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19 août 2007 7 19 /08 /août /2007 12:07
lesfilsdelhomme.jpgJ'avais entendu et lu beaucoup de bonne choses concernant Les Fils de l'Homme.  Ayant mis la main sur le film, je confirme : ce film est un très bon film d'anticipation, comme on en voit que trop rarement.

Grande-Bretagne, 2027.
Depuis des décénnies, l'Humanité est devenue stérile pour on ne sait quelle raison. Le monde sombre doucement mais sûrement dans le chaos, l'Angleterre est devenu un état totalitaire où le gouvernement n'hésite pas à distribuer des pillules "suicide sans douleur", et pose des bombes pour maintenir la population dans la frayeur et pour accuser les groupements d'opposition considérés comme terroristes. La rumeur court qu'il existerait un groupe d'illuminés appelé Renouveau Terrestre qui cherchent à re-créer une humanité meilleure. Rajoutez à tout ceci que le plus jeune être humain (18 ans) vient d'être assassiné...
Théo est un simple gratte papier, qui fut autrefois marié et père. Sa femme Julian l'a quitté lorsque leur  fils est décédé. Depuis Théo n'aspire qu'à vivre une vie tranquille. Au début du film, Julian réapparait et lui demande un service : accompagner une jeune fille, Kee. Théo commence par refuser mais un argument remet tout en cause : incroyablement, Kee est enceinte...


On le voit, le point de départ des Fils de l'Homme est original. Conscient de la qualité de son scénario, Alfonso Cuaron à qui l'on ne doit qu'Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban (le moins pire des Harry Potter au ciné, ok), élève son art pour shooter un film poignant, sans concession et au final totalement réussi.

Jamais Cuaron ne se la joue grande SF, vaisseaux spatiaux et lasers. Non. L'auteur préfère à cela ramener l'histoire dans un contexte très proche du notre, comme s'il avait simplement accentué les principaux maux de notre actualité : attentat, terrorisme, pollution, autoritarisme, épidémie, individualisme, violence urbain, émeutes, etc. Du coup, on n'est jamais perdu dans son Angleterre des années 2027 car cet univers, c'est presque le notre, en pire. La scène de course-poursuite se fait à bord d'une voiture qui refuse obstinément de démarrer. Les trajets en auto sont dangereux à cause des bandes de pillards.
On ne rigole donc pas beaucoup dans Les Fils de l'Homme, car Cuaron ajoute une dose de réalisme en tournant son film comme un documentaire, presque caméra à l'épaule. Les quelques scènes d'action gagnent alors une crédibilité apoustouflante (voir la scène d'action finale, balancant entre l'émotion et l'action, me faisant sursauter). Emotion aussi avec une scène d'accouchement à la fois éprouvante et merveilleuse, surtout lorsque penché au-dessus de l'épaule de Théo on guette le premier cri du petit...

L'autre point fort du film : les acteurs. Clive Owen prête sa tronche des sales lendemains de cuite au personnage de Théo, et ca lui va parfaitement. On le sent perdu, dépassé, paumé. Julianne Moore disparait trop vite de l'histoire mais y apporte son talent habituel. Michael Caine en père hippie post sixties est surprenant. Un casting irréprochable.

Au rayon des dommages et des "ils auraient pu mieux faire", on peut relever deux éléments. Tout d'abord le film s'étale sur un rythme un peu lent, alors qu'il aurait mérité un dynamisme qui l'aurait porté sur un souffle épique. L'autre regret : le manque de clarté concernant la destination de Kee et le rôle réel de Renouveau Planètaire, jamais vraiment expliqués.

Les Fils de l'Homme est donc un excellent film d'anticipation, au scénario, au casting et à l'ambiance quasi-parfaits. Fortement conseillé.

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