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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 19:20
La sortie d'un nouveau film de Quentin Tarantino est toujours un évènement. Le cinéaste n'a jamais caché son amour du cinéma de genre, impossible à dissimuler de toute manière puisque ses films font d'innombrables références à ses films préférés (je vous conseille par ailleurs de lire son interview par Bertrand Tavernier dans un récent numéro de Brazil, ou dans son livre Amis Américains ; un bonheur).
Après un Kill Bill ravageur, Tarantino avait quelque peu déçu avec Boulevard de la mort : trop référentiel, trop bavard, trop inaccessible. Le réalisateur se devait de remettre les pendules à l'heure après cette déconvenue.

France, 1941.
Un groupe de soldats alliés, les Bâtards, sèment la terreur dans la France occupée avec une méthode un peu particulière. En effet, les Bâtards sont cruels et sadiques, et scalpent littéralement leurs victimes nazies. Leur prochaine cible ? Un petit cinéma parisien qui va accueillir l'avant-première de la dernière réalisation de Goebles, qui réunira les grands pontes de l'armée nazie, et pourquoi pas ? Hitler lui-même. L'occasion de mettre fin à la Guerre ?
Ce qu'ignorent nos soldats, c'est que la directrice du cinéma, Shosanna
, est une juive ayant échappé aux SS. Et elle a bien l'intention de se faire vengeance par elle-même...

Inglorious Basterds un vieux projet de Tarantino, puisqu'il en a commencé l'écriture bien avant Kill Bill. Après maintes réécritures, on ne peut que saluer le résultat. Inglorious Basterds est certainement le film le plus passionnant du réalisateur depuis... Pulp Fiction !

Comme d'habitude chez Tarantino, son film comporte pas mal de violence et c'est peut-être le seul défaut que j'y ai trouvé. Ames sensibles, faites attention : le film ne comporte pas énormément de scènes violentes, mais certaines sont tout de même corsées si l'on a pas été prévenu (remarquez, maintenant c'est fait).

Le gros point positif, c'est que le film fonctionne à plusieurs niveaux : il y a l'intrigue principale, véritable film de guerre et de sabotage, où l'on se demande continuellement quels obstacles les héros vont rencontrer (voire même si Shosanna  - épatante Mélanie Laurent - et les Bâtards ne vont pas se gêner). Mieux, Tarantino va développer deux notions importantes : celle du langage (parlé, gestuel) et celle de la puissance du cinéma.

Dans Inglorious Basterds, les personnages parlent souvent plusieurs langues (français, anglais, allemand, voire italien dans une mémorable scène comique). L'auteur choisit de ne pas céder à la facilité et chaque changement de langue entraîne un sous-titrage. Mieux : la méconnaissance d'une langue peut s'avérer fatale et propulse le suspens à un sacré niveau dans deux scènes virtuoses (la toute première et celle de la cave). Un vrai plaisir, qui mériterait un revisionnage.

"Pas besoin de dynamite quand on a de la pellicule" annonçait Tarantino dans un récent Cahiers du Cinéma. Et son film en est la plus brillante démonstration. On va y parler du cinéma de propagande bien entendu, avec Goebels (et un faux film à la gloire du Reich). Mais Tarantino, dans un énorme tour de force, étale aux yeux de tous sa croyance, naïve et si puissante, que oui, le cinéma peut changer le monde.

Dernier bon point, et je vous laisse : le casting. Brad Pitt n'est pas impressionnant mais amusant en chasseur de nazis bourrin et sadique, ses coéquipiers sont parfaitement dans le ton mais c'est surtout Chrispoph Waltz dans le rôle du colonel nazi Landa qui impressionne. Wow, quelle teigne ! Quel mélange de gentillesse feinte et de cruauté. L'acteur a remporté un prix à Cannes, et ça n'est pas une surprise finalement, il est impérial. Et avec Mélanie Laurent, ils relèguent les Inglorious Basterds au second rang.

Passionnant, drôle, cruel, assez sobre dans les dialogues (ouf !) et avec des moments de suspens parfait, Inglorious basterds annonce le retour d'un Tarantino en forme. Il est de retour, et il va falloir compter avec lui !


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commentaires

B
<br /> Bonjour !<br /> <br /> Je serais nettement plus réservé à propos de ce film, déjà unaniment considéré comme un chef d'oeuvre.<br /> <br /> D'abord, les Bastards me semblent passer au second plan, ils ne sont pas très bien développés.<br /> <br /> Ensuite, la séquence du bar est longue à en mourir (40 minutes ?), puis l'intrigue du héros allemand et de la survivante ne m'ont pas convaincu.<br /> <br /> Enfin, je conseille à chacun de comparer ce film avec les 7 psychopathes de Fabien Velhmann qui anticipe quelque peu ce sujet avec deux ans d'avance et un réél talent.<br /> <br /> D'ailleurs Steph, si tu veux faire une comparaison sur ton blog...<br /> <br /> A + !<br /> <br /> <br />
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