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14 février 2008 4 14 /02 /février /2008 10:45
undefinedI Know Who Killed Me arrive en France tel un petit mouton noir : aux States, tout le monde semble prendre un malin plaisir à cracher sur le film, média comme spectateurs. Comme s'il était de bon goût de démonter ce thriller. L'occasion pour moi de voir ce qui méritait cette vindicte populaire...

Audrey est une étudiante comme tant d'autres : elle a un don pour le piano et l'écriture, un petit ami dans l'équipe de football du lycée, des copines ; bref tout roule pour elle. Mais Audrey est enlevée et séquestrée par un maniaque, qui prend un malin plaisir à la mutiler. Et l'on retrouve Audrey d'un fossé, le bras et la jambe gauche en moins. Soignée à l'hôpital pour ses blessures, on comprend que la belle n'est pas au bout de ses peines : elle prétend ne pas s'appeler Audrey mais Dokota et être strip-teaseuse. Comment va-t-elle pouvoir réintégrer sa vie ? Et le maniaque en a-t-il réellement fini avec elle ?

Commençons tout de suite par le point qui m'a déplu : le film est par moment extrêmement violent, d'une sauvagerie à la Saw, c'est-à-dire bête et méchante qui n'a pour objectif que de soulever le cœur du spectateur (2-3 scènes où le pervers découpe à l'écran des doigts, le bras, etc.) sans que cela serve l'intrigue.

Hormis cette faute de parcours, Chris Sivertson emballe joliement son script, et réussi même à introduire un style. Le réalisateur joue sans cesse avec les couleurs, usant (et abusant maladroitement) du rouge et du bleu. Ça m'a rappelé le Dario Argento de la grande époque, toutes proportions gardées bien entendu.

Et le film arrive dans sa seconde moitié à aborder un thème difficile et peu montré au grand écran : l'insertion dans la société d'une personne mutilée et psychologiquement handicapée. Le film prend une autre envergure lorsque Audrey/Dakota repousse ses parents qui d'après Dakota ne sont pas les siens. Le réalisateur réussit à faire passer la douleur et le désarroi des parents, totalement perdus entre ce que leur soit-disante fille leur annonce et leur volonté de retrouver leur enfant. Mieux même, lorsque Audrey/Dakota couche pour la première fois avec son copain, Sivertson filme une scène de sexe avec une fille mutilée, chose très très rare au cinéma, et qui provoque forcément le malaise chez le spectateur (devenu voyeur par la force des choses). On pense alors au Cronenberg d'il y a quelques années (Crash en tête). Toute cette période du film, d'environ 20 à 30 minutes, est une réussite, jusqu'à ce que, thriller oblige, le dénouement pointe le bout de son nez et conclut le film sur une déception (la fin n'est pas terrible, mieux vaut être prévenu).

I Know Who Killed Me
est donc loin d'être la daube annoncée, et mérite malgré ses défauts un visionnage.
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