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3 novembre 2008 1 03 /11 /novembre /2008 22:15
Par Scott Lynch

A bien y regarder, le genre de la fantasy ne comporte pas une grande proportion de romans originaux. La plupart du temps il s'agit de l'histoire d'une personne ordinaire qui va connaître une aventure extraordinaire après la découverte d'un objet magique (ou d'un don, ou d'un livre, etc.), va réunir autour d'elle un groupe hétéroclite, et qui sauvera le monde en terrassant un vilain affreux. Si cela vous fait furieusement penser au Seigneur des Anneaux (un petit homme entreprend une quête incroyable pour débarrasser le monde d'un anneaux maléfique), c'est normal. Si cela vous fait penser aussi à Star Wars, rien d'étonnant puisque Georges Lucas ne s'est jamais privé de dire qu'il s'était inspiré des légendes celtiques pour écrire l'épisode I, les même légendes qui sont aux racines du genre de la fantasy. Bref, cette longue intro pour vous dire qu'en somme la fantasy c'est un peu toujours la même chose.

C'est pourquoi le premier roman de Scott Lynch sort furieusement du lot.
Car du haut de ces 23 ans, le jeune écrivain fait preuve d'un talent impressionnant. La grande force de ce premier tome, c'est son originalité.

Dans la ville médiévale de Camor, Locke Lamora est à la tête d'une bande de voleurs, les Salauds Gentilhommes. Le vol est pour eux presque un art, tant ils s'échinent à dérober leur or aux bourgeois grâce à des arnaques et autres escroqueries de hautes volées. Locke Lamorra n'est pas particulièrement doué à l'épée, mais qu'importe puisque tout le monde pense que la Ronce de Camor est un fin bretteur... Mais un beau jour, un étrange personnage fait son apparition en ville, le Roi Gris, et entreprend de décimer les autres chefs de gangs, menaçant même le roi des criminels de la cité. Qui est cet étrange personnage ? Qui est son étrange compagnon, un de ces vindicatifs Mages aux salaires si élevés ? Et surtout comment les arrêter avant qu'ils ne s'en prennent aux Salauds Gentilhommes ?

Les Mensonges de Locke Lamora nous change donc des quêtes exotiques, puisque toute l'action se centre sur une cité, Camor, particulièrement mise en valeur par l'auteur à travers des descriptions passionnantes. Conçue comme une Venise en pleine déliquescence, Camor accueille la racaille de l'univers et la plus haute bourgeoisie dans des décors flamboyants. L'auteur pousse même le souci d'exactitude en fournissant un plan de la ville pour permettre de mieux suivre l'action. Mais si le décor est splendide, c'est bien Locke Lamora qui donne toute sa saveur à ce livre.

Revanchard, hargneux, redoutablement intelligent, et menteur comme un arracheur de dents, c'est un plaisir que de suivre les arnaques de Locke et sa bande. Il y a un petit côté Arsène Lupin et d'Oliver Twist à la sauce fantasy qui m'a ravi, et l'on prend rapidement Locke et ces Salauds à cœur. Si bien que lorsque Scott Lynch veut nous surprendre, on tombe dans le panneau qu'il a tendu. Attention, tout peut arriver, même l'impensable !

L'autre originalité du roman est de fonctionner à travers deux lignes temps. La première se déroule dans le présent : on suit les actions du groupe. La seconde se présentent sous la forme de flash-back, interludes qui soulignent et précisent toujours habilement l'action du présent.

La situation générale évolue tout au long du récit, et l'on frémit régulièrement pour le héros, qui s'en sort généralement avec énormément de panache et un peu de casse ! La tension monte en un crescendo, si bien que les dernières pages se lisent haletant, pressé de lire l'issu des premières aventures des Salauds Gentilhommes.

On referme le tome en se disant qu'on est tombé sur une perle de la fantasy, le genre de livre qui va marquer à coup sûr le genre. Foisonnant d'idées, terriblement prenant, et merveilleusement bien écrit, vous devez lire Les Mensonges de Lock Lamora si vous aimez le genre. Indispensable.


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