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27 avril 2009 1 27 /04 /avril /2009 10:25
En 1956, Alfred Hitchcock doit contractuellement un film à la Paramount. Il demande à un de ses producteurs si le remake de son "Homme qui en savait trop" de 1934 intéresserait la production. Hitchcock y voit la possibilité d'améliorer son histoire. Il dira d'ailleurs des années plus tard à Truffaut  "La première [version] était l’œuvre d’un amateur, la seconde est celle d’un professionnel."

Aussi L'Homme qui savait trop de 1956 avec James Stewart est intéressant parce qu'il s'agit du remake d'un film d'Hitchcock par Hitchcock lui-même. L'exercice s'annonçait déjà intéressant, mais le réalisateur va le pousser un peu plus loin que prévu en rendant un vibrant hommage à celui qui deviendra son compositeur attitré, Bernard Hermann.

A Marrakech, un espion est assassiné et dévoile une mystérieuse information à un couple d'américain en vacance avec leur fils : un politique important va être assassiné à Londres. Hélas, l'enfant du couple  est enlevé par les assassins qui menacent de le supprimer si le couple parle aux autorités. Les voilà partis sur les traces des comploteurs pour retrouver le petit...

L'Homme qui en savait trop propose une trame classique pour un Hitchcock. On reconnaît le motif habituel des "personnages au mauvais endroit, au mauvais moment". Cela lance l'intrigue dans une course-poursuite teinté d'enquête et de fausses-pistes. Pas de problème : Hitchcock est un roublard dans ce genre d'exercice et el film est parfaitement orchestré : pas un temps mort, on est pris dans l'intrigue du début à la fin.

Mais plus que d'être un bon film, L'Homme qui en savait trop explore le son et la musique au cinéma.

Le générique nous montre un orchestre classique et se termine sur un coup de cymballes par la mention "Un simple coup de cymbales et voilà boulversée la vie d'une paisible famille." Et ça sera le cas puisque le film mène progressivement à un concert de musique classique dirigé par Bernard Hermann. Les 2 hommes n'en étaient qu'au début de leur collaboration, mais déjà on sent l'importance d'Hermann sur le travail d'Hitchcock. Plus tard, c'est Hermann qui convaincra le réalisateur de l'importance de la musique au cours de la célébrissime scène de la douche.

Pour en revenir à L'homme qui en savait trop, le sommet du film est atteint pendant une scène de suspens mémorable : le couple arrive pendantle concert où l'assassinat doit avoir lieu. Le couple cherche le tueur. Et pendant tout ce temps, soit un peu moins de 10 minutes, il n'y a plus que la musique en fond sonore. plus une parole, plus un son, pas un bruitage, que de la musique pour accompagner l'intrigue. La caméra suit le chef d'orchestre (Hermann himself donc), et va même jusque suivre les notes sur les partitions pour annoncer le fameux coup de cymbales (à priori fatal). Un bijoux.







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