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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 11:12
S'attaquer à Watchmen, c'est s'attaquer à un sacré morceau de la culture bd. Pour résumer, la bande-dessinée d'Alan Moore et Dave Gibbons est LE comics de référence, considéré comme, sinon le meilleur, du moins l'un des plus importants. Mieux, ce fut la première BD à remporter le prix Hugo et la première à apparaître dans la liste du Times des 100 meilleurs romans en langue anglaise depuis 1923. Bref on ne doit pas aborder l'adaptation de Watchmen comme on le ferait pour les X-Men ou les 4 Fantastiques...

1985. Dans des Etats-Unis alterntatifs où les super-héros existent.
La tension ne cesse de croître entre les Etats-Unis et l'URSS et le monde est au bord du chaos : les 2 géants sont sur le point de déclencher la guerre nucléaire, qui atomiserait l'humanité toute entière.
C'est dans ce climat bien pessimiste qu'un vieux super-héros, le Comédien, est assassiné sans que l'on puisse déterminer l'identité de son agresseur. Le Comédien n'était pas spécialement un tendre, du fait de ses idées fascisantes, et faisant parti d'un groupe de super-humains, maintenant démantelé. Rorschach, autre sociopathe ancien-membre du groupe, décide de prévenir ses anciens acolytes et de mener l'enquête, persuadé que ce meurtre dissimule un vaste complot...


L'adaptation de Watchmen a été confiée à Zack Snyder, réalisateur par le passé de L'Armée des Morts (un bon remake du Zombies de Georges Romero) et de 300 (une adaptation de la BD de Frank Miller, que je n'ai pas vue).

La première chose qui m'a frappé dans Watchmen (le film), c'est l'application qu'à mis Snyder à retranscrire les cases de la BD sur grand écran. Si bien qu'on reconnait sans soucis la bande-dessinée malgré le nouveau design des costumes des héros. Il faut bien dire que reprendre tels quels les costumes aurait donné un résultat  vieillot (rappellons que la publication de la BD date de la moitié des années 80, voir illustration ci-dessous). Opération "cosmétique" réussie, le film ne sombre pas visuellement dans le ridicule.



Non le vrai problème de Watchmen, c'est que l'on sent Snyder comme un élève qui aurait appris sa leçon par coeur mais sans la comprendre totalement. Tel quel, le film est correct et agréable à suivre, mais n'arrive à aucun moment à s'élever au niveau du matériau d'origine, et pourtant il y avait matière. Trop même, si bien que le projet s'avère finalement à mon sens bien trop ambitieux pour le jeune réalisateur qu'est Snyder.



Snyder a choisi de ne pas adapter les nombreuses intrigues parallèles du comic. Et tant mieux, car les 2h40 du film paraissent déjà bien longues ! Pire, Snyder se contente finalement de reprendre l'intrigue générale, tout en la modifiant quelque peu. Ainsi, le film est plus gore que ne l'était le comic. Un ajout inutile puisque ça ne sert jamais réellement l'intrigue. Idem pour l'abondance des ralentis  : chaque scène d'action a droit à son arrêt sur image en pleine action. Agaçant. La fin du film (le dernier quart d'heure en gros) est probablement le plus crispant car les explications sont confuses.

Au rayon des regrets, il y aussi une partie du casting. Tous les acteurs sont insipides (excepté Rorschach et le Comédien) et beaucoup n'arrivent pas à "rendre" la dimension de son personnage. Le pire étant Ozymandias incarné par un jeune freluquet censé être "l'homme le plus brillant du monde" et Patrick Wlison (Le Hibou) qui singe le Clark Kent de Superman.

Tout le fond du comic  n'est qu'effleuré, tant Snyder s'acharne à vouloir adapter la forme.
Dommage.
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