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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 11:59
On considère souvent à tort Stephen King comme le "Maître de l'Horreur" de la littérature contemporaine, car ses romans font rarement frissonner. On devrait plutôt dire "Maître du Fantastique" tout simplement, tant l'auteur s'amuse à introduire des éléments surnaturels dans la vie tranquille de ses personnages.

Au fur et à mesure de son travail, on devinait qu'il existait un autre Stephen King, un auteur intéressé par les Etats-Unis de son enfance, par un doux parfum de nostalgie. Prenez "Ça", un de ses classiques : le roman regorge de flashbacks consacrés aux escapades fantastiques d'un groupe de gamins. Et l'exemple le plus flagrant est la nouvelle "Le Corps" (du recueil "Différentes Saisons") qui est un vibrant hommage à l'Amérique des années 50-60 et à une époque et une jeunesse désormais révolues.

"Coeurs perdus en Atlantide" s'inscrit parfaitement dans la veine nostalgique de l'auteur. L'ouvrage se présente concrètement sous la forme de cinq nouvelles de tailles très variées et à première vue indépendantes.

"1960 - Crapules de bas étages en manteau jaune" nous permet de suivre les aventures du jeune Bobbie Garfield. Ce petit garçon vit avec une mère autoritaire (suite au décès de son père) et  sa vie va changer du tout au tout lorsqu'il va se lier d'amitié avec un vieil homme bien mystérieux.
Dans
"1966 - Chasse-coeurs en Atlantide", nous suivons le quotidien de Peter dans un internat d'étudiants, plus préoccupés à jouer aux cartes qu'à réussir leurs études. Sachant que ceux qui ne décrocheront pas leur bourse d'étude finiront probablement au Viêt-Nam.
Willie Shearman est un homme perturbé puisqu'il endosse quotidiennement trois personnalités disctinctes, dont celle d'un mendiant. Vous découvrirez une journée type dans
"1983 - Willie l'aveugle".
Sullivan est un vétéran du Viêt-Nam qui revient d'une réunion d'anciens combattants, lorsque d'un coup d'un seul une multitude d'objets tombent du ciel. Quel est le passé de Sully ? A suivre dans
"1999 - Pourquoi nous étions au Viêt-Nam".
Enfin,
"1999 - Ainsi tombent les ombres célestes de la nuit" conclue le livre et boucle les intrigues laissées en suspens.

Le livre de King n'échappe pas à une règle simple : dans un recueil de nouvelles, il y a forcément du bon et du moins bon. Vendu comme un roman (d'après la couverture), le livre est constitué de ces nouvelles habilement rafistolées pour former un tout cohérent. Car à travers les différentes histoires, nous retraçons le parcours de deux jeunes enfants présentés dans la toute première nouvelle. Mais l'on sent tout de même le rafistolage, et l'on se dit par moment que les liens sont bien artificiels. Pirec, la première nouvelle en question ne peut être totalement comprise uniquement si l'on a lu le Cycle de la Tour Sombre, une saga titanesque de Stephen King. Si ce n'est pas votre cas, rien d'incompréhensible mais vous passerez à côté de quelques allusions.

Si l'on passe outre ces soucis, l'ouvrage se lit avec grand plaisir, car comme d'habitude avec cet auteur, on s'attache très rapidement aux personnages et à leur destin. Si bien qu'à travers une nouvelle, on guette des informations sur les deux personnages principaux.

"Coeurs perdus en Atlantide" essaie de transmettre au lecteur un morceau d'une époque, celle des années 60, et il en ressort une sensation de nostalgie peut-être encore plus importante que dans les autres romans de King. Un roman rafraîchissant et à part dans la biographie ténèbreuse du King.

Version grand format :
600 pages
Editeur : Albin Michel (1 mars 2001)
Collection : Domaine Etranger
ISBN-13: 978-2226122094

Version poche :
667 pages
Editeur : Le Livre de Poche (5 mars 2003)
ISBN-13: 978-2253151401


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