qui elle se fera bouffer très rapidement, sans intérêt, aucun). Et puis suivre le bruit des tam-tam, franchement...

Bref tout ce beau monde avance guidé donc par le son des tam-tam (on apprend aussi que tam-tam est un mot invariable au passage, profitez c'est cadeau).
Ce qu'il y a de marrant c'est que le film est en italien (sous-titré fr je vous rassure) mais qu'il a du être tourné en anglais, puisque au beau milieu d'une discussion Gérard se met à parler... anglais ! Le doubleur avait du s'endormir pour le coup...

Notre monteur aveugle continue son massacre en casant des scènes érotiques n'importe comment : hop ! une attaque indigène, hop la nonne bouffée! Et Emanuelle et la blonde decident de se baigner dans un lac. Bien sûr...

Bon ca donnera la plus jolie scène du film, côté erotisme. Mieux, d'Amato dans un élan artistique nous renvoit même humoristiquement notre image à travers un singe venu mater les demoiselles. Le singe arrive, prend des clopes, fume (si si regardez ci-dessous) et se barre lorsqu'elles ont fini. Chapeau bas, mr D'Amato ! 
  

Bon faut pas déconner non plus rapidement la gaudriole reprend ses droits. On a forcément droit à des stock-images pas raccord du tout, du genre

"OH UN CROCODILE !"

suivi de ce type d'image :

OK, j'ai un peu exagéré avec le Mr en jaune, mais l'idée est là, vous m'aurez compris.

Bon c'est pas tout ca, mais arrive les 20 dernières minutes où tout s'emballent (et pas TOUS s'emballent, nuance, parce que justement non). Rapidement les cannibales chopent tout le monde, et mangent l'équipe sauf Emanuelle, Gérard et la Blonde.

Et alors que la Bonde allait se faire bouffer, Emanuelle planquée plus loin à une idée de génie : elle se souvient d'un tatouage de Gisèle et avec de la boue se peint le même sur le pubis. Puis elle sort de l'eau au moment où le premier cannibale allait planter ses dents dans la Blonde et là... stupeur ! tous les cannibales la prennent pour une déesse. Hop ! ouf ! Manu sauve tout le monde et ils se barrent en esquivant quelques lances (oui les cannibales sont cons que 2 min. montre en main, après ils redeviennent lucides, mais trop tard).

Et là, Manu nous sort son petit speech de fin, la larme à l'oeil (et nous pliés en deux) :
"Je n’aurai cru avoir le courage de tirer sur un homme. On dit que les journalistes pour écrire un bon article sont prêts à tout, donc je devrais être entièrement satisfaite puisque j’ai le matériel pour faire un reportage exceptionnel. (Hum!)
Pourtant, ce n’est pas le cas. Manolo Philippe et Salvador, obligés de nous suivre dans cet enfer, comme des esclaves, peut-être à cause de leur pauvreté ou de la couleur de leur peau, et sœur Angela avec sa vocation. Peggy et Donald avec leur mesquinerie… "
Et Gérard de conclure : "Ce n’est pas ta faute, c’est le prix de la civilisation ."

Tout cela préfigurant la thématique de Cannibal Holocaust qui viendra quelques années plus tard.

Bon appétit.

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commentaires

A
Non mais ou tu vas chercher tous cela!!!!<br /> T'as pas honte de voir ce genre de truc?<br /> Enfin ca vaudra pas 'Smallville'!!!!!!
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