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14 janvier 2008 1 14 /01 /janvier /2008 09:39

undefinedShining est l'une des premières expériences importante de steadicam de l'histoire du cinéma (après Rocky ou Marathon Man en 1976). Le principe technique est simple : permettre au réalisateur via un harnais de porter sa caméra tout en marchant ou en courant, sans que l'image soit saccadée ou tremblée. 

Kubrick va utiliser  ce procédé dans Shining pour briser le formalisme très strict qu'il s'est imposé dans la mise en scène (voir l'abondance des plans symétriques). L'Overlook , l'hôtel hanté, dans lequel Jack, son épouse Wendy et leur fils Danny sont enfermés, est bien entendu une métaphore pour dénoncer la stabilité de façade du couple. De façade puisque sous l'influence de l'hôtel, Jack devient fou furieux.

Car entre Jack et Wendy, dès le départ, on sent un malaise : Jack regarde de manière trop appuyée les employées de l'hôtel qui partent en vacances. Jack se sent enfermé dans cette vie de père de famille qui aliène sa carrière. Mais en surface le couple semble banal et sans histoire, tout comme l'hôtel Overlook.

Kubrick s'acharne à filmer un hôtel très (trop) symétrique, pour mettre de l'ordre, pour représenter un univers stable (à priori). Stable mais étouffant, puisque les images se resserrent sur leurs sujets, et l'Overlook se coupe progressivement du reste du monde (tempête de neige, moyen de communication coupés). Et lorsque l'irrationnel apparaît, Kubrick utilise la steadicam comme outil de chaos dans un monde organisé. Tel un spectre hantant les couloirs nous pouvons suivre Danny sur son petit vélo, pédalant dans les couloirs. Kubrick aime semer le trouble puisque rapidement il va mêler à ses vues "spectrales" des vues objectives de Jack. 

Crescendo de folie et de violence : Kubrick développe cette notion à travers une gestion du temps efficace, à base d'inserts ("L'entretien", "Le dernier jour"," Mardi"...). Kubrick propose au début du film des inserts qui permettent aux spectateurs de situer l'action dans le temps. La durée est très espacée, les ellipses nombreuses : on passe de l'entretien d'embauche à l'aménagement en un insert. On imagine que le temps entre ces deux évènements est assez long : quelques semaines. Et puis petit à petit, les ellipses se raccourcissent, les inserts évoquant les journées (Mardi, Vendredi) pour finir par nous donner l'heure précise. Enfin, Kubrick supprime définitivement les inserts, le temps narratif est continue, on suit les évènements de la dernière partie minutes par minutes.

Au fur et à mesure que la folie monte, Jack devient un instrument appartenant à l'hôtel : il répète à trois reprises qu'il est impossible de quitter l'Overlook. Kubrick termine son film de façon d'ailleurs remarquable : Jack est imprégné dans une vieille photographie des années 20, en compagnie des membres du personnel comme pour bien montrer qu'il fait maintenant partie intégrante des lieux.

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commentaires

P
Tu viens de répondre a une interrogation vieille de 20 ans! Pourquoi voit-on jack sur une photo de l'hôtel?!?<br /> J'avais pas compris a l'époque! Tu m'as donne envie de revoir le film! Merci!
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T
Et bien tant mieux ! C'est indirectement l'objectif de ce genre de chronique sur des films qui ne sont pas d'actualité : donner envie de les revoir.