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21 juin 2007 4 21 /06 /juin /2007 09:49

spin.jpgpar Robert Charles Wilson

Comment décrire le plaisir que j'ai eu à lire Spin sans trop vous en dévoiler ? 

La Terre, dans un futur très proche.
Jason, Diane et Tyler sont trois enfants, unis par l'amitié. Jason et Diane sont frères et soeurs, Jason étant particulièrement choyé par son père, qui voit en lui, avec raison, un petit génie. Tyler habite dans le même quartier et est secrètement amoureux de Diane.
Une nuit, alors qu'ils contemplent le ciel, un évènement qui va boulverser l'humanité entière survient : les étoiles disparaissent, laissant le ciel d'un noir d'encre ! Pire : on découvre rapidement qu'un soleil artificiel a remplacé le nôtre. Pour quelles raisons ? Qui (ou quoi) a bien pu faire cela ? L'humanité l'ignore mais il va falloir maintenant vivre dans ces conditions.
Chacun des enfants va suivre sa voie : Jason devient un scientifique dans l'aéronautique (pour comprendre le mystère) ; Diane se tourne vers la spiritualité, alors que Tyler choisit de devenir médecin. Et le roman de nous montrer le parcours de ces 3 personnages, tout en développant les conséquences de cette incroyable nuit...

Robert C. Wilson construit ici un véritable chef d'oeuvre de la science-fiction. La première des qualités de ce roman est de ne jamais se reposer sur son pitch de départ pour l'étirer en longueur. Non, l'auteur développe ses idées et rebondit rapidement de découvertes en révélations. Si bien que je ne me suis jamais ennuyé, et j'ai apprécié que Robert C. Wilson aille jusqu'au bout, sans faire aucune concession. Attendez-vous donc à être surpris par ce mystère, à y réfléchir, et surtout à goûter au plaisir de la révélation progressive des tenants et aboutissants.

L'autre grosse qualité de ce roman est d'équilibrer à la perfection ses éléments. Oui, il y a une histoire d'amour, mais l'auteur n'en fait jamais trop, et l'utilise toujours à bon escient. Oui, il y a de la science-fiction technique, mais sans jamais perdre le lecteur dans des détails scientifiques incompréhensible. Tous les élèments s'entrecroisent pour développer un contexte extrêmement riche (pour vous dire, je pense à l'adapter en jeu de rôle), en s'appuyant sur des personnages attachants et profonds.

Spin est construit autour d'un personnage, Tyler, qui raconte les évènements qui ont conduit à la situation présente (soit 30-40 ans après la disparition des étoiles). Les chapitres passé et présent s'entrecroisent aussi, et, c'est une grande force, se font échos : ce que l'on apprend dans les uns mets en valeur ce que l'on découvre dans les autres. Tout simplement admirable.

Spin m'a vraiment transporté : j'ai lu les 150 dernières pages d'un traite, malgré ma promesse d'essayer de le lire petits bouts par petits bouts pour faire durer le plaisir. Mais l'envie de savoir à quoi rimait donc cette disparition des étoiles était trop forte. Et croyez-moi, l'écrivain se fait un plaisir de l'expliquer, pour rebondir encore sur une autre idée géniale.

Au final, le roman s'achève sur deux petites frustrations : celle de devoir abandonner ces personnages si attachants, et surtout le sentiment que l'auteur aurait pu encore poursuivre son histoire et qu'on aurait voulut que Spin soit le prélude à une saga encore plus vaste. Je vous rassure, tout est expliqué, la fin n'est pas bâclée, il n'y a pas nécessairement une suite à attendre, mais j'aurais voulu qu'il y en ait une.

Aussitôt lu, Spin devient pour moi un classique de la science-fiction, accessible à tous même au néophyte du genre. D'ailleurs il a reçu le prix Hugo 2006, et ca n'est pas un hasard. C'est de loin ce que j'ai lu de mieux depuis quelques années. Si vous ne savez pas quoi vous offrir comme lecture estivale, ne cherchez plus vous avez trouvé !

Denoël, coll. Lunes d'encre
550 pages
ISBN : 978-2207258040

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