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20 janvier 2008 7 20 /01 /janvier /2008 20:54
undefinedKevin Bacon (impeccable comme souvent) incarne Nicholas Hume, père de famille bien tranquille, dont la vie bascule suite à l'assassinat de son fils aîné par un membre d'un gang. Quand il comprend que jamais justice ne sera suffisamment rendue (le coupable pourrait écopper de 3 ans de prison pour ce meurtre), Hume décide de faire justice lui-même : il poignarde le jeune criminel. Malheureusement pour Hume, le jeune garçon est le frère du chef de gang, ce dernier décide alors de venger la mort de son frère. Le massacre ne fait que commencer...

On pouvait craindre James Wan nous refasse le coup de Saw : trousser son film de scènes choquantes pour palier à un budget très moyen. Qu'en gros, le réalisateur nous propose une apologie de la violence et de la vengeance pour ados décérébrés.

« Ces criminels sont des animaux » dit la détective à Hume après le meurtre de son fils. Et petit à petit Bacon va entamer sa transformation physique. Marqué par les coups qu'engendrent sa vendetta, son visage s'émacie, les bleus apparaissent. Puis après le meurtre de sa famille entière, le Chaos submerge l'Homme qui perd tout contrôle : il se rase le crâne, et revêtu une veste en cuir et d'une casquette (marquée « The Wolf »), l'oeil carnassier de Bacon fonctionnant à plein régime, Hume s'en va venger sa famille. Hume devient alors un animal lui-aussi, et n'existe alors plus. « Je croyais t'avoir tué » s'exclame les criminels. Effectivement, Hume n'existe plus, il est déjà mort et c'est son fantôme qui revient venger sa famille.« Regarde comment je t'ai transformé » est la dernière réplique du chef de gang à Hume. Oui, l'homme n'existe plus, il est lui aussi devenu ce qu'il voulait éliminer.

Wan fait parcourir à son film une trajectoire curieuse. Se voulant d'abord réaliste dans la description d'un quotidien lambda (le film démarre par des extraits de vidéos familiales), le film verse doucement mais sûrement vers l'outrance (les gunfights, l'asile désaffecté de la fin) et l'icônisation (la transformation de Hume, le gang stéréotypé). Comme si doucement le film perdait tout réalisme, accompagnant la lente descente aux enfers de son personnage principal qui perd peu à peu la notion des choses.

Juste avant la mort de son fils, Hume lit sur un panneau « Dead End » (Impasse). C'est exactement le destin qui l'attend. Il ignore simplement à quel point le chemin sera jonché de cadavres. Avec Death Sentence, James Wan réalise un métrage âpre et perspicace : la Loi du Talion n'apporte aucun repos ; au contraire, la spirale de violence qu'elle engendre est autodestructrice. 
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